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Economie

Histoires d’écoles sous la neige

Par L'Economiste | Edition N°:1932 Le 05/01/2005 | Partager

. Les petits élèves ne résistent pas au froid glacial. Peu de classes chauffées… aux poêlesBonnets ou foulards, plusieurs pulls à la fois, bottes en plastique et quelques rares djellabas, la logistique des élèves de l’école de douar Ikouirne de la commune rurale Serghina relevant de Boulemane semble bien modeste en ce froid glacial. A environ 1.500 mètres d’altitude dans le Moyen Atlas, les mois de décembre, janvier et février sont les plus rudes de l’année. A l’intérieur de la salle de classe, les lèvres gercées, les pommettes rouges, les nez qui coulent et les doigts tremblotent. Pourtant, il est déjà dix heures et quelques rayons de soleil commencent à chauffer les lieux. “Le froid est insupportable, surtout pour les petits élèves de la première année. Quand ils viennent à 8h30 du matin, certains pleurent de froid”, avance l’un des trois enseignants de cette école. Pour ce dernier, la communication avec les élèves dans de telles conditions est pratiquement impossible. Pour certains élèves qui habitent dans les villages voisins, la tâche est encore plus pénible. Arriver à l’école à l’heure le matin relève du miracle. Deux kilomètres de chemin couvert de neige à parcourir, par un froid de loup et avec des vêtements de fortune. “C’est très dur. J’ai tellement froid que je ne peux pas tenir mon stylo pour écrire. Mes mains sont gelées. Je ne sens plus mes doigts”, confie Khadija, une élève du troisième. Les élèves de l’école Ksar El Jadid de douar Aït Ben Moussa, également à la commune de Serghina, ont un peu plus de chances. Les salles sont heureusement équipées de poêles. Les élèves sont regroupés autour du petit outil de “luxe” afin de se procurer un peu de chaleur. L’association des parents d’élèves fournit un peu de bois pour le chauffage. Les élèves aussi participent avec de petits morceaux quand ils le peuvent. “Mais cela reste très insuffisant. Le poêle ne peut pas chauffer toute la salle. Du coup, il faut rompre le cours trois ou quatre fois par séance pour donner aux élèves le temps de se chauffer. Cela joue sur la qualité de l’enseignement”, assure un enseignant. “L’apprentissage est relégué au second plan. Les élèves n’attendent que la pause réchauffement”, ajoute-t-il. Dans ces écoles, les élèves suivent ce qu’on appelle des cours combinés. A cause de leur petit nombre, l’enseignant est contraint de regrouper les élèves de deux niveaux scolaires dans une seule salle. Pendant que les élèves d’une classe suivent les explications, les autres doivent faire de la lecture ou résoudre un exercice. “C’est très délicat. A mon avis, c’est un système qui ne donne pas de bons résultats, d’où le niveau très moyen des élèves. Mais on n’a pas le choix”, explique un enseignant. Les élèves reçoivent le déjeuner à l’école. Des féculents, des sardines en conserve et rarement du fromage. Les viandes ne figurent jamais au menu. A Aïn El Khatem, un douar isolé dans la montagne, à 36 km de Boulemane, ce sont les familles des élèves qui s’occupent, à tour de rôle, de la préparation des repas. Ils se chargent également de fournir le pain aux enseignants. Cependant, les parents se plaignent du taux d’absentéisme de ces derniers. “Les vacances sont souvent prolongées”, s’insurge un parent d’élève. “Ceux qui ont de la famille ailleurs envoient leurs enfants chez elle. Mais, certains élèves n’ont pas pu suivre à cause de leur niveau très bas par rapport aux autres”, ajoute-t-il.


Les TP ont «déneigé» 400 km de routes

. Conducteurs d’engins et techniciens ont travaillé jour et nuit pendant une semaine. La ville de Boulemane “ignorée” Presque une semaine a été nécessaire pour déneiger les routes de la région de Boulmane. Les travaux de déneigement ont commencé samedi 25 décembre à 18 heures immédiatement après le début de la tempête et ont pris fin vendredi 31 décembre. Quelque 400 km de routes au total ont ainsi été débarrassées de leur neige. La route reliant Midelt à Fès via Boulemane a représenté l’axe principal des travaux de déneigement, vu son importance dans le trafic reliant l’est du Royaume à l’ouest. Longue de 120 km, elle était ouverte aux usagers après deux jours. La route de 62 km reliant Boulemane à Missour a représenté également un axe principal dans le schéma des travaux de déneigement. Une équipe d’une trentaine de personnes dont six conducteurs et quatre techniciens ont travaillé jour et nuit pour ouvrir ces axes. “Nous étions en guerre contre la neige. Nous travaillions en deux équipes. Chacune travaillait 24 heures. Le conducteur de “l’unimog fraise”, la machine surnommée la dévoreuse de neige, a travaillé six jours sans arrêt parce qu’il était le seul capable de conduire cet engin”, indique le subdivisionnaire par intérim de la Subdivision de l’équipement de Boulemane. Pour faire face aux périodes de crise, la Subdivision de Boulemane possède uniquement deux camions, une niveleuse et une unimog fraise. “Le matériel et l’effectif sont insuffisants et les engins sont vieillissants. Lors de cette tempête, un des deux camions et la niveleuse sont tombés en panne. Nous avions eu un renfort de la ville d’El Hoceïma et de Chefchaouen”, ajoute le subdivisionnaire par intérim. Selon ce dernier, cette tempête a été la plus forte depuis 1994. La journée du lundi a été la plus rude et la plus pénible. Aucun véhicule n’est passé pendant cette journée à cause de la tempête.Ce technicien assure également que la Subdivision s’occupe uniquement des grands axes. “Ni les pistes et ni les rues de Boulemane ne sont de notre ressort”, indique-t-il. Pour Mohammed Kenzi, membre de la Municipalité de Boulemane, “c’est une aberration que de laisser la ville de Boulemane dans un état désastreux alors que les engins sont aux repos dans l’entrepôt de la Subdivision”. “Aussi, d’autres citoyens sont enclavés jusqu’à présent dans leurs douars lointains, souffrant du froid et de la faim, sous prétexte que ce n’est pas du ressort de la Subdivision de l’équipement de Boulemane”, ajoute-t-il.M. A.

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