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Culture

Mon devoir? Réaliser mon rêve!
Par Jamal BELAHRACH, DG de Manpower

Par L'Economiste | Edition N°:1879 Le 20/10/2004 | Partager

Avez-vous vu cette victoire magnifique de Hicham El Guerrouj aux Jeux Olympiques? Le Maroc était fier et s’est levé d’un bloc pour exprimer un respect profond à cet athlète et son travail pour atteindre cette apogée. Pourquoi n’y a-t-il pas d’autres Hicham et comment pourrions-nous faire pour développer l’émergence d’autres talents -dans tous les domaines- et faire sortir notre pays de son état d’endormissement  pour qu’il puisse décoller? La réponse est tellement complexe qu’elle me ramena à une triste réalité: dans notre pays, l’esprit individuel l’emporte sur le collectif. Alors, que nous manque-t-il? Un projet de société? Non!En effet, si l’on reprend l’ensemble des interventions de SM le Roi, on y trouve les différents axes (éducation, pauvreté, justice, civisme, sanitaire, investissement, équité sociale…) de ce projet pour le Maroc du XXIe siècle. Alors que se passe-t-il? Cela fait plus de sept ans que je m’interroge (NDLR: l’auteur est un “beur” qui est revenu s’investir au pays, il y a sept ans). Est-ce le manque de relais et l’incompétence souvent identifiée, jamais sanctionnée?Nous savons qu’une partie de la population a hypothéqué le développement économique et social et a largement profité du système, en particulier lors de la marocanisation. Est-ce la peur de cette frange de la société à perdre son pouvoir, ses privilèges et son influence?. L’apartheid intérieurFaisons un parallèle (un peu osé): nous vivons une forme d’apartheid dans notre pays, car économiquement, une caste domine l’autre et la maintient dans son état pour mieux asseoir son pouvoir. Si au moins, nous avions aujourd’hui de vrais capitaines d’industrie, de réelles stratégies industrielles, des champions nationaux dans différents secteurs pour relever ces défis… Que nenni! Or, comment imaginer créer de la richesse durable pour développer une classe moyenne capable de tirer le développement de notre pays, sans une politique volontariste? Cette politique passe obligatoirement par un investissement fort et qui ne réside pas seulement dans l’attente d’investisseurs étrangers ou de privatisations mais par l’implication des nationaux. C’est à ce prix que nous créerons les emplois nécessaires. Il serait souhaitable que cette caste détenant l’essentiel du capital fasse son introspection et initie une vraie réflexion pour contribuer à bâtir ce projet économique du Maroc du XXIe siècle. Après s’être servie du système, il est temps qu’elle serve notre pays maintenant. Notre mise à niveau économique est d’abord une action culturelle: on est propriétaire du capital de son entreprise, mais pas de ses collaborateurs ni de ses clients… encore moins de son environnement.Mais alors quid de la classe politique? Les politiques devraient comprendre que leur mission est de proposer un vrai projet de société et redonner confiance aux citoyens pour crédibiliser leur action politique. A ce jour, nous sommes loin du compte, bien au ontraire. Nous naviguons entre les différents extrémismes.Il nous faut une génération de politiques avec un discours neuf et un comportement exemplaire. Tenir compte de l’expérience des anciens est une chose, que ces derniers s’accrochent à leur fauteuil en est une autre. Une conviction cependant. Nous avons besoin de partis politiques et de partenaires sociaux forts qui fassent émerger un projet politique, social et qui le proposent à leurs bases. C’est ainsi et seulement ainsi que nous pourrons développer le sens de l’engagement du citoyen.. Tant de compétences inutilisées!Que faire alors? Faire rêver les gens, les mobiliser par les actes et non par des projets d’intention, pour éviter qu’ils ne quittent leur pays par dépit en utilisant des voies organisées (Canada et autres) ou au péril de leur vie. Il nous faut créer un déclic. Libérer les énergies, identifier les talents là où ils se trouvent pour les impliquer dans le développement du pays, faciliter l’innovation, autant de défis, ici et maintenant. Que de compétences disponibles dans le privé comme dans le public! Mais que de frustrations également pour ces gens qui voient, qui regardent et qui se morfondent, impuissants devant l’incompétence de leurs dirigeants. Contrairement à certains qui préconisent de donner du temps au temps, j’estime que nous n’avons pas le temps de prendre notre temps. Le temps joue pour les opposants aux changements et nuit aux rêveurs. Il faut donner des alternatives aux candidats au départ. Développons une mobilisation pour le siècle futur! N’avions-nous pas réussi à mobiliser pour Maroc 2010? Alors pourquoi ne pas imaginer un projet “Maroc 21” pour ancrer notre pays définitivement dans le XXIe siècle. A travers cette idée, nous pourrions élaborer un projet mobilisant toutes les forces vives de ce pays, dans tous les domaines. Identifions 21 leaders d’opinions, pour 21 commissions qui élaboreront 21 axes stratégiques pour développer 21 idées qui donneront naissance à 21 réformes. Ainsi, nous créerons une réelle dynamique à travers tout le pays et chaque citoyen aura le sentiment de participer à la construction de son pays, pour lui et ses enfants.Nous devons former ensemble une chaîne d’union dont chaque maillon est un citoyen marocain désireux de donner du sens à sa vie, et bâtir ce projet Maroc 21 pour que notre fierté dépasse nos frontières et que le vivre ensemble au-delà de nos différences soit une réalité et une référence. Mon devoir est de réaliser mon rêve.


Mon rêve

J'ai fait un rêve.- Qu’un nouveau nationalisme était né, basé sur la fierté d’appartenir à une nation qui construit et qui gagne et non sur la nationalité- Que l’analphabétisme ne serait plus qu’une exception- Que l’égalité homme/femme serait une réalité du quotidien et non suspendue à des textes détournés à d’autres fins- Que les partis politiques auraient une réelle base de militants et un projet digne de ce nom et plus simplement que des personnages historiquement respectables et respectés- Que les partenaires sociaux s’impliqueraient dans l’entreprise pour défendre l’équité sociale et non avec d’autres objectifs freinant le développement du seul vecteur de croissance: l’entreprise- Que l’entreprise marocaine s’organiserait autour de ses équipes et développerait de nouvelles valeurs- Que le citoyen accepterait la réussite de l’autre en tant qu’opportunité pour faire aussi bien sinon mieux, au lieu de passer son temps à détruire par jalousie ce que d’autres construisent- Que la culture de l’effort serait le seul élément de mesure de la performance- Que le droit de participation des MRE à la vie démocratique du Maroc serait enfin une réalité - Que l’école et l’université seraient réellement un lieu d’épanouissement pour développer les savoir-être et pas un lieu d’uniformisation, voire d’embrigadement- Que se loger et se soigner ne seraient plus réservés uniquement aux nantis et que notre système sanitaire serait accessible à tous.

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