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Affaires

Libéralisation des télécoms:
Le Maroc en retard?

Par L'Economiste | Edition N°:1665 Le 18/12/2003 | Partager

. La mise à niveau du cadre réglementaire est jugée prioritaire . La Banque Mondiale invite à une plus grande prise de risqueLes télécoms au Maroc accusent un retard. Une constatation d’autant plus amère que le Royaume était, il y a juste quelques années, leader dans ce secteur aux plans régional et sous-régional. C’est, en tout cas, ce qui ressort du débat organisé par l’Association des professionnels des technologies de l’information (APEBI) en collaboration avec l’Association des entreprises utilisatrices des technologies de l’information au Maroc (AUSIM), le 16 décembre à Casablanca. Une rencontre qui a connu la participation de l’ensemble des opérateurs publics et privés du secteur. Le constat a néanmoins été tempéré par Abdesslam Ahizoune, président de Maroc telecom. Pour lui, le secteur est en pleine expansion. En témoignent les 2,1 millions d’internautes recensés et brandis au lieu et place du maigre chiffre présenté par la Banque Mondiale (600.000). Selon Ahizoune, les cyberespaces (plus de 2.500 inventoriés à travers le Royaume) constituent un important vecteur de vulgarisation de l’Internet. “Même si les 2,1 millions d’internautes ne disposent pas tous d’un ordinateur, ils sont au moins initiés à l’utilisation de l’outil informatique. Ce qui constitue indéniablement une bonne avancée pour le pays”, explique-t-il. Cette vision n’est cependant pas partagée par tous les intervenants. Ceux-ci estiment que l’outil informatique n’est pas encore démocratisé. Le nombre des entreprises marocaines utilisant le net est très en deçà de celui des autres pays. Pis encore, l’utilisation du Net reste très basique (courrier électronique et chat), alors que dans certains secteurs tels que le textile et le tourisme, le processus de prise de commande a été depuis plusieurs années entièrement automatisé. “C’est l’exemple le plus flagrant du manque de compétitivité des sociétés marocaines”, fait observer un intervenant. Pour y remédier, une seule solution: “la libéralisation des télécoms, avec tout ce que ce concept implique, est indispensable au développement du pays”, s’accordent à dire tous les intervenants. Une nécessité de mise niveau de l’économie nationale pour Hasan Chami, président de la CGEM. Cette libéralisation l’est également pour la compétitivité des entreprises marocaines, selon Ferid Belhaj, représentant de la Banque Mondiale au Maroc. Reste que cette démarche bute actuellement contre quelques obstacles qui risquent de détériorer un peu plus la position du Royaume dans le classement aussi bien mondial que régional. Loin derrière l’Egypte, le Chili, la Malaisie qui constituent pourtant des concurrents directs, le Maroc accuse une stagnation depuis 4 ans. Un manque de visibilité qui bloque l’évolution des investissements dans cette branche d’activité. Et les raisons foisonnent, selon les intervenants. A commencer d’abord par “le manque flagrant de prise de risque dans la libéralisation des télécoms”, indique Belhaj. Mais avant de parler de vision de “business développement”, “il faut d’abord revoir le statut des organes de régulations”, lance un participant. Outre des prérogatives leur permettant d’appliquer la loi, ces organes doivent être dotés d’une indépendance jugée par l’ensemble des opérateurs, indispensable à la stabilité du marché. Il convient de signaler à cet effet que le rôle de l’Etat dans un système politique libéral est un sujet de débat perpétuel. Mais lorsqu’il s’agit des télécoms, cette question n’en demeure pas moins brûlante. Elle doit donc être tranchée dans les plus brefs délais. En effet, selon Chami, le Maroc ne peut prétendre à la promotion de l’investissement sans accorder aux investisseurs éventuels les avantages qu’offre un système libéral. Dans cette optique, la révision de la loi 24/96 portant création de l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) s’impose comme une priorité. “Une refonte du texte législatif permettant notamment l’exploitation réglementée des infrastructures alternatives, mais aussi et surtout un renforcement de la neutralité et des prérogatives de l’ANRT”.In fine, le développement du secteur des télécoms “doit absolument s’opérer dans des délais brefs et selon des conditions favorisant l’investissement”, explique Khalid Belyazid, DG d’Eco Médias. Ce qui implique de la part des pouvoirs publics un désengagement gradué tout en dotant l’organe de régulation de puissantes prérogatives lui permettant de s’éloigner du rôle de simple organe consultatif (ce qui semble être le cas actuellement). Un seul constat: “Plus de libéralisation pour plus de concurrence. Cette dernière n’est-elle pas indispensable à l’ouverture du marché? Et les opérateurs privés sont également appelés à s’associer à cette démarche”, ajoute Belyazid. Baisser les prix des ordinateurs, des différentes formes de connexions, assurer le suivi et la formation, autant de mesures qui tendent à démocratiser l’outil informatique et surtout l’accès à Internet, véritable boulet que traîne encore le Maroc.


«Nous n’avons pas besoin d’une concurrence»

Lors de cette rencontre, une question a davantage retenu l’attention des participants: la double, voire triple casquette de certains membres du gouvernement. Outre leur rôle de représentants de l’exécutif, ces derniers siègent également au conseil d’administration de l’ANRT et au conseil de surveillance de Maroc Telecom. «Une situation qui violerait purement et simplement le jeu de la concurrence loyale du fait de la suspicion légitime dont pourraient se prévaloir les autres opérateurs». Abderrazzak El Mossadek, ministre délégué chargé des Affaires économiques et générales et de la mise à niveau, en répondant à cette question, a extirpé quelques sourires et surtout suscité l’étonnement de la salle. “La double casquette ne constitue pas une atteinte à l’impartialité de ces représentants. Ces derniers font à chaque fois prévaloir l’intérêt public qu’ils connaissent mieux que n’importe qui. De plus, nous n’avons pas besoin d’une concurrence pour faire évoluer le marché. Nous pouvons faire de l’autoconcurrence et exiger le meilleur de nous-mêmes pour satisfaire les clients”, soutient le ministre.Naoufal BELGHAZI

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