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Economie

Journée mondiale de la liberté de la presse
Le Maroc rétrogradé

Par L'Economiste | Edition N°:1760 Le 04/05/2004 | Partager

. Le principal danger est “l’algérianisation” des médias. Les pouvoirs publics sont embarrassésHier lundi 3 mai, le monde entier a fêté la Journée de la liberté de la presse. A cette occasion, L’Economiste offre à ses lecteurs trois réflexions exceptionnelles sur cette liberté: le point de vue de deux prix Nobel, le dalaï-lama et Amartya Sen, et celui de la journaliste tunisienne, Sihem Bensedrine, harcelée par le gouvernement de Ben Ali, depuis qu’elle a parlé de la corruption dans l’administration.Ces trois rencontres de très haut niveau ont été possibles grâce à l’appartenance d’Eco-Médias, la société éditrice de L’Economiste et de Assabah, à la WAN, World Association of Newspapers, l’association mondiale des journaux. La WAN a organisé pour ses 18.000 membres à travers le monde la levée des droits sur ces entretiens et les articles qui en découlent. L’Economiste en fait donc directement bénéficier ses lecteurs (cf. infra, notre rubrique Focus). Depuis une quinzaine d’années, le jury du Nobel récompense fréquemment des économistes qui ont travaillé sur les phénomènes liés à l’information. Parallèlement, il choisit, pour le Prix de la Paix, des organismes ou des personnalités qui contribuent à la liberté.La liberté de la presse au Maroc n’a rien à voir avec ce qui existe en Tunisie. Le secteur n’a rien à voir, non plus, avec le système algérien où de nombreux médias se font les instruments d’influence (ou de chantage), au service d’intérêts qui restent cachés. Cependant, le Royaume a perdu des points au cours de ces dernières années. L’emprisonnement d’Ali L’mrabet et le développement d’une presse “à l’algérienne”, ont fait reculer le Royaume dans l’échelle mondiale de la liberté.Les pouvoirs publics sont très embarrassés devant ces dérives, dont certaines viennent de leur propre sein (ou bien disent venir de leur propre sein). Ils mettent ce recul sur le compte de la transition. L’explication est sans doute un peu courte lorsqu’on considère que ce sont toujours les mêmes organes qui commettent toujours les mêmes irrégularités. Les pouvoirs publics en appellent à la déontologie, et ce alors même que la légalité est mal respectée. En revanche, le glissement vers “l’algérianisation” n’est jamais invoqué officiellement. A l’extérieur, ce glissement est pourtant regardé comme un risque majeur, pesant sur la démocratisation et le développement économique du Maroc. La communauté internationale a, en effet, de multiples expériences où ce phénomène a engendré le recul du pays où il s’est produit. @On sait depuis que le stratège chinois Sun Tsu a couché ce phénomène noir sur blanc, que l’information peut devenir une arme de guerre, efficace pour aveugler et induire en erreur l’adversaire. Plus près de nous, la colonisation française en Algérie avait imaginé faire s’entretuer les résistants en répandant une simple rumeur. Inventé par le capitaine Léger, la rumeur disait que tous ceux qui parlaient français étaient des agents de la France. Plus de 3.000 combattants ont été exécutés par leurs pairs sur la foi de cette “information”. En raison de son efficacité, cette opération est enregistrée aujourd’hui dans les livres de stratégie militaire sous le nom de “bleuïte”. Au Maroc, les opérateurs en Bourse estiment qu’une grande partie de l’affaissement boursier provient de fausses informations répandues dans le public à la fin des années 90. Par incompétence, par influence ou désir de nuire, l’idée a été lancée que les entreprises cotées cherchaient duper les épargnants. Ceux-ci, victimes d’une “bleuïte” boursière, ont déserté la cote, alimentant par là un mouvement de baisse des cours…N. S.

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