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Quotas du Haj: Encore des protestations

Par L'Economiste | Edition N°:2083 Le 10/08/2005 | Partager

. Des agences de voyages contestent les modalités de notation . Les accusations sont fortes . Pas facile d’accéder aux documents de baseQue se passe-t-il chez les agences de voyages? Mécontentes, nombre d’entre elles se sont plaintes auprès du ministère. Motif: les modalités d’octroi des quotas du Haj ne se font pas dans la transparence. Selon le président de la Fédération des agences de voyages, Mohamed-Fouzi Zemranis, tout se passe bien. Pas du tout, crient des membres… parfois haut placés dans la Fédération. Et depuis la publication de notre petite information dans notre édition d’hier, les appels se multiplient pour nous dire de «continuer notre enquête», de «ne pas nous laisser impressionner», car «les choses sont très graves».Un marché trop juteux?En fait, chaque année, ceux qui n’ont pas eu de dotations, ou moins qu’ils n’attendaient, protestent (voir L’Economiste du 8 octobre 2004). Logique: l’enjeu financier semble capital pour certaines parmi ces agences, surtout que le nombre de quotas, est en baisse et les marges aussi. La marge moyenne annoncée est de 5.000 DH; mais une source nous a précisé qu’en réalité, elle pouvait être de 10.000 DH par pèlerin, pour un voyage dont le prix varie entre 35.000 et 45.000 DH (les communes descendent le prix jusqu’à 26.000 DH). Si ces données sont exactes, alors on comprend que des agences ne se créent que pour traiter le pèlerinage et que la bataille pour les quotas soit hargneuse. Le système fonctionne comme suit: l’Arabie saoudite donne un quota, qui est partagé entre des agences, assurant le voyage et les services sur place, et le ministère des Habous, qui le cède aux collectivités locales. Les agences doivent soumissionner à un appel d’offres. Elles sont notées et cette note donne le nombre de pèlerins dont chacune aura à s’occuper. Et c’est là que se produisent les protestations. L’année dernière lors des assises nationales du tourisme à Marrakech, le ministre Douiri avait fait part de son agacement devant la déperdition d’énergie que représente la gestion des dotations, alors que selon lui, il serait plus simple de laisser le marché faire son œuvre de triage entre les agences, quitte à prendre une assurance risques pour que ceux-ci ne soient pas supportés par les pèlerins.L’année dernière, 220 agences avaient soumissionné pour 11.200 places; 175 avaient obtenu une «dotation» de pèlerins. Cette année, elles sont, selon le ministère, 272 pour 10.400 places, et 184 d’entre elles ont été sélectionnées. Agences de voyages: «Transgression des procédures»En principe, le nom des gagnantes est rendu public par voie de presse. Néanmoins, nous n’avons pas pu trouver les publications ayant assuré cette diffusion. Cette liste n’est pas davantage sur le site Web du ministère qui est toujours «en chantier». L’année dernière, le ministère avait annoncé, avec la Fédération nationale des agences de voyages, la refonte du système de sélection desdites agences (voir L’Economiste du 12 octobre 2004, www.leconomiste.com). Nous n’en sau-rons pas plus pour l’instant, même si nous avons insisté pour connaître le détail de la procédure, ainsi que toutes les circulaires et textes de loi régissant les quotas du pèlerinage et les prérogatives exactes de la commission d’attribution. Commission dans laquelle sont représentés, notamment, le ministère du Tourisme, la Fédération des agences de voyages, l’Office des changes, le ministère de l’Intérieur. Selon Driss Sajid, un des responsables au ministère qui a siégé à la dernière commission d’attribution, il faudrait deux jours pour avoir le détail de ces informations.Certaines agences ont décidé d’ester en Justice, selon une source digne de foi souhaitant garder l’anonymat. Pour l’instant, ce n’est pas chose faite.Du côté des agences de voyages plaignantes, les protestations sont plus sévères: «Je crois que notre seule issue reste la procédure judiciaire, il y a eu beaucoup d’injustice et d’abus dans les modalités d’octroi», tonne cet agent. «Tout ce qu’on demande, c’est de nous expliquer, avec la plus grande transparence possible, pourquoi nous n’avons pas eu les quotas», dit cet agent, dont la voix serrée par l’émotion devient inaudible. «Pourquoi l’ensemble des notations est confidentiel», dit cet autre. «Il y a du clientélisme, certaines agences ne répondent pas au critère des cahiers des charges et ont pourtant eu des quotas», proteste cet autre. On le voit bien, l’on se bat sec pour avoir ce fameux quota. Le problème, c’est qu’il est difficile de connaître parmi les contestations de ces agences leur valeur, tout comme la valeur de la procédure d’attribution qui nécessite deux jours en avoir les éléments détaillés «pour enrichir l’enquête» (sic!).


Sélection et transparence

La commission d’attribution s’est réunie le jeudi 28 juillet pour procéder à la distribution des 10.400 places aux 184 agences de voyages sélectionnées. Selon un communiqué du ministère du Tourisme daté du 9 août, celui-ci a procédé à «l’amélioration du système de sélection des agences de voyages participant à l’opération 2006, en concertation avec la Fédération des agences de voyages». Cette méthode, dit le communiqué, est basée sur le respect de la répartition régionale des demandes exprimées et une notation tenant compte de «la taille de l’agence, l’assise financière et la régularité de la situation envers les compagnies aériennes pour l’ensemble des agences de voyages». Autre critère, «le respect des cahiers des charges dans le passé et la qualité de la prestation offerte pour les agences ayant déjà organisé le pèlerinage, le niveau d’activité de l’agence et l’expérience du personnel encadrant en matière de pèlerinage pour celles ne l’ayant jamais organisé». Pour obtenir plus de précision sur ces critères, le Ministère a expliqué qu’il «faudrait deux jours pour rassembler les données». Les points obtenus par les agences retenues sont rendus publics, par contre ceux des agences non retenues sont gardés secrets. Ce qui est contesté par les perdantes.


Ministère: «Pas d’anomalies»

A l’heure où nous mettions sous presse, le standard de L’Economiste n’a cessé de recevoir des appels de plusieurs agences de Casablanca, de Taza et d’Oujda notamment, exprimant leur mécontentement. Celles-ci souhaitent garder l’anonymat. Une centaine d’agences seraient contestataires, selon l’une des agences, une soixantaine selon une autre. Mais pour le ministère, seule une dizaine de plaintes ont été reçues officiellement. «Elles sont de deux types. Certaines agences souhaitent savoir pourquoi elles n’ont pas eu le quota, et là, on lui explique dans le détail sa notation. D’autres dénoncent l’attribution à des agences qui ne respectent pas les critères de sélection, comme le fait de n’avoir aucun incident antécédent à l’attribution», explique Sajid. Toutefois, dit-il, si ces agences ont des plaintes à formuler, «nous restons à leur disposition et qu’elles viennent nous voir pour nous soumettre leurs doléances». Aussi, «en toute transparence, nous menons nos enquêtes à notre niveau et vérifions si les allégations sont fondées», dit-il. Pour le moment, assure le responsable, les vérifications n’ont abouti à aucune anomalie».Mouna KADIRI

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