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Politique

Lutte contre la corruption
Les partis politiques boudent le combat

Par L'Economiste | Edition N°:1797 Le 24/06/2004 | Partager

. Le rapport de Transparency Maroc met l’accent sur le manque de volonté commune . Les programmes de lutte ne sont pas clairs et manquent d’adhésion Malgré les efforts consentis en matière de sensibilisation mais aussi de coercition au Maroc pour combattre la corruption, celle-ci reste un phénomène persistant. Dans la foulée des préparatifs de sa 9e Assemblée générale qui aura lieu le 3 juillet prochain, Transparency Maroc (TM) décrit une conjoncture marquée par un phénomène devenu “global et généralisé”. Tous les secteurs sociaux et économiques sont gangrenés. Les droits et devoirs du citoyen sont devenus monnayables, du simple document administratif aux grands dossiers d’investissements. Ceux qui sont liés à la dilapidation et aux détournements des deniers publics ont particulièrement défrayé la chronique ces derniers temps. Pour certains, ce dénouement augure d’une nouvelle ère où l’impunité n’est plus admise. Mais d’aucuns pensent que l’embrouille entoure toujours les dossiers difficiles. Les militants de la société civile actifs dans le domaine de lutte contre la corruption ne savent plus où donner de la tête. Les appels à la mobilisation générale ne sont plus vendeurs du fait même de leur caractère imprécis. Dans son rapport moral 2004, Transparency Maroc en convient. “Notre association est appelée dans ce contexte à intensifier ses efforts et faire évoluer son action pour contribuer à l’édification d’une société où règnent les valeurs de transparence et d’intégrité”, est-il cité. Cette amélioration requiert des instruments de travail nouveaux adaptés à l’évolution que la lutte contre la corruption doit connaître. La question des moyens est toutefois entière. Face à un phénomène aux dimensions tentaculaires, l’action associative doit être ciblée et optimisée. Transparency Maroc a bénéficié dernièrement d’un soutien financier pour le recrutement d’un directeur général délégué. Pourtant, est-il indiqué, les candidatures à ce poste faisaient part entre autres d’exigences matérielles qui dépassent l’enveloppe dévolue à un tel recrutement. Finalement, une formule optimale a été retenue. Il s’agit de faire appel à des consultations au délai bien défini sur des projets précis. Par ailleurs, une équipe de gestion quotidienne des affaires de l’association sera constituée. C’est un exemple probant des contraintes matérielles qui freinent l’action associative surtout dans des domaines qui requièrent une mobilisation constante. Pour exemple, le rapport financier de Transparency Maroc, du 1er juin 2003 au 31 mai 2004, fait état d’un budget total de 677.014,33 DH. Il est essentiellement marqué par la faiblesse des ressources propres de l’association, seulement 7.698 DH. Par ailleurs, bien que la gravité du phénomène est aujourd’hui reconnue par tous les acteurs de la société, cette reconnaissance est loin de se traduire en un plan d’action concret capable de répondre à l’ampleur du phénomène. La mise en œuvre des projets de lutte contre la corruption butte sur la nécessité d’une volonté politique et un engagement ferme des pouvoirs publics. Néanmoins, c’est loin d’être le cas. TM avait contacté récemment à cet effet l’ensemble des groupes parlementaires des deux chambres. L’objectif étant de constituer une sorte de cellule de réflexion commune sur le sujet de la corruption et la dilapidation des deniers publics. “A ce jour, seuls les groupes parlementaires de l’USFP et du PJD ont répondu à l’appel”, souligne l’association. Cela montre l’absence de partenaires effectifs. Certes, la législation représente un handicap. Elle nécessite des réformes et un renforcement. Toutefois, les spécialistes pensent que la seule activation des textes existants (information, contrôles, audits, sanctions pénales…) est susceptible de réaliser des progrès substantiels. Une étude de cas présenté en décembre 2003 a montré que sans l’action commune du gouvernement, la société civile et les syndicats, la lutte contre la corruption ne connaîtrait pas de jours meilleurs. Réforme du code de la douane, mise en œuvre de la charte d’investissement, institution de tribunaux de commerce, mise en place des cours régionales des comptes pour généraliser l’audit des comptes publics, sont autant d’actions que le gouvernement est appelé à prendre en considération. Quant au secteur privé, sa part dans l’œuvre est considérable. L’étude cite parmi tant d’autres points, la bonne application du décret de passation des marchés publics. Sur ce registre, la création du comité d’éthique en 1998, a servi de plate-forme pour la sensibilisation des entreprises aux méfaits des atteintes à l’éthique. A l’époque, la mission de veille éthique était en vogue. Mais elle semble depuis perdre de son importance. Un récent sondage a montré que la corruption est perçue comme un obstacle au développement des entreprises (94% des entreprises sondées). Elle est un des plus grands problèmes du Maroc (87% des ménages sondés). Quant aux motifs de persistance de la corruption, 51% des sondés pensent que c’est à cause du coût élevé de la vie. Tandis que 33% l’expliquent par un manque de sanctions. L’absence de conscience vient en dernier lieu avec 20% des réponses.


Le Maroc au milieu du classement

Le Maroc fait ainsi partie de 70% des 102 pays où la corruption fait encore des ravages. Néanmoins, il reste mieux placé que la Colombie, le Mexique et la Chine. Il est classé en 52e place alors que l’Egypte et le Sénégal occupant respectivement les 62 e et 66 e rangs. Le Maroc fait pourtant partie d’une grande catégorie des pays du monde où la corruption atteint toujours une ampleur inquiétante. C’est ce que révèle l’Indice de perception de la corruption, un rapport établi par Transparency International et où le Maroc se trouve cité pour la première fois.M. Bk

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