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Economie

Le capitalisme comme le “vœu” Bébéar

Par L'Economiste | Edition N°:1774 Le 24/05/2004 | Partager

. Les capitalistes du monde écornés par l’un d’eux. Retour aux valeurs de l’économie réelleAvec “Ils vont tuer le capitalisme”, un ouvrage écrit voilà deux ans, Claude Bébéar, président du conseil de surveillance d’AXA France, a signé un réquisitoire sans appel contre ce qu’il considère comme des dérives, des excès de capitalistes “peu scrupuleux”. Invité par le cercle d’amitié franco-marocain et Attijariwafa bank, le puissant capitaliste français est venu en parler le jeudi 20 mai dernier à Casablanca. Pour dénoncer ces faiseurs de scandales financiers, Bébéar a voulu que cet ouvrage soit une invitation à retrouver un capitalisme à visage humain, qui emprunte davantage à l’éthique, la transparence et le respect des réglementations. “L’économie réelle doit primer sur la logique des marchés qui, comme les faits dont elle naît, est très volatile” Le “Parrain du capitalisme français”, comme le surnomment ses pairs, a vécu ses dérives de l’intérieur. Et c’est ainsi qu’il a pu les restituer en leur donnant leur véritable dimension. De quoi parle Claude Bébéar? Du manque de transparence dans les affaires, de la vision court-termiste des marchés qui met à genoux les entreprises, des jugements hâtifs des analystes financiers et des agences de notation, des consultations farfelues des avocats d’affaires, du va-tout des spéculateurs et de la malhonnêteté des dirigeants. “Ils ont détourné le sens des valeurs”, s’indigne-t-il. Un exemple pour comprendre sa vision: l’utilisation des produits hybrides par les marchés et par des patrons d’entreprises “peu scrupuleux, qui versent à l’envi dans le jeu des fuites en avant, sans se soucier des acteurs qui les entourent”. “Situation normale, souligne-t-il, que les seigneurs de la finance et les affairistes sont prêts à reproduire s’il n’y a pas le contrepoids nécessaire et le contrôle suffisant des autres acteurs du gouvernement d’entreprise”. “Ils utilisent des montages financiers pour diluer les dettes afin de gonfler la valeur de leurs entreprises et se lancer dans des opérations de croissance externe sans avoir les fonds nécessaires”. Pour dénoncer ces acrobaties, l’auteur n’y va pas de main morte. Pour les administrateurs des entreprises, gardiens du temple, il leur conseille d’être plus courageux dans la prise de décisions, plus disponibles et de la compétence pour suivre les affaires. C’est cette gestion bien établie qui permet au “capitalisme de très bien fonctionner”. Il saisit cette opportunité pour rappeler les dérives de quelques dirigeants américains qui profitent de la pratique des stock-options pour s’enrichir rapidement et “n’importe comment au détriment du développement de leurs entreprises”. “Les stock-options à l’américaine sont vendables tout de suite après leur octroi, ce qui permet aux dirigeants de profiter des dysfonctionnements des marchés, aidés en cela par des analystes financiers et les commissaires aux comptes, pour booster la valeur de l’entreprise puis vendre très cher leurs actions”. Spéculation, panurgisme et dérive des egos: les mots ne sont pas assez forts pour décrire le mépris que “ce praticien et bâtisseur révolté” ressent vis-à-vis de ces “magouilleurs” qui ébranlent la foi en le capitalisme, comme seul système d’épanouissement “des libertés” et de bien être économique. “Le Parrain” colle parfaitement à son nouveau rôle de défenseur des principes et entend remettre ses pairs dans le droit chemin.


Ce qu’il pense…

. Des Journalistes et du marchéIl y a un rôle d’information formidable à jouer par les journalistes pour assainir les marchés financiers et l’économie. C’est capital pour réparer les dysfonctionnements des marchés qui naissent de la désinformation et des comportements peu déontologiques des intervenants. Rendre ce qui est à rendre, et le rendre bien, devient un exercice quotidien et en ligne des journalistes pour parer le fonctionnement des marchés et réorienter les comportements des investisseurs.. De VivendiCe groupe (dont il est administrateur) était dirigé par un artiste au talent consommé1 qui faisait miroiter aux analystes financiers et aux intervenants du marché des projets d’avenir qui ne se sont jamais concrétisés. Ou s’ils l’ont été, les choses ont tourné au fiasco accélérant ainsi la chute de l’empire.. D’AXA et les autresPour celui qui a transformé une petite mutuelle normande en leader mondial de l’assurance, le succès c’est aussi savoir profiter des faiblesses et de l’incompétence des autres: “Quand j’ai bâti AXA, j’ai profité pleinement de l’incompétence de quelques-uns de mes concurrents”. L’incompétence finit en fait par être sanctionnée!. De la croissance chinoiseUn officiel chinois m’a confié que les statistiques sont aussi de la politique! Ainsi quand on parle de la croissance chinoise, il faut prendre les informations avec des pincettes. Son développement est le fait de 200 à 300 millions de Chinois. Il y en a encore 1 milliard de pauvres. La chine doit faire face à d’énormes problèmes sur les 15 prochaines années, dont la démographie et les libertés. La machine chinoise déstabilisera les économies qui ne sont pas présentes là où les Chinois ne sont pas. Nous, on a bien survécu aux dragons asiatiques!. Peut-on tuer le capitalisme?Non. Des gens ont essayé, mais n’ont pas réussi. C’est un système très dynamique, le seul en fait qui permette aux personnes (si elles sont malignes) de réussir. Les gens qui ont voulu barrer la route au capitalisme ont en fait voulu arrêter la liberté d’entreprendre, qui représente non seulement l’une des piliers du système mais aussi, au sens plein du terme, toutes les libertés individuelles. Non, le capitalisme ne mourra jamais.-----------------(1) Jean-Marie Messier, l’ex-patron déchu de Vivendi avait consacré tout un chapitre, d’une violence inouïe, dans son livre “Mon vrai journal” à Claude Bébéar. Il y relate les raisons de ce qu’il qualifie d’“acharnement personnel” de Bébéar contre lui.Bouchaïb El Yafi

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