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Gouvernance, qu’est-ce et que fait-elle?

Par L'Economiste | Edition N°:2081 Le 08/08/2005 | Partager

. Avons-nous mis le doigt là où nous avons le plus mal? . Polémique pouvoir/économie: une dichotomie vide de sens mais dangereuse . Avec la personnalisation du débat, le sentiment d’arbitraire est consolidéAvons-nous mis le doigt là où nous avons le plus mal? Avons-nous raison d’avoir mal là? La question de la gouvernance a provoqué, il y a quelques semaines, de violentes polémiques entre les sphères du pouvoir et le monde économique, et au sein même des milieux d’affaires. Dans son discours du Trône, SM le Roi en a fait le seul moyen de faire un levier de développement». Nous ferons de la bonne gouvernance le mécanisme idoine pour favoriser l’émergence de la citoyenneté dans son acception la plus parfaite».. Paresse ou tabou?Mais la manière dont se déroule ce débat-polémique en dit autant que le sujet en lui-même. C’est une question fondamentale de la pratique de la démocratie et la gestion de la société. Par exemple, ce n’est pas un hasard si la démocratie à l’anglaise accorde autant d’importance à la méthodologie du débat que le débat lui-même. Pour l’instant, la polémique a plutôt été personnalisée et polarisée: pouvoir d’un côté et le monde des affaires de l’autre. Si bien que paradoxalement, en voulant en parler, il n’y a pas une «bonne gouvernance» du débat, ni un espace d’échange serein sans que personne, ni aucune entité institutionnelle ne se sente attaquée. La paresse intellectuelle peut également expliquer ces dérives navrantes. . Craintes et recul de la libertéPlus gênant est ce risque de faire du sujet un tabou, donc de favoriser ce sentiment d’arbitraire. Plus, la manière dont le patron des patrons a été pris à partie risque de décourager les débats d’idées, alors que le Maroc en manque cruellement. Que peuvent penser les gens? “Comment oser parler après ce que Chami a subi?” ou bien “Rien n’a changé, attention aux critiques que tu exprimes!” La crainte de représailles est un recul des libertés. Parler de gouvernance deviendrait-il une question de courage? Quel contresens puisque l’une des exigences de la bonne gouvernance c’est le débat contradictoire! Fort heureusement, ce n’est pas le cas: en général, lorsqu’on leur demande leur opinion, nos interlocuteurs répondent. Il est vrai que le discours du Trône, abordant la question sous l’angle de la corruption, a quelque peu nuancé les propos gouvernementaux de Sahel et de Ali Al Himma.Deuxième sujet à l’intérieur du sujet: qu’est-ce qui importe vraiment, mettre au clair les règles du jeu ou dire qu’il y en a? Ou troisième option, qui est peut-être la bonne: nous fabriquons nos règles de gouvernance au fur et à mesure que nous résolvons les problèmes et il ne nous manque que l’idéologue, le politicien, le sociologue… qui tirera la «jurisprudence» de ce qui a été fait, pour établir la règle à postériori.. Un mot mais de nombreux sensEt pour cela, il faut de la transparence, ce qui manque. Les «déficits en gouvernance» demandent une réflexion commune et non pas un «c’est la faute à cette partie ou autre du système». Ces raisonnements diluent justement les responsabilités et permettent de préserver les privilèges.Qu’est-ce la gouvernance, la «bonne gouvernance»? Terme repris par la Banque mondiale à partir des années 80, il deviendra à la mode depuis. Pour l’Institution de Bretton Woods, «si la gouvernance publique est l’exercice de l’autorité au nom de la population, alors la bonne gouvernance est l’exercice de cette même autorité, de manière à respecter l’intégrité, les droits et les besoins de tous au sein d’un Etat». Est-ce une impérieuse nécessité pour le développement? Une idéologie, une théologie, ou un vrai outil? Est-ce comme le pense le socialiste, secrétaire d’Etat à la Jeunesse Mohamed El Gahs, «une idéologie ultralibérale exportée à travers le monde»? Est-ce «la construction de l’économie de marché», comme le pense le Président de la Fédération des PME? Ou «moyen d’assurer le bien-être du citoyen» (Nezha Lahrichi) On le voit, la question va bien plus loin que les échanges de propos désagréables entre quelques personnes.


Mesurer la gouvernance

Les dernières définitions de la Banque mondiale et qui permettent de mesurer les composantes de la gouvernance sont les suivantes:1. Etre à l’écoute et rendre compte - mesure les droits politiques, civils et les droits de l’homme2. Instabilité politique et violence - mesure la probabilité de menace de violence contre les gouvernements, voire la probabilité de leur renversement, y compris le terrorisme3. Efficacité des pouvoirs publics - mesure la compétence de la bureaucratie et la qualité de la prestation du service public4. Fardeau réglementaire - mesure l’incidence de politiques non favorables au marché5. Etat de droit - mesure la qualité de la mise en application des contrats, la police et les tribunaux, y compris l’indépendance du judiciaire, et l’incidence de la criminalité6. Maîtrise de la corruption - mesure l’abus des pouvoirs publics à des fins lucratives, y compris la grande et la petite corruptions (et le détournement des biens de l’Etat par les élites).Mouna KADIRI

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