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    Culture

    Pollution de l’air
    Ces allergies qui sont devenues fatales

    Par L'Economiste | Edition N°:1911 Le 07/12/2004 | Partager

    . La dégradation de la qualité de l’air entraîne des complications respiratoires. Casablanca superpolluée principalement du côté des Roches Noires. Sensibilisation à l’extrême surtout pour les autorités localesL’air devient de plus en plus irrespirable dans les grandes agglomérations du Royaume et principalement à Casablanca. Et bien qu’un arsenal juridique ait été mis en place pour réguler la pollution atmosphérique, ce qu’il faut éduquer c’est surtout la conscience collective. Fatalement, les conséquences de ces négligences se répercutent sur la santé des citoyens et, dans plusieurs cas, causent et aggravent les maladies respiratoires et les allergies, surtout chez les enfants. D’ailleurs, pour indication, ce ne sont pas moins de six asthmatiques qui naissent par seconde à travers le monde. Selon une étude du département de la Santé, dont les résultats ont été rendus publics lors du 12e congrès national de la Société marocaine d’allergologie et d’immunologie (SMAIC), sous le thème “pollution de l’air et allergie” le 3 décembre, la situation est alarmante à Casablanca. Dans la capitale économique, l’enquête a concerné des écoliers, âgés entre 10 et 12 ans durant l’année scolaire 2001-2002. Ces échantillons ont été choisis dans 3 zones géographiques distinctes à raison de 100 enfants par école: Maârif, Roches Noires et Dar Bouazza. Les résultats sont plus que significatifs. On constate une hausse des maladies respiratoires en zone polluée (Roches Noires) par rapport à autre peu polluée (Dar Bouazza). La prévalence de l’asthme aux Roches Noires s’élève à 4,3% dépassant Dar Bouazza qui n’enregistre que 1,9%. La différence est plus accentuée pour la rhinite qui enregistre 16% dans la zone polluée contre 0,8% dans la zone peu polluée. Même constat pour la conjonctivite (7% aux Roches Noires contre 0,1% à Dar Bouazza). Le Maârif est jugé comme zone intermédiaire.Au Maroc, “30% des consultants ambulatoires ont des symptômes respiratoires. Dans 85% des cas, les patients ont des infections respiratoires aiguës dont l’asthme est la principale déclinaison. Les 15% restant ont une maladie respiratoire chronique ou une suspicion de tuberculose”, a souligné Mohamed Cheikh Biadillah, ministre de la Santé, dans une intervention lue en son nom par Jaouad Mahjour, directeur de l’Epidémiologie. L’asthme occupe la première place parmi les pathologies respiratoires chroniques, a-t-il précisé. Les participants ont également tiré la sonnette d’alarme. La communauté scientifique est unanime: “La pollution au Maroc dépasse de loin les normes internationales”. “C’est un poison mortel pour la société”, a noté Dr Ambari Abdelouahed, président du conseil régional de l’ordre des médecins de Casablanca et Centre. “La pollution de l’air pourrait accroître la prévalence des allergies respiratoires. Elle est également responsable de l’exacerbation de l’asthme et de la rhinite, de l’augmentation des hospitalisations pour l’asthme, de la hausse des décès et par conséquent des coûts économique et médical”, a estimé Pr Mohamed Bartal, président de la SMAIC. Prenant en considération les dégâts de ce fléau, Bartal a plaidé pour la mise en place d’une “réglementation réaliste avec des mesures d’application effectives, visant, notamment, la réduction globale de sources d’émission et la mise en place d’un réseau fiable de surveillance de la qualité de l’air”. Il a également mis l’accent sur la nécessité d’éduquer et de sensibiliser les sujets à risques (femmes enceintes, asthmatiques, cardiaques, fumeurs, etc.) sur la question. Et ce, sans oublier les autorités locales et la société civile.


    Est-ce réellement suffisant?

    SUR la base des résultats de l’enquête, le ministère de l’Aménagement du territoire, de l’Eau et de l’Environnement a décidé d’étoffer le réseau national de surveillance de la qualité de l’air. Le ministre Mohamed El Yazghi, a inauguré, le 3 décembre, une nouvelle station fixe de surveillance de la qualité de l’air dans la wilaya du Grand Casablanca. Il a également signé un accord avec son homologue monégasque pour reconduire la coopération concernant l’appui technique et financier de la Principauté de Monaco pour la mise en place du réseau national. Rappelons que depuis février 2004, 5 stations sont opérationnelles (une à Rabat, une à Mohammédia et 3 à Casablanca). Elles seront renforcées, au cours de l’année prochaine, par trois autres installations (2 à Mohammédia et Casablanca et une supplémentaire à Jorf Lasfar). “Nous élargirons cette initiative à l’ensemble des villes qui connaissent une pression sur la qualité de l’air”, a souligné El Yazghi. A noter, qu’au terme du projet, Casablanca doit compter une vingtaine de stations. “Cela nous permettra de connaître en 12 heures l’état réel de l’air dans la ville et de réagir à travers la sensibilisation et l’application ferme de la loi”, a ajouté Abdelkader Kaioua, inspecteur régional de l’Aménagement du territoire, de l’Eau et de l’Environnement du Grand Casablanca. Pour le moment, ce n’est pas encore le cas. Le processus n’en est qu’au stade de l’installation. Les quelques informations collectées aux niveaux des stations existantes sont transmises aux walis et gouverneurs. Mais quel usage en font-ils?Sur le terrain, rien n’est apparent. En attendant, le citoyen paye de sa santé. Nadia DREF

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