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Culture

L’année 2004, quelle responsabilité humaine?
Par Hakim EL GHISSASSI

Par L'Economiste | Edition N°:1932 Le 05/01/2005 | Partager

Entrepreneur en France, Hakim El Ghissassi est ancien directeur de la revue La Médina. Il vient de lancer le site Web SEZAMEElles étaient belles ces côtes de l’Océan indien! Nous nous en délections avec joie. Nous étions sensibles au quotidien de ceux qui nous accueillent sur leurs terres lointaines et qui ne percevaient de nous que notre confort , un confort qui leur fait défaut.Ce qui peut se passer à des milliers de kilomètres ne nous est plus étranger. Il nous affecte dans notre intérieur et dans notre quotidien. Notre année 2004 s’est terminée sur la catastrophe dans le sud-est asiatique; catastrophe qui a emporté des dizaines de milliers de personnes avec des familles entièrement décimées, dont il reste des orphelins, des veuves et veufs et de millions d’individus sans abris. L’être humain se permettra-il de rester insensible à ces catastrophes qui n’épargnent personne? C’est une catastrophe qui a rappelé la fragilité de notre monde mais également la capacité humaine pour tendre la main aux plus fragiles.Ce sont des moments qui doivent nous pousser à réfléchir pour instaurer un coop-développement équitable et juste, à manifester une solidarité dans le respect des diversités et le partage de nos acquis scientifiques, économiques, sociaux et culturels.. Le danger des démocratiesCette année 2005 commence sur une situation iraquienne de plus en plus chaotique qui démontre la limite de l’utilisation de la force et de la violence dans la gestion de notre monde moderne. Nos démocraties pourraient se transformer en de nouvelles dictatures si elles n’ont pas le soutien des peuples et si elles ne prennent pas en considération les trajectoires historiques et sociales. Cependant se cacher derrières les spécificités et les particularités, ou les particularismes, pour retarder les réformes nécessaires et urgentes ne fera qu’enfoncer encore plus les situations économiques, politiques, sociales déjà désastreuses, avec des taux honteux d’analphabètes, des soins médicaux précaires voire inexistants, des libertés d’expression confisquées…C’est avec patience que nous attendons les élections palestiniennes et la possibilité d’une paix juste. La disparition de Yasser Arafat, l’emblème de l’identité palestinienne, ôte le chiffon rouge devant le nez de Sharon. Ce dernier ne voyait Arafat que comme un obstacle à la Paix. Les peuples palestinien et israélien ont besoin aujourd’hui de responsables courageux capables de mettre fin aux injustices, à l’humiliation quotidienne et à la négation de l’autre. Ils ont besoin d’une implication plus visible de l’Union européenne et des peuples méditerranéens, c’est la stabilité de cet espace qui est en jeu.En France, cette année 2004 s’est clôturée avec une multiplication de rencontres et de dialogues entre juifs et musulmans, des groupes se constituent et des actions pour un vivre ensemble se concrétisent. L’année 2005 en a aussi programmé d’autres. La Turquie, après avoir choisi l’intégration à l’Europe, s’est battue pour l’ouverture des négociations d’adhésion à l’Union européenne. En deux ans, de nombreuses réformes politiques, sociales, économiques… ont eu lieu et ont été menées à bien. Ces réformes démontrent la volonté tendue du peuple turc à relever les défis et de se mettre à niveau.. Maroc, travail sur l’imaginaireLe Maroc, en 2004, a vu l’entrée en application du nouveau code de la famille. Grâce à lui, de nombreuses avancées juridiques ont été réalisées pour l’égalité homme-femme. Un grand travail sur les mentalités et les imaginaires reste à accomplir afin de permettre une harmonisation des paroles et des actes et de sortir des schémas qui sacralisent la pensée humaine et la production sociale. Dans un monde en mutation, la pensée religieuse devra accepter la critique, ceci ne veut pas dire la remise en cause des fondements, mais dans le respect des croyances accepter la diversités des opinions et des choix.Après la libération de nos deux confères, les journalistes Georges Malbrunot et Christian Chesnot, enlevés en Irak, la France a fêté en chœurs Noël, y compris les Musulmans, pour qui cette fête est devenue un moment de rencontres familiales, de solidarité et d’espérance. Nous avons aussi fêté le Nouvel An, débarrassés de cette épine qui a secoué les musulmans de France. Par devoir, ils se sont mobilisés aux côtés de leurs concitoyens afin de permettre à nos deux journalistes de reprendre leurs activités en toute liberté. C’est un épisode important de la vie en communauté entre les chrétiens et les musulmans de France.Cet épisode douloureux a permis, par ricochet, aux milieux religieux musulmans, le plus souvent suspectés, d’exprimer à nouveau leur loyauté envers la France et de rejeter toute immixtion dans leurs affaires internes. . Du foulard à la loyautéEn France, l’année 2003 s’était terminée sur le débat autour du foulard dit islamique. Elle avait eu son lot de manifestations et de réflexions sur la laïcité française et la place de l’islam, le nouveau culte français qui venait de s’institutionnaliser à travers le CFCM, le Conseil français du culte musulman. L’année 2004 qui nous a donné la loi du 15 mars s’est terminée avec l’ouverture d’un autre débat sur le financement des lieux de culte et la formation des cadres religieux musulmans. Après s’être assuré de la loyauté des musulmans de France, on se dirige vers l’établissement d’outils permettant une meilleure intégration du culte musulman dans le paysage et en le dotant de moyens lui permettant de sortir de la précarité cultuelle, financière et humaine. C’est le but, à mon avis, derrière la volonté de doter le culte musulman d’une fondation et de structures permettant une meilleure connaissance de la société française de la part de nos imams et cadres religieux.Nous abordons, ainsi, l’année 2005 avec de nombreuses manifestations programmées pour la commémoration du centenaire de la loi de 1905. Cette dernière a institué la séparation entre l’Etat et les Eglises et elle a garanti la liberté des consciences et des choix religieux.. L’autre précaritéEn plus de la précarité cultuelle, nous sommes devant une autre précarité moins médiatisée mais présente au quotidien et vécue par une partie de la population française, celle de l’emploi, du logement, de l’éducation et de la mixité sociale. Le nouveau projet de la cohésion sociale ouvre des perspectives et semble vouloir traiter les problèmes dans leur globalité. Arrivera-t-il à ses fins, aura-t-il les moyens suffisants pour y parvenir?Nous avons terminé l’année 2004 sur des actes racistes qui touchent des citoyens français d’origine maghrébine installés en Corse depuis des décennies. Est-ce là l’échec de l’intégration et d’un vivre ensemble ou l’échec des politiques d’intégration? Les pouvoirs publics nous promettent de meilleurs jours et une nouvelle politique.2005 sera l’année de préparation à la bataille des futures échéances électorales, présidentielles et législatives de 2007 et municipales de 2008. Les populations qui souffrent des discriminations manifestent de plus en plus leur désir de se positionner, de faire entendre leurs voix, de se prendre en charge et de se battre pour assumer pleinement leur devoir de citoyen. Cependant, ce n’est pas une politique de discrimination dite positive ou d’assistanat, mais c’est une reconnaissance des compétences, une équité de traitement et une solidarité avec les moins favorisés qui sont demandées. Nous en ferons le bilan à la veille de 2006, “Inchaallah ”. Dans l’attente: bonne et joyeuse année 2005.«Nos démocraties pourraient se transformer en de nouvelles dictatures si elles n’ont pas le soutien des peuples et si elles ne prennent pas en considération les trajectoires historiques et sociales«

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