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Economie

Œufs: Les grossistes survivent avec un centime de marge

Par L'Economiste | Edition N°:1881 Le 22/10/2004 | Partager

. Pour gagner 100 DH, il faut vendre entre 10.000 et 15.000 unités . Au souk Bayyadas, des grossistes baissent le rideau . D’autres craignent que les producteurs ne privilégient les grandes surfaces La paille jonche tout le sol de la rue du souk Bayyadas à Casablanca. A 10 heures du matin, c’est tout ce qui reste ou presque du remue-ménage qui a eu lieu 4 heures plus tôt. Les camions sont arrivés par dizaines des fermes de Had Soualem, Bir Jdid et d’autres régions de Casablanca. Dès la mi-matinée, des commerçants ont déjà tout vendu et se promènent dans le souk scrutant les derniers arrivages de la journée. L’ambiance est pourtant morose. Scotchés à leur téléphone portable, les grossistes n’apprécient guère les prix de leurs fournisseurs. “Nous achetons l’unité à partir de 79 centimes, prix de sortie de la ferme. Ici au souk, nous sommes obligés de vendre à 80 centimes, voire 79,5. C’est très serré”, explique un grossiste. Pour gagner 100 DH, il faut vendre entre 10.000 et 15.000 œufs de gros calibre, le plus prisé durant le mois sacré. Une palette de 30 gros œufs pèse à peu près 2 kilos. C’est le moyen le plus commode pour les commerçants de s’assurer que la commande est bien la bonne. Mais souk Bayyadas n’est plus cette bourse de l’œuf qu’il était. Une quinzaine de magasins ont fermé. D’autres ont été remplacés par des drogueries et sociétés de sanitaires. Les vendeurs d’œufs les envient. “C’est là où se trouvait le vrai commerce des œufs”, lâche un vendeur avec dépit. La morosité plane sur le souk depuis 1990. “A partir de cette année, nous avons payé plus d’impôts qu’avant. Des commerçants qui payaient 3.000 DH d’IGR sont aujourd’hui obligés d’en débourser 10 fois plus”, se plaint-on. Par ailleurs, le commerce de l’œuf est très conjoncturel. Certes, il atteint son pic pendant le Ramadan et un mois avant, mais les marges deviennent aussi minimes. Les aviculteurs répercutent leurs charges sur le mois de Ramadan où la demande est plus importante. “La moyenne des prix de l’œuf sur l’année est de 56 centimes alors que le coût de production d’un aviculteur se situe entre 60 et 65 centimes”, estime Chaouki Jirari, directeur de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA). La crise qui touche le souk de Casablanca trouve son origine au niveau des contraintes de production. Le cycle de productivité d’une poule pondeuse ne dépasse pas les 18 mois dont 6 mois d’élevage.Par ailleurs, les charges d’élevage et de traitement des pondeuses sont de plus en plus hautes. La Fisa attend la révision du système de tarification qui place les droits de douane sur le maïs à hauteur de 30% et sur les tourteaux à 25%. Depuis 1999, les 500 éleveurs que compte le pays souffrent de la chute des prix, est-il souligné par la Fisa. Les méthodes d’élevage et de commercialisation qu’ils utilisent sont devenues obsolètes. Elles ne répondent plus à l’impératif de modernisation des processus en préparation à l’entrée des œufs venant d’ailleurs. Car le secteur n’est pas encore confronté à la concurrence extérieure. Le marché est totalement satisfait par la production locale qui atteint durant le mois sacré 210 millions d’œufs. La production annuelle s’élève à 3,2 milliards d’unités, la consommation intérieure étant environ de 110 œufs par habitant et par an. Toutefois, l’œuf congelé ou en poudre (en sachet), ne tardera pas à inonder le marché local avec l’ouverture des frontières.


Entre l’informel et les éleveurs

Les commerçants d’œufs de Casablanca sont confrontés aussi à l’informel. Des voitures remplies d’œufs viennent chaque matin pour leur grignoter des marges de plus en plus importantes. Pour y faire face, ils ont soumis à la commune d’El Fida une demande d’autorisation pour créer une association. La demande est restée depuis plus d’une année insatisfaite. Mais il y a pire que la petite menace des voitures, souvent des R12 pick-up. Les bayyadas craignent d’être court-circuités par les éleveurs. Plusieurs de ces derniers sont en train de se constituer en coopérative. Ils veulent construire un centre de conditionnement d’œufs pour mettre sur le marché un produit bien emballé et calibré, notamment destiné aux grandes surfaces. Les bayyadas doivent ainsi moderniser leurs outils de travail s’ils veulent prendre part à ce changement qui vient de l’amont de la filière.


Blanc mou et taches noires

Les œufs de gros calibre, les plus consommés durant le Ramadan, présentent souvent des problèmes de qualité. C’est le cas de l’albumen (blanc d’œuf) qui perd sa consistance. Après cuisson, le blanc s’effrite au toucher et l’œuf devient difficile à éplucher. Selon un spécialiste de l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II (IAV), “l’albumen devient fluide quand l’œuf est stocké dans des températures dépassant les 13 °C”. Quant aux taches noires qu’on trouve parfois sur le blanc d’œuf, “c’est du sang coagulé provenant du tissu de l’oviducte. Il n’a pas de méfaits sur la santé”.Mostafa BENTAK

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