×Membres de L'Economiste Qui sommes-nousL'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Parlement: Les ALE adoptés à la majorité

Par L'Economiste | Edition N°:1939 Le 17/01/2005 | Partager

. Plébiscite pour la Turquie, réserves sur les Etats-Unis. Courants divergents au sein du PJDAprès l’UE, les USA. Les représentants de la nation ont donc voté, normalement en leur âme et conscience, sur un deuxième accord capital pour le Maroc économique et politique. Bien que beaucoup d’économistes se disent sceptiques sur la capacité d’offre marocaine dans le cadre de cet arrangement.Cinq mois après la ratification complète de l’accord aux Etats-Unis (le décret a été signé par Georges W. Bush le 17 août 2004), la Chambre des Représentants a voté à la majorité l’accord de libre-échange liant le Maroc aux USA, jeudi dernier. 79 députés se sont prononcés sur l’ALE: 55 pour, 23 abstentions (tous de l’opposition du PJD) et une voix contre, celle de la Gauche socialiste unifiée (GSU). A la Chambre des Représentants américaine, 323 députés étaient en faveur de l’accord et 99 contre. Le Parti du développement et de la justice, qui aujourd’hui joue le rôle principal de l’opposition, se disait au départ contre cet accord. Mais le parti s’est finalement abstenu. Avant le vote en plénière, le député pjdiste Lahcen Daoudi avait confié à notre confrère Le Monde (édition du 8 janvier 2005): «Nous hésitons entre l’abstention et le vote négatif. D’une façon ou d’une autre, nous allons émettre des réserves. Pour l’histoire». Et après adoption de l’accord, Daoudi dans une déclaration un peu plus nuancée à L’Economiste: «Dire non à cet accord n’a pas de sens», car il y a dedans des avantages et aussi des inconvénients. Il livre d’autres motivations, qui relèveraient, cette fois, d’affaires maroco-marocaines. «Le Maroc n’est pas préparé et les inconvénients sont maroco-marocains», explique Daoudi.La lenteur de l’action, dit-il, lui fait craindre le pire. «Si nous ne bougeons pas, notre agriculture va être tuée».Mais les interventions des députés, en commission des Affaires étrangères (vendredi 7 janvier), montrent qu’au sein même du PJD, les avis étaient contradictoires. Daoudi était contre l’adoption de l’ALE alors que Benkirane, dans son intervention, semblait être pour. Celui-ci a même soutenu l’intervention du président du groupe socialiste Driss Lachgar (USFP). La Gauche socialiste unifiée (GSU) a voté contre, car, dit son Secrétaire général Mohamed Moujahid, «il y a plusieurs clauses dans cet accord qui ne sont pas en faveur du Maroc. En particulier pour l’agriculture, surtout le secteur des viandes et des céréales, les médicaments, et la production culturelle». Le parti se dit ouvert à la société civile qui a émis des réserves et à plusieurs reprises manifesté contre ces dispositions. Le groupe socialiste s’est prononcé en faveur de l’accord car, comme le dit son président, «le Maroc se trouve dans une dynamique diplomatique importante. Il cherche des ouvertures en Asie comme en Amérique Latine et veut diversifier ses relations commerciales».A la différence de l’ALE avec les USA, celui avec la Turquie a fait l’unanimité dans l’hémicycle. Tout le monde a voté pour l’accord de libre-échange qui lie les deux pays. Pourtant, les craintes ne sont pas à sous-estimer. Sa force exportatrice, sa future entrée à l’UE (et l’Union douanière déjà en vigueur), sa lire flexible, et aussi (voire surtout) ses mesures d’accompagnement à l’export au point d’être accusé de dumping, en plus de sa position géostratégique le rendent plus compétitif. Les deux pays établiront, dès l’entrée en vigueur de l’accord, le libre-échange sur pratiquement tout le commerce, avec une période de transition d’un maximum de 10 ans.Pour le textile, les pays fournisseurs de l’UE, dont le Maroc et la Turquie, subissent le démantèlement de l’accord multifibres (AMF). La bataille se fera, littéralement, avantage par avantage. La Turquie a une longueur d’avance. Au PJD, aussi, l’on est complètement en faveur de l’accord avec la Turquie. Selon Daoudi, «l’accord Maroc-Turquie n’est pas un accord global. La Turquie a des quotas sur le marché américain. Nous attendons donc qu’elle vienne beaucoup investir chez nous. Et pour le secteur du textile, il est, de toutes façons, menacé». Mais tout le monde a en tête le doux rêve du PJD: ressembler un jour au parti d’Erdogan.


Et l’OMC dans tout cela?

Le Maroc, mais surtout les Etats-Unis, multiplient à outrance les accords bilatéraux. L’Organisation mondiale du commerce (OMC) milite pour un échange commercial multilatéral, qui ne veut pas dire qu’elle soit contre les accords régionaux puisqu’ils doivent faciliter le multilatéralisme. Seulement la force des accords bilatéraux est du côté du pays qui a le mieux négocié, et qui est le plus fort. Le risque est important quand c’est un tout petit pays qui se lie à une puissance mondiale.L’échec de l’agenda de Doha et les dernières résistances (cf. www.leconomiste.com) rendent encore plus difficiles les ambitions de l’OMC. D’autant plus que les Etats-Unis ne sont pas les maîtres à bord. En fait, d’une vision multilatérale, les Américains sont progressivement passés à une vision unilatérale. «Ils acceptent de travailler dans le cadre qui associe l’ensemble des acteurs, c’est-à-dire l’ONU, l’OMC. Mais ils sont dérangés de ne pas imposer leur point de vue», explique un économiste. Par exemple, à propos de l’environnement, «les Etats-Unis sont contre le protocole de Kyoto et encouragent l’environnement dans les cadres bilatéraux. D’autant plus que les Américains s’estimaient lésés par rapport à la politique de libre-échange de l’Union européenne. Ils ont choisi de ne pas aller dans le multilatéral et privilégient le bilatéral», poursuit l’analyste. C’est cela aussi la force de ce genre d’accords qui s’impose au droit interne. Mouna KADIRI

Chère lectrice, cher lecteur,

L'article auquel vous tentez d'accéder est réservé à la communauté des grands lecteurs de L'Economiste. Nous vous invitons à vous connecter à l'aide de vos identifiants pour le consulter.
Si vous n'avez pas encore de compte, vous pouvez souscrire à L'Abonnement afin d'accéder à l'intégralité de notre contenu et de profiter de nombreux autres avantages.

Mot de passe oublié?
CAPTCHA
This question is for testing whether or not you are a human visitor and to prevent automated spam submissions.
ABONNEZ-VOUS
  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc