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Politique

Forum pour l’avenir
Monde arabe: Aucune logique de développement sérieuse

Par L'Economiste | Edition N°:1916 Le 14/12/2004 | Partager

. La gouvernance: la clé d’un vrai décollage…. … impossible sans la volonté des gouvernements et la légitimation des contre-pouvoirs Il y a faire et bien faire. C’est simple, mais c’est ce qui fait que pour deux régions à même potentiel, l’une se retrouve en tête des pays en développement (Asie du Sud-Est), et l’autre traîne des déficits sociaux et économiques toujours plus graves (Moyen-Orient et Afrique du Nord). C’est la gouvernance qui fait la différence. Et le déficit en la matière dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord élargie est très important.La Banque mondiale a publié de nombreux travaux sur la question dans la région, sans pouvoir susciter suffisamment d’attention pour déployer des programmes concrets. “Si la gouvernance publique est l’exercice de l’autorité au nom de la population, alors la bonne gouvernance est l’exercice de cette même autorité de manière à respecter l’intégrité, les droits et les besoins de tous au sein d’un Etat”, écrit la Banque mondiale dans l’un de ses récents rapports. Et c’est là tout le problème des pays du monde arabe: le processus qui garantit le respect des droits et devoirs de chacun est clairement défaillant. “Ce n’est pas un hasard si cette région est celle qui possède le moins de données empiriques sur la qualité de la gouvernance. Normal, c’est la région où les gouvernements sont les plus centralisés de tous les pays en voie de développement”, relève la Banque.Dans les années 80, la moyenne annuelle de la croissance économique par habitant a été de 0,9%, “un niveau inférieur à celui de l’Afrique subsaharienne. La productivité est en chute depuis 3 décennies. Mais le facteur le plus troublant reste la volatilité de la croissance”. En effet, les évolutions économiques et même sociales sont erratiques. Les simulations des experts de la Banque montrent que si Mena avait pu atteindre une qualité moyenne d’administration du secteur public comparable par exemple aux pays performants de l’Asie du Sud-Est, ses taux de croissance auraient été plus élevés de près d’1% par an. Et si la région avait évolué économiquement comme la Hongrie, la Malaisie et les autres pays sur ces 15 dernières années, les revenus moyens auraient été au moins deux fois supérieurs à ce qu’ils sont maintenant. Mais il n’est rien de tout cela aujourd’hui. Le gaspillage en énergie, en revenus et en temps, et l’absence d’évaluations probantes sont toujours de mise. D’autant que les volontés des gouvernements ne vont pas toujours dans le sens de l’amélioration de la gouvernance, qui est un gage de démocratisation. Au contraire, l’origine du fossé entre Mena et les pays d’autres régions qui se sont vite relevés est la défaillance de gouvernance. La région Mena est dernière en termes de qualité de gouvernance globale. Cet indice mesure la qualité de l’administration et la responsabilisation publique. En termes de qualité de l’administration, la région Mena suit de près ses “homologues mondiaux” à un niveau légèrement inférieur. Mais, “à quelques exceptions près”, les pays de la région Mena ont en moyenne une administration publique d’une qualité inférieure à ce qu’elle devrait être pour leur revenu. La performance est mesurée à l’aune de l’efficacité de la bureaucratie, le respect des règles de droit, la protection des droits de propriété, le niveau de corruption, la qualité des réglementations, et les mécanismes de responsabilisation interne. Mais là où l’écart est très profond, c’est dans la responsabilisation publique. C’est-à-dire du degré d’ouverture des institutions publiques, la participation, le respect des libertés civiles, la transparence du gouvernement et la liberté de la presse. Quand, dans le reste du monde, la qualité de la responsabilisation publique augmente proportionnellement à la hausse des revenus, pour certains pays les plus riches de la région Mena, le retard est encore plus important comparé à des pays à revenu similaire. Dans cette région, plus les pays sont riches, plus le fossé s’élargit… Cherchez le hic.


Où en est le Maroc?

Selon les observateurs, les progrès du Royaume en matière de gouvernance sont énormes, même s’ils n’ont pas respecté une évolution linéaire. Mais cela ne veut pas dire que nous sommes au bout de nos peines. Dans un ouvrage dédié à la gouvernance, une armada d’experts se sont essayé à traiter la question. “Le trend sur ces 25 dernières années nous a emmené d’un système très étatisé vers un système nettement plus libéral”, dit un analyste. Mais cette évolution ne veut pas dire que nous avons gagné les galons de la gouvernance. Autant les progrès démocratiques sont évidents, autant “il y a un affaissement dans le niveau d’exigences de la gestion publique”. “Ce n’est pas banal, puisque cette contradiction souligne que les progrès de la liberté modelant un Etat nouveau vont avec un recul de la transparence, donc de la qualité de la gestion étatique”(1). (1) Gouvernance et conduite de l’action publique au XXe siècle, sous la direction de Ali Sedjari, Editions L’Harmattan-Gret, 2003.


Une gestion budgétaire inadaptée à la réalité

Le cas de la gestion budgétaire illustre bien le grand problème de gouvernance de la région. “Les gouvernements de la région Mena ont typiquement mis l’accent sur une gestion budgétaire traditionnelle qui lie les budgets annuels à des plans étalés sur plusieurs années, utilise l’analyse coûts-rendements et met en place des contrôles financiers”, explique la Banque mondiale dans son rapport sur la gouvernance dans la région. Finalement, ces politiques sont peu orientées sur les performances et leurs évaluations. Alors que le système devrait inclure des dispositions comme le recrutement et la promotion “basée sur le mérite des fonctionnaires chargés de l’exécution du budget”, l’autonomie dont les agences à haute performance ont besoin et la compétitivité des salaires, “qui sont tous indispensables dans la bonne responsabilisation interne et les systèmes de gestion de la performance”. Ces systèmes appelés par les experts de responsabilisation interne devraient, au sens de la BM, être complétés par des mécanismes de responsabilisation externe. “Cela est particulièrement vrai pour les services qui font intervenir un grand nombre de transactions personnalisées, tel l’enseignement ou la délivrance de documents officiels, pour lesquelles un contrôle centralisé n’est ni pratique ni efficace”. Il faut dire que la budgétisation axée sur la performance “comme un moyen d’accroître la responsabilisation et la performance du gouvernement” n’a été appliquée aux Etats-Unis que dans les années 60. Il faudra attendre longtemps avant qu’elle ne soit universellement adoptée, relèvent les experts. Un haut responsable au ministère des Finances du Maroc ne serait que trop d’accord avec ce que dit la BM. “Nous avons un grand problème d’évaluation des politiques publiques”, explique-t-il. Pour le financier, pouvoir évaluer l’impact de ces politiques sur les populations cibles est, ni plus ni moins, une question de démocratie. “Cela détermine les conditions de l’efficience des politiques adoptées. Et il faut aussi savoir comment l’usager mesure cet impact”. C’est cela la bonne gouvernance vue des bureaux du ministère des Finances.Mouna KADIRI

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