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Culture

Les gestionnaires de l’espace rural
Par Abdallah JAWAD, expert en Emballage/Logistique à l’EACCE

Par L'Economiste | Edition N°:1937 Le 13/01/2005 | Partager

Parmi les nombreuses réformes apportées dans le discours du Trône du 30 juillet 2004, “la stratégie efficace de développement rural” a été bien mise en exergue dans les grandes lignes du message royal. Cette stratégie de développement rural aura une influence sur les structures sociales, puisqu’elle touchera 45% de la population. Le secteur agricole marocain demeure encore compétitif en termes de facteurs économiques avec près de 20% de notre PIB.La pauvreté rurale n’est plus admissible. C’est à la campagne que vivent les plus pauvres parmi les pauvres, et ceux de la ville sont originaires des immigrés de la campagne, dont le nombre s’est accru depuis plus de deux décennies. La pauvreté périurbaine est plus mal vécue que la rurale à cause des frustrations qui l’accompagnent.Plus récemment, Abderrahim Harouchi, ministre du Développement social et de la Famille, vient confirmer que la pauvreté sévit dans 40 communes sur 256 et dans 600 communes rurales sur 1.200. Le budget alloué par l’Etat au social est de l’ordre de 49,3%, soit près de la moitié du budget global. Le taux de pauvreté, quant à lui, a précisé le ministre, est évalué à 13,7%.L’agriculture se maintient en tant que secteur aussi sensible que stratégique dans pratiquement tous les pays du monde. Et ce, de par la multiplicité de ses rôles qui vont au-delà de la simple fourniture de produits alimentaires. L’agriculture marocaine offre une image contrastée, mélange de modernité et de techniques traditionnelles, de zones irriguées et de zones arides. Les enquêtes sociales prouvent que l’agriculture traditionnelle, telle qu’elle est pratiquée actuellement, produit de la pauvreté.La majorité des stratégies de développement rural et de lutte contre la pauvreté ne parviennent pas à concrétiser leurs objectifs, car elles n’impliquent pas suffisamment les acteurs locaux qui sont l’essence même du développement durable qui repose, lui, sur trois piliers essentiels: l’économique, le social et l’environnemental. L’attrait de ce concept est dû à l’alliance exceptionnelle de la nature, de la culture jointe à une agriculture écologiquement viable, constituant ainsi un terreau fertile pour l’épanouissement social des populations locales afin d’endiguer l’exode rural. Ne dit-on pas d’ailleurs que les agriculteurs sont les gestionnaires de l’espace rural. L’agriculture est un domaine fondamental dans l’équilibre socioéconomique marocain.. Saisir les messages et les décrypterLes politiques adoptées par les départements concernés en matière de développement rural accordent une attention à l’amélioration de la productivité et à la valorisation des productions agricoles. Leurs objectifs: l’amélioration des revenus des producteurs, l’émergence de pôle de développement au niveau rural autour de la production et de la transformation des produits végétaux et à l’atténuation des flux migratoires ruraux vers les centres urbains.Dans un monde devenu productiviste et ouvert, il n’en demeure pas moins que la rareté des ressources en eau demeure la première des priorités en matière de développement rural et agricole. La mondialisation diabolisée à outrance peut avoir un impact positif sur les pays en développement. C’est une opportunité qui peut encourager les investissements étrangers et permettre un accès rapide à l’information et aux technologies de production et à la biotechnologie. Mais tout cela a un prix. Celui de s’ouvrir au commerce international avec ce que cela implique comme course à la productivité et à l’innovation.Les idées foisonnent. L’information circule. Le monde est devenu plus transparent, encore faut-il se donner les moyens et le temps d’en saisir les messages et de les décrypter. L’importance du savoir est reconnue comme facteur essentiel de production depuis une trentaine d’années. Il s’ensuit que, dans les entreprises, les dépenses de recherche et de connaissance des marchés, dépenses pour l’avenir, ont vu leur importance relative croître, les gisements d’intelligence humaines sont convoités: en agriculture, il ne peut être que rarement question de débaucher le voisin, mais rien n’empêche de jeter un coup d’œil sur sa copie et de l’améliorer si nécessaire.Le secteur de l’agro-industrie a bénéficié de plusieurs actions visant l’amélioration de ses performances. Entre autres, l’exonération fiscale durant les cinq premières années dont bénéficient les unités industrielles nouvellement installées, la réduction des charges fiscales par les entreprises exportatrices après expiration de la période d’exonération totale et le renforcement de la réglementation relative à la qualité et à la normalisation des productions agricoles et agro-industrielles.Les pouvoirs publics se sont fixé pour objectif l’amélioration des revenus des producteurs, l’émergence de pôles de développement au niveau rural, autour de la production et de la transformation des produits agricoles et l’atténuation des flux migratoires ruraux vers les centres urbains. Le Fonds de développement agricole (FDA) permet pour sa part de mettre à la disposition des investisseurs des aides de l’Etat, notamment pour le secteur du froid, du conditionnement, d’entreposage et de trituration des olives. Le sous-secteur traditionnel contribue aussi à la valorisation d’une partie non négligeable de la production.. Aléas des marchésNotre agro-industrie conquérante est une locomotive. Elle tracte toute une filière vers les cultures qui optimisent les ressources rares, telles que l’eau et la terre, et qui passe par l’industrie avant d’aller au marché. Tout le monde parle de facteurs limitant le développement de l’agriculture, impliquant tour à tour la pluviométrie, l’administration, les banques, la technique…En fait, même si ces limites existent, une réflexion plus poussée laisse apparaître que le principal problème se situe dans le manque et parfois l’absence d’organisation des filières de vente de fruits et légumes (bord-champs), laisse les producteurs totalement livrés aux aléas des marchés et des intervenants qui l’organisent à leur profit. La grosse part de la production est répartie sur de nombreux produits, mais dans de petites exploitations très souvent en difficulté. En effet, le manque cruel de trésorerie rend ces petits fellahs extrêmement vulnérables, face aux courtiers transporteurs qui sillonnent les vergers des fermes. Les différences de prix totalement aberrantes, entre le bord-champs et les marchés de gros nous permettent de mieux saisir comment la grosse partie de la valeur ajoutée ne retourne pas à la terre et aux paysans qui viennent grossir les rangs des pauvres.Le secteur agricole a besoin d’outils de communication et d’information pour contribuer à sa mise à niveau, à son ouverture vers d’autres horizons. Le diagnostic stratégique, élaboré par Euro Maroc Entreprise, (EME) de l’industrie des fruits et légumes au Maroc, a abouti à identifier un vrai potentiel de croissance dans ce secteur. En termes de croissance, un objectif ambitieux pourrait être atteint à moyen terme, compte tenu des évolutions favorables de la consommation locale et internationale et des qualités de l’origine marocaine.. Constituer des alliancesLe soutien apporté par l’Etat aux filières fruits et légumes transformés, qui demeure comparativement faible, pourrait encore être valablement élargi dans ce but. La plate-forme pour la relance proposée par les analystes de EME comprend un ensemble de dispositions qui concernent l’interprofession. L’aboutissement de cette plate-forme passe par sa prise en charge et son appropriation par les organisations professionnelles du secteur. Ce qui suppose un travail de sensibilisation, de détermination des priorités, de constitution d’alliances de nature à les mener à terme avec l’aide et la bénédiction des pouvoirs publics. Le premier objectif de l’Etat est de sécuriser nos exportations agroalimentaires, une urgence en raison de l’imminente entrée en vigueur de la réglementation européenne et l’accord de libre-échange. Les opérateurs marocains ont toujours su répondre aux différentes exigences et réglementations correspondant aux phases successives de l’évolution des marchés extérieurs, anticipant ainsi sur ces nouvelles exigences.


Feuille de route

Les axes stratégiques du plan d’action pour le développement rural ont été présentés par le secrétaire d’Etat, Mohamed Mohattan, lors d’une réunion de travail à Rabat, le 30 décembre 2004, présidée par le Premier ministre Driss Jettou. La feuille de route propose la redéfinition et la dynamisation du rôle des centres de travaux, la diversification des activités économiques génératrices d’emplois et de revenus, le développement du capital humain à travers des programmes d’alphabétisation, d’apprentissage et de formation professionnelle. S’ajoutent la mise en place de réseaux d’études et de recherches sur le développement rural, la consolidation du Fonds de développement rural (FDR) et le renforcement de la décentralisation à travers une implication plus marquée des acteurs locaux, à la promotion du partenariat avec les ONG et à la mise à contribution des programmes d’assistance au profit du monde rural, et ce dans le cadre de la coopération internationale.


Première foire rurale bio

L’objectif de notre pays est de trouver les équilibres nécessaires pour promouvoir un secteur aussi vital, tout en préservant l’autonomie de la production. Les thèses sur les politiques de croissance économique et d’augmentation de niveau de vie convergent d’ailleurs vers un point: promouvoir l’essor de l’agriculture et fournir aux ruraux un plus grand accès aux services de base: terrain, eau, crédit, routes, santé et éducation. De plus, accroître les investissements stimulera davantage le développement agricole, notamment dans la recherche agronomique afin de booster les rendements qui restent faibles.Le projet “Automatisation des ruraux pauvres et volatilité des politiques” du département du ministère de l’Agriculture et du Développement rural vise à proposer les moyens appropriés d’impliquer les collectivités locales, les conseils élus et les composantes de la société civile dans le processus du développement rural. Dans le cadre de ce projet, des études et des recherches sur le terrain portant sur l’évaluation de certaines expériences de développement sont envisagées dans la région de l’Oriental, selon Hamid Nargis de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA). Et ce, à travers la prise de contact avec les autorités locales, les conseils élus, les acteurs économiques, les professionnels et les citoyens.Déjà, la société civile, notamment les associations “Espace Point de Départ” (Espod) et la Fondation Mjid, tente de convaincre les agriculteurs de la localité de Dar Bouazza, jadis berceau des exportations agricoles, mais en déclin depuis une vingtaine d’années, que leur vie et celle de leurs enfants changera favorablement. Et ce, grâce aux potentialités offertes par le phénomène et l’essor de l’agriculture biologique qui a le vent en poupe ces dernières années. Un souk new-look vient d’être inauguré avec l’aide des pouvoirs publics: les halles de Dar Bouazza, première foire rurale bio au Maroc.

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