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    Economie

    Journée internationale contre la corruption
    Piètres résultats pour le Maroc

    Par L'Economiste | Edition N°:1913 Le 09/12/2004 | Partager

    . Le Royaume a été classé 77e dans le dernier rapport de Transparency International. La lutte contre ce fléau butte sur l’absence d’une législation appropriée «Le Maroc a un peu inspiré Transparency International, pour la journée mondiale de lutte contre la corruption». En affirmant cela, Azzedine Akesbi, secrétaire général de Transparency Maroc (TM), ne voulait certainement pas dire que le Royaume est un bon élève. Il suffit de consulter le rapport de Transparency International pour prendre conscience de la gravité du problème. Il est vrai que le Maroc célèbre cette journée depuis 1996, alors qu’elle n’a commencé à l’être mondialement que cette année. Mais dire que le pays a progressé dans cette lutte, c’est se mettre le doigt dans l’oeil. En effet, dans le dernier rapport de l’instance internationale (octobre 2004), le Royaume s’était illustré parmi les pays les plus corrompus. Il a été classé 77e dans le monde avec un petit 3,2 d’indice de perception de corruption. Signalons que pour réaliser son classement, Transparency International a mené trois enquêtes au minimum dans chaque pays pour qu’il puisse être inclus dans l’indice de perception de la corruption. Selon Akesbi, malgré les efforts consentis en matière de sensibilisation pour combattre ce fléau, celui-ci reste un phénomène «global et généralisé». En tout cas, il est perçu comme tel. Tous les secteurs sociaux et économiques sont gangrenés. Les droits et devoirs du citoyen sont devenus monnayables, du simple document administratif ou PV de circulation aux grands dossiers d’investissement. Les militants de la société civile actifs dans le domaine de la lutte contre la corruption ne savent plus où donner de la tête. Et les appels à la mobilisation générale ne sont plus vendeurs du fait de leur faible pouvoir de conviction. Dans son rapport moral 2004, Transparency Maroc indique que «l’association est appelée dans ce contexte à intensifier ses efforts et faire évoluer son action pour contribuer à l’édification d’une société où règnent les valeurs de transparence et d’intégrité». On en est encore très loin. Et bien qu’active et assez bien médiatisée, TM ne peut pas lutter toute seule contre ce fléau. De plus, face à ce phénomène aux dimensions tentaculaires, l’action associative doit être ciblée et optimisée. Pour l’heure, le projet de loi contre la corruption, qui est à l’étude au ministère de la Modernisation des secteurs publics, focalise l’attention de TM. «Nous pensons que ce projet doit faire l’objet de concertations et de débats au sein de la société civile. Il est impératif de communiquer le plus possible sur ce texte afin qu’il soit connu de tous», souligne Akesbi. Paralysant l’investissement, l’emploi et par conséquent l’économie en général, la corruption représente un frein au développement. Un récent sondage montre que la corruption est perçue comme un obstacle au développement des entreprises (94% des sociétés sondées). Elle est également un des plus grands problèmes du Maroc (87% des ménages sondés). Quant aux motifs de persistance de ce fléau, 51% des sondés pensent que c’est à cause du coût élevé de la vie, tandis que 33% l’expliquent par un manque de sanctions. L’absence de conscience vient en dernier lieu avec 20% des réponses. Face à cela, TM appelle les pouvoirs publics et tous les acteurs concernés «à s’engager d’urgence dans l’élaboration et la mise en place d’une stratégie nationale de lutte contre la corruption». A cet effet, l’ONG propose un manifeste de 15 mesures de lutte contre la corruption, pour servir de base «de dialogue afin d’initier une dynamique et une mobilisation nationale contre le phénomène de la corruption», indique son secrétariat général. Le tout conjugué à une réforme profonde de l’appareil judiciaire. Par ailleurs, TM recommande également la mise en place de mesures destinées à assurer l’application de la convention des Nations unies de lutte contre la corruption. «Il s’agirait d’une mesure supplémentaire pour verrouiller le système réglementaire», ajoute Akesbi. C’est qu’il y a urgence. La dégringolade du Maroc dans le classement de Transparency International dénote d’une flagrante inefficacité du système de lutte existant. Le pays est passé de la 52e place en 2002 à la 70e en 2003 pour tomber à la 77e cette année. Autant dire que la pente sera dure à remonter. Naoufal BELGHAZI

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