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    Economie

    La croissance démographique en baisse

    Par L'Economiste | Edition N°:1924 Le 24/12/2004 | Partager

    . La moyenne annuelle est de 1,4% contre 2,1% en 1994 . L’image de Casablanca en bombe démographique écornée . Les données relatives à l’habitat, l’emploi… disponibles l’été 2005Ahmed Lahlimi Alami a présenté les résultats du recensement général de la population et l’habitat jeudi à Rabat, au lendemain de l’audience accordée par le Souverain. Le haut-commissaire s’est limité à livrer les chiffres concernant la population légale. Les données concernant le profil des Marocains, la pyramide des âges n’étant pas encore disponibles. De plus, le traitement des questions relatives à l’habitat, à l’emploi et à d’autres indicateurs sera effectué dans les mois qui viennent. Il faudra donc attendre l’été prochain pour pouvoir disposer des premières tendances.Ainsi, la population légale au Maroc s’élève à 29.891.708 habitants. Elle a augmenté de 3.817.984 par rapport au recensement de 1994, soit un taux d’accroissement de 14,6%. Ce qui représente une croissance démographique annuelle moyenne de l’ordre de 1,4% contre 2,1% entre 1982 et 1994. La lecture de ces premiers chiffres révèle que les Marocains sont de plus en plus des citadins avec plus de 16,463 millions vivant en ville contre près de 13,5 millions en 1994 (+22,66%).Le taux d’urbanisation est donc de 55,1% contre 51% lors du dernier recensement de 1994. Quant à la population rurale, elle s’élève à 13,428 millions contre 12,6 millions de personnes en 1994. Elle ne s’est accrue que de 784.015 personnes. Ainsi, la campagne affiche un taux de croissance démographique annuel moyen de 0,6%, en léger recul par rapport au taux enregistré entre 1982 et 1994. C’est la première surprise de ce recensement. En effet, l’image de la campagne vidée à cause de l’exode rural est fausse. D’ailleurs, Lahlimi confiera que les démographes tablaient sur des prévisions à la baisse au sujet de la population rurale. Cela n’a pas été le cas. En dépit de l’absence d’une politique gouvernementale pour tenter de mettre un terme à l’hémorragie de l’exode, les ruraux sont bien restés chez eux s’accrochant à leur mode de vie. Au chapitre de la distribution régionale, trois zones émergent du lot. Ainsi, le Grand Casablanca arrive en tête avec 3,6 millions de personnes, suivi par les régions du Sous-Massa-Drâa et Marrakech Tensift-Al Haouz abritant 3,1 millions d’habitants chacune. Cette concentration du tiers de la population est présentée comme un héritage du passé, qui s’explique par la dynamique économique et commerciale de cette partie du pays. Cependant, ces données risquent d’évoluer à l’avenir. Des changements se produiront, expliquent les analystes. Ainsi, d’autres régions, particulièrement le Nord, canalisent de plus en plus d’investisseurs et finiront par attirer les populations. L’aménagement du territoire, qui sera mis en place, devra prendre en compte ces données, dira le haut-commissaire. Par ailleurs, il est à relever un fait concernant la ville de Casablanca qui compte à elle seule 2,950 millions d’habitants. Elle est la première ville où vit un Marocain sur 10. C’est son poids économique et industriel qui est confirmé. Cependant, son image de mégapole semblable à Calcutta ou Bombay avec plus de dix millions d’habitants, s’en trouve écornée. Elle n’est pas non plus la bombe démographique qu’on craignait et que les partis politiques et les syndicats brandissaient à tout bout de champ.Selon les données, l’évolution de la population entre les deux recensements est très contrastée. Les provinces de Tiznit et Jerada ont vu leur population se réduire. Le déclin de la seconde s’est accéléré après la fermeture des mines de charbon.Par contre, d’autres villes ont enregistré des taux de croissance élevés, dépassant 3%. C’est le cas notamment de Nouaceur et Médiouna. Les villes qui affichent la plus forte dynamique démographique sont Tanger, Laâyoune et Agadir. Les municipalités de Aït Melloul et Témara ont connu une véritable explosion avec 4,6% pour la première et 5,6% pour la seconde. En revanche, des villes comme Rabat, Safi ou Casablanca ne semblent pas attirer grand monde. La population de la capitale administrative s’est stabilisée au niveau de celui de 1994. La province la moins peuplée est Aoussered dans le Sud marocain avec 20.513 habitants. Pour des observateurs, l’annonce du nombre de la population légale marocaine a suscité des doutes. Pour eux, le chiffre est inférieur aux attentes et les Marocains seraient plus nombreux. Pour Lahlimi, «ces doutes trouvent leur origine dans une prise de conscience politique très forte chez les Marocains qui ont été habitués à des résultats de référendums à hauteur de 99,7% par exemple, à avoir un candidat élu avec un taux très fort et le lendemain subissant un échec cuisant». Au contraire, ajoutera-t-il, le taux de croissance démographique de 1,4% est très fort par rapport à celui enregistré en Tunisie qui est de l’ordre de 1,2%. Il est évident que les comportements et les habitudes culturelles y sont pour quelque chose. Les Marocains paraissent plus nombreux puisqu’ils sont le plus souvent dans la rue ou dans les cafés. Idem pour les enfants. Une image qui contraste complètement avec d’autres pays où les enfants ne sont pas très visibles dans les rues comme en France ou en Allemagne. Ils restent chez eux où beaucoup d’activités les retiennent. Rappelons que pour Lahlimi, les données obtenues du recensement confirment les résultats des enquêtes réalisées par le ministère de la Santé. En effet, la baisse de la croissance démographique s’explique par le recul de la fécondité durant les dix dernières années. Le nombre d’enfants par femme a reculé à 2,5 enfants en 2002 contre 3,3 enfants en 1994. La baisse de la fécondité s’explique par le recul de l’âge du premier mariage qui est passé chez les femmes de 25,8 ans en 1994 à 27,4 ans en 2000. A l’origine de cette situation, particulièrement la généralisation des moyens contraceptifs


    Le top 5 des régions budgétivores

    Les gouverneurs et walis se sont occupés de la restauration des recenseurs avec une enveloppe de plus de 56 millions de dirhams. Le Grand Casablanca a été le plus demandeur, puisque, pour nourrir les recenseurs, il a fallu mobiliser près de 7,5 millions de dirhams. La région de Souss-Massa-Drâa a eu plus de 5,7 millions, celle de Marrakech-Tensift-Al Haouz, près de 5,2 millions, Tanger-Tétouan et Rabat-Salé-Zemmour–Zaërs, aux alentours de 5 millions respectivement. . Les malheurs des recenseursPour les 75.064 agents chargés de l’exécution du recensement, tout s’est grosso modo bien déroulé. Sauf pour 89 malheureuses personnes: morsures de chiens (16), accidents de circulation (13), agressions (12), surmenage, chutes, maladies cutanées, infections oculaires…10 femmes ont été victimes de l’un de ces désagréments.Et, ô surprise, Rabat, ville normalement calme et introvertie, tient le palmarès de ces «incidents»:19 cas, talonnée de Casablanca avec 14 incidents, puis Marrakech (10). Mais ces erreurs de parcours sont marginales. Interrogés sur les conditions d’accueil du citoyen, plus de la moitié des agents ont estimé avoir été bien accueillis et 1,4% seulement, avoir été très mal reçus (notamment à Rabat!). Et les Marocains estiment dans l’ensemble positivement les conditions de déroulement du recensement et 4,8% pensent que c’était médiocre.. Silence, on fume !La conférence de presse (au centre de lecture automatique des documents, une nouvelle bâtisse du HCP sise au quartier Al Irfane) devait commencer à 9h30. Le haut-commissaire au Plan, Ahmed Lahlimi, n’a commencé à donner les résultats que vers 10h15, après avoir siroté son verre de thé, discuté avec son staff et fumé quelques cigarettes dans un lieu où il était interdit de fumer (difficile de passer à côté d’une énorme pancarte placardée à l’entrée). Lahlimi remarquera les désagréments pour certaines personnes et s’en excusera… tout en continuant à fumer pendant qu’il présentait les résultats. . 640 mulets mobilisésLes zones enclavées ont été atteintes grâce aux 640 mulets mobilisés. Sinon, les agents ont utilisé 1.574 véhicules de l’Etat et 4.199 loués aux particuliers. . GénérationsPour qu’une femme soit «remplacée», il faut qu’elle ait au moins deux enfants, dont une fille. Si ce seuil n’est pas dépassé, la population ne va pas augmenter, explique l’un des démographes. C’est le seuil de renouvellement des générations. Or, en zone urbaine, selon la dernière enquête du ministère de la Santé sur la population et la santé familiale, le taux de fécondité est passé de 2,36 à 2,1, de 1994 à 2002, contre 3 enfants par femme pour la zone rurale. En ville, la population tendra à ne pas augmenter, disent les démographes. . Moins d’argent, plus de performancesCe recensement général a coûté 15% de moins que celui de 1994, alors que le salaire des agents a été augmenté de 20% (près de 3.000 DH d’indemnités par personne) et que la mobilisation matérielle a été plus importante. Mieux, les 400 millions de DH consacrés n’ont pas été entièrement consommés. Gouverneurs et walis ont eu la charge de la restauration (près de 56 millions de DH) et devront rendre, par exemple, près de 600.000 DH. Le secret? La rigueur dans la gestion et la transparence, dira Lahlimi. «Nous avons rémunéré en fonction du service réellement rendu. La délégation de crédits aux gouverneurs et walis est faite dans des conditions très rigoureuses. Mieux, beaucoup de provinces sont actuellement en train de restituer de l’argent». Toutes les opérations sont formalisées et consignées. «Vous trouverez même les bons de commandes, la liste des marchés», ajoute le haut-commissaire au Plan. Un inspecteur des finances a même été détaché spécialement pour contrôler les transactions. Mohamed CHAOUI

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