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Economie

La politique carcérale de nouveau épinglée

Par L'Economiste | Edition N°:1929 Le 31/12/2004 | Partager

. Selon l’Observatoire des prisons, la corruption gangrène les établissements pénitentiaires. Le taux de retour est de plus de 60% Corruption, surpopulation carcérale, malnutrition, maltraitance, conditions sanitaires catastrophiques, soins médicaux quasi inexistants…Telles sont les conditions de vie de prés de 60.000 détenus y compris femmes et enfants dans les prisons marocaines. L’Observatoire marocain des prisons (OMP) lève pour la troisième fois le voile sur la situation accablante de l’univers carcéral au Maroc, en publiant son rapport pour l’année 2003-2004. Ce document d’une centaine de pages a été présenté mardi 28 décembre lors d’une conférence de presse à Rabat. Encore une fois, le surpeuplement demeure le principal mal qui affecte les prisons. Des chiffres alarmants retiennent d’emblée l’attention. En effet, avec moins de 1,51 m2 en moyenne par prisonnier, voire moins d’un mètre carré dans 9 pénitenciers, la situation ne prête guère à la confusion. De plus, «sur les 20 dernières années, la population carcérale a doublé alors que la capacité d’accueil des établissements pénitentiaires n’a pu suivre cette croissance même pas avec 10%», indique le rapport. Pendant ce temps, le taux de croissance de la population marocaine n’a augmenté que de 2%. Ce qui place le Maroc à la cinquième position mondiale avec 192 prisonniers pour 1000 habitants, après les Etats-Unis (686), la Russie (682), l’Afrique du Sud (400) et la Tunisie (253). Témoignages des familles et détenus à l’appui, le rapport indique que le fléau de la corruption est l’un des vecteurs puissants du microcosme carcéral. «Dans ce milieu, tout se vend, tout s’achète. Du nécessaire à l’accessoire. Avoir une place pour dormir a un prix. C’est le cas aussi pour bénéficier des soins médicaux ou encore avoir droit à une douche…», note le rapport.Quant à la nourriture, elle est réduite à bien moins encore que sa simple expression. La majorité des prisonniers parle d’une détérioration de la nourriture aussi bien quantitativement que qualitativement. Pourtant, ce poste représente 50% du budget de fonctionnement de l’administration pénitentiaire. Par ailleurs, la malnutrition, conjuguée aux conditions sanitaires déplorables et au manque des soins, rend cette partie de la population plus vulnérable. «Les cas de maladies respiratoires, dermatologiques et même psychologiques ne cessent de se multiplier», souligne le rapport. Selon Abderrahim Jamai, secrétaire général de l’OMP, cette situation s’explique en fait par l’absence chez les responsables d’une vision du rôle de la prison. Celle-ci est en fait considérée comme étant un simple lieu d’hébergement des pénitenciers jusqu’à la fin de la durée de leurs peines. Ce qui a fait de la prison un endroit d’apprentissage des crimes. En témoigne «l’augmentation des cas de retour qui atteint les 70% dans la ville de Casablanca», indique le rapport. Pour Jamai, la prison doit essentiellement viser la réinsertion des détenus.En marge de ce rapport, l’OMP, en collaboration avec l’Organisation marocaine des droits de l’homme, fait une liste de propositions au ministère de la Justice. D’ordres législatif, administratif et social, «ces propositions visent d’une part l’amélioration des conditions de vie des incarcérés et d’autre part faire de la prison un moyen de réhabilitation des détenus», indique Jamai.


L’embargo de l’Administration

Les conditions d’établissement du rapport n’étaient pas non plus faciles. L’Administration pénitentiaire n’a nullement facilité la tâche aux responsables de l’OMP. «Elle ne s’engage pas dans une relation de transparence et de coopération avec la société civile, notamment l’OMP»; souligne le SG de l’OMP. «Nous avons travaillé dans de véritables conditions d’embargo», révèle-t-il. En ajoutant que les activistes de l’Observatoire n’ont pu avoir l’autorisation de visiter les prisonniers grévistes de la faim, ni les quartiers des condamnés à mort. Pourtant «l’amélioration des conditions de vie des pénitenciers ne peut se faire sans une identification transparente des problèmes vécus», note le rapport. Force est de constater que «les lois ont certes changé mais les pratiques n’ont pas suivi», déplore Jamai. Meryeme MOUJAB

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