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Les Smig (ARDS) méritent-ils une messe?

Par L'Economiste | Edition N°:2083 Le 10/08/2005 | Partager

On entend ici et là que le Smig est trop cher et qu’il faudrait le revoir à la baisse dans le cadre d’une politique de péréquation, en partant de Casablanca comme étant le référentiel du Smig actuel. Cette “générosité’’ pour plus d’équité entre les salaires du bas montre, de façon flagrante, le décalage et l’absence de compréhension en 3 dimensions de leur vie par les promoteurs d’un Smig régional.Il serait opportun, à l’instar de cette célèbre émission TV “Vis ma vie’’ d’inviter deux fervents défenseurs du Smig régional; politiques et/ou représentants des employeurs, à vivre, le temps d’une paye, cette expédition dans ce monde qu’ils ne peuvent même pas imaginer.Je suis sûr que cela changerait leur regard et ferait d’eux les meilleurs ambassadeurs d’un renforcement de leur pouvoir d’achat.C’est vrai, quand les temps sont durs, certains patrons deviennent acteurs de la pièce de Gad El Maleh: «Je vais enlever la Ferrari à mon conjoint et lui donner à la place une … Mercedes». No comment.Arrêtons ce combat d’arrière-garde qui veut que ce soit l’ouvrier qui paye le lourd tribut de l’absence de compétitivité de nos entreprises.A force d’avoir le nez dans le guidon, l’entrepreneur ne se projette pas pour définir sa stratégie à même de pérenniser et développer son outil de production.Il oublie que le monde est devenu un village et vouloir pratiquer la politique de l’autruche ne trompe que son auteur. Nous sommes partie prenante dans le paysage euro- méditerranéen et avons des atouts à faire valoir. Notre force ce sont d’abord notre réactivité (facilitée par la proximité) et notre expertise. Le niveau des salaires n’est pas un facteur déterminant, même s’il reste important. Nos partenaires l’ont compris et le différentiel de l’ordre de 1 pour 6 entre le coût chargé de l’ouvrier français et son homologue marocain constitue indéniablement un réel avantage compétitif. A nous de nous positionner sur les marchés à plus forte valeur ajoutée où la qualité, la réactivité et l’innovation sont en phase avec les attentes du marché local, mais aussi et surtout avec notre marché naturel: l’Union Européenne.Le Monde occidental s’est déjà engagé dans la société de loisirs.En Europe, une personne vit en moyenne 700.000 heures dont 200.000 à dormir, 30.000 à apprendre et 67.000 à travailler, c’est-à-dire 10% de leur vie, alors que leurs grands-parents ont une espérance de vie de 500.000 heures (soit celle de nos concitoyens).Nous sommes encore en train de demander aux ouvriers de travailler plus au lieu de les accompagner à travailler mieux. L’entreprise a une responsabilité sociale que certains ne mesurent pas, où le seul filet social du salarié c’est la capacité de son entreprise à s’adapter et à rester compétitive pour lui assurer son seul revenu.Les revenus actuels du salarié se conjuguent au singulier. L’arrêt de l’entreprise, c’est souvent la mort annoncée du salarié. Cela n’est pas toujours le cas de l’employeur qui a eu le temps d’épargner et de se constituer un patrimoine notamment immobilier, grâce aux gains engrangés lors des périodes de vaches grasses (s’il en a eu!).La question implicite est posée: peut-on continuer à considérer le salarié comme l’enfant pauvre et que la richesse créée doit aller d’abord vers le détenteur du capital. En attendant que le filet social, que nous appelions de nos vœux, soit mis en place, rappelons que l’avenir de l’entreprise passe par la capacité des salariés à s’adapter au changement. Cela n’est possible que par le maintien de l’employabilité des salaires.Notre système des contrats spéciaux de formation, censé accélérer la mise à niveau des compétences de nos entrepreneurs, ne profite pour l’essentiel qu’à ceux qui auront pu s’en passer.Il est important d’instaurer rapidement le droit à la formation annuelle pour tout salarié, clé anti-chômage.Nos ouvriers ont montré leur engagement pour un apprentissage en répondant présents, chaque fois qu’on les invitait à s’alphabétiser. Ils ont compris que le savoir et le savoir-faire riment avec compétitivité et évolution du cadre du travail et avec un bonus, une hausse du salaire éventuellement.Alors, si régionalisation de Smig il y a, il faudrait, à partir de la carte du Maroc, sélectionner la région la plus sinistrée, la plus pauvre et la définir comme étant la ville pivot pour le Smig.Casablanca aura, sur cette base, le coefficient le plus fort et donc le Smig le plus élevé.Nous pouvons continuer à nous tromper de combat! Certes, c’est une boutade, il faut travailler ensemble pour augmenter le niveau de vie de l’ensemble de nos concitoyens où qu’ils soient et s’inscrire dans la dynamique de progrès telle qu’elle peut être portée notamment par l’INDH.Le plus important, c’est de valoriser nos salariés et de poser pour objectif l’amélioration de nos performances comme pilier pour accroître la richesse de nos entreprises et légitimer son partage pour plus d’équité entre les différentes parties prenantes.Par Zakaria FAHIM, membre du CJD

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