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    International

    Le caviar en voie d’extinction

    Par L'Economiste | Edition N°:1911 Le 07/12/2004 | Partager

    . Le braconnage tue la mer Caspienne, plus grande réserve mondiale. L’esturgeon n’a pas le temps d’atteindre l’âge de reproduction. L’Iran, premier producteur mondial, craint la disparition du fossile vivantLes amateurs de caviar devront débourser encore plus à Noël pour les oeufs d’esturgeon, mais les pêcheurs iraniens de la Caspienne préviennent que le véritable prix à payer pour la raréfaction de la ressource risque bientôt d’être sa disparition totale. C’est de la Caspienne, plus grande mer intérieure au monde, que provient 90% du caviar disponible sur le marché international. Mais les réserves d’esturgeons s’épuisent dramatiquement et certaines espèces, tels les délicats bélugas et osciètres, flirtent avec l’extinction. «Il y a quinze ans, le bateau aurait été rempli à ras bord au bout d’un après-midi en mer, aujourd’hui on peut passer une semaine sans rien prendre», se désole Hedayat Mohammadi, un pêcheur qui écume les eaux aux larges de Bandar Anzali (nord-ouest de l’Iran) depuis 26 ans.De ce côté de la Caspienne, on pointe un doigt accusateur sur les autres riverains, l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan, la Russie et le Turkménistan. «Après l’effondrement de l’URSS, les trafiquants et les miséreux des nouvelles républiques se sont mis à piller les fonds. Il n’y a plus de contrôle de l’Etat pour contrer la pêche illégale, il n’y a pas d’effort de conservation», se lamente Mohammad Pourkazemi, scientifique à la tête du Centre iranien de recherche sur l’esturgeon.«Prenez l’Azerbaïdjan, ils pêchent massivement l’esturgeon rien que pour sa chair. Le poisson n’a même pas le temps d’arriver à la puberté», abonde un vétéran des pêcheries locales, Farrokh Sharifi. L’âge de la reproduction et donc de la production de caviar s’étale selon les variétés entre 9 et 18 ans. Mais le pire est à venir, prédit Farrokh Sharifi: «La véritable catastrophe surviendra quand ces pays finaliseront leurs contrats pétroliers et se mettront à exploiter les gisements». Les viviers de la République islamique, qui détient 50% du marché du caviar de la Caspienne et en a exporté 65 tonnes, pour 35 millions d’euros, entre mars 2003 et 2004 selon les chiffres officiels, relâchent jusqu’à 18 millions de jeunes esturgeons chaque année. Mais la proportion de ceux qui atteignent l’âge adulte est infime. L’Iran dépenserait quelque 10 millions de dollars par an pour reconstituer les stocks du «fossile vivant», qui fut le contemporain des dinosaures. Le marché est placé sous strict monopole étatique. La plus grande part de la production est destinée à l’exportation. La consommation domestique est limitée à 100 grammes par personne et par an, au prix prohibitif de 3 millions de rials (340 USD) le kilo. A l’international, le caviar iranien se vend en moyenne 830 dollars le kilo.Mais une incursion à Bandar Anzali, plaque tournante de l’industrie du caviar, révèle que le caviar de contrebande peut se négocier aisément entre 1,5 et 2 millions de rials (de 170 à 230 dollars).Bien connu sur la place, l’ancien trafiquant Hamid Gharavi estime à au moins 30 tonnes par an le caviar qui part illégalement pour les Emirats arabes unis ou la Turquie. «Le braconnage rapporte tellement que non seulement de nombreux pêcheurs, mais aussi des policiers et des officiels sont impliqués», dit Hamid Gharavi. Un employé des pêcheries publiques gagne environ 24 millions de rials (2.750 dollars) par an, un braconnier sept fois plus, dit-il. Mais les responsables reconnaissent que la plupart des trafiquants s’en tirent bien mieux. Ils soulignent aussi la nécessité de faire comprendre, à l’étranger notamment, la gravité de la situation.- L’Iran dépenserait quelque 10 millions de dollars par an pour reconstituer les stocks d’esturgeons. Le marché est placé sous strict monopole étatique. Et la consommation domestique limitée à 100 grammes par personne et par an, au prix prohibitif de 3 millions de rials soit 340 dollars le kilo. A l’international, le caviar iranien se vend en moyenne 830 dollars le kilo. Mais le caviar de contrebande, lui, peut se négocier aisément entre 1,5 et 2 millions de rials soit de 170 à 230 dollars Synthèse L’Economiste

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