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Politique

Davos: Le star-system marchera-t-il?
De notre envoyée spéciale, Nadia SALAH

Par L'Economiste | Edition N°:1948 Le 31/01/2005 | Partager

. Aide au développement: L’intention c’est bien, l’action c’est encore mieux!. Sharon Stone lève un million de dollars en une poignée de minutes La question était: combien de temps Klauss Schwab, le fondateur du Forum de Davos, va-t-il tenir toutes les vedettes du show-business qu’il a invitées? La réponse est: un peu moins de 24 heures. Vendredi 28 janvier, lors d’une séance plénière consacrée à l’aide au pays en voie de développement, Sharon Stone s’est levée, a pris la parole sans y être invitée (du moins apparemment). Elle a expliqué qu’elle avait besoin de seulement un million de dollars (ce qui fait tout de même quelque 10 millions de dirhams) pour acheter des moustiquaires pour réduire le risque de paludisme, en Afrique et en Asie. L’actrice, si belle dans son attitude d’indignation contenue, a indiqué qu’elle mettait personnellement 10.000 dollars et qu’elle resterait debout en attendant que suffisamment de participants se lèvent pour dire combien ils donnaient, eux aussi. Dix, quinze... personnes se sont levées. Le total annoncé était de 1 million de dollars, en une toute petite dizaine de minutes.Le lendemain samedi, oh surprise, un SMS de Sharon Stone! Elle voulait multiplier la mise et surfer sur le mouvement qu’elle avait créé la veille en séance. Combien d’argent sera confirmé? Combien sera effectivement versé? Bonne question dont ceux qui s’occupent d’ONG connaissent la navrante réponse.Cette anecdote dit assez bien la méfiance qu’il y a autour des intentions affichées lors du Forum économique mondial qui s’est terminé hier à Davos, célèbre station suisse. Faire tout de suite, sinon les politiciens vont encore oublier leur promesse. Pourtant, comment se défendre du sentiment que ceci est peut-être encore à côté de la plaque?  En effet, alors que les politiciens ont rivalisé, dans leurs discours, pour venir en aide à l’Afrique, et que le star-system y est allé de son propre pouvoir de conviction, il reste une série de questions posées et partiellement résolues lors des ateliers des «entrepreneurs sociaux». Certes, ils sont un peu à l’écart mais moins que «l’open forum» où sont conviés les esprits d’opposition, comme cette ONG qui milite pour que les entreprises payent scrupuleusement leurs impôts.Les entrepreneurs sociaux sont une initiative récente, trois ans, des époux Schwab, les fondateurs du Forum. Il s’agit de donner de la visibilité et surtout des contacts à des hommes et à des femmes qui se sont investis dans des activités sociales et les ont rendues efficaces.Ce mouvement fait découvrir les règles de les sortir de crise pour les vrais pauvres, à qui veut bien s’intéresser à la question. Plusieurs ateliers ont été consacrés à cette question: il ne s’agit pas de donner, il s’agit d’aider à l’intégration, ce qui demande en réalité un investissement bien plus important. Burgmann, le directeur exécutif d’Unilever, explique ce qu’il a appris de l’investissement social. «Il y a trois règles incontournables: la qualité des produits, la taille adaptée et la distribution efficace». Ce faisant, il combat, pied à pied, l’idée que l’on puisse produire de la qualité moyenne ou médiocre, sous prétexte qu’elle est destinée aux pauvres. «Les pauvres savent mieux que les autres reconnaître la qualité car justement ils ont très peu à dépenser».Quant à la taille du produit, nul besoin de faire un dessin, c’est une question que l’on connaît parfaitement au Maroc, l’expérience mondiale est exactement la même que la nôtre. Pour la distribution, le Maroc est aussi en phase, à la différence près qu’il n’a pas encore mis en oeuvre ce qu’il a appris, à savoir qu’une distribution efficace est le moyen de faire baisser les prix de revient pour élargir le nombre de personnes qui pourront avoir accès à une meilleure consommation, même si elle est très petite.A propos du microcrédit, comme il fallait s’y attendre, la question est venue: «pourquoi vos taux d’intérêt sont-ils si élevés?» avec, bien sûr, un reproche dans la formulation comme dans la voix. C’est classique, ou plutôt c’est la question -et la critique- que font tous ceux qui ne savent rien de la vraie pauvreté et qui ne font que l’imaginer dans leur bureau ou dans leur salon.Dans tous ces dons, dans toutes ces politiques généreusement annoncées lors du Forum de Davos, combien partent de bonnes intentions, mais ne savent rien de la réalité et qui risquent peut-être de faire autant de mal que de bien?


Deux Marocains et demi!

 A Davos, le Maroc n’a jamais été aussi peu représenté. Mourad Chérif, directeur général du «premier groupe mondial des phosphates et dérivés» (c’est ainsi que l’OCP est présent dans les tablettes du Forum de Davos, ce qui est parfaitement exact), s’est fait excuser. Khalid Oudghiri, président de Attijariwafa bank, n’est resté que deux jours sur les cinq; il devait partir précipitamment pour la Libye, où sa banque ouvre une agence. Ne sont restés «que» le conseiller du Souverain, André Azoulay, et l’auteur de ces lignes... «pour vous servir», comme dit la formule.Au total donc, deux Marocains à plein-temps, plus un à temps partiel. C’est bien peu pour un pays qui a (encore) une bonne image sur les droits de l’homme et la démocratisation, qui a une image trouble pour le terrorisme et la drogue, mais qui a disparu des écrans radars pour les affaires, le commerce, les joint-ventures, les investissements, la Bourse... et tant de choses encore. «Un petit pays avec une petite croissance», dit notre voisin, un Norvégien qui travaille dans le pétrole.André Azoulay, que cette image désole, se dépense pour faire flotter le drapeau autant de fois que possible. Grâce à ses conctacts, vieux de presque deux décennies au Forum de Davos, il a réussi à promouvoir les investissements au Maroc lors d’un dîner. Son tour de force a été de faire asseoir à sa table des directeurs exécutifs aussi sollicités que les CEO du pétrolier BP, d’Unilever, des banques ING, UBS, Deutzbank ainsi que quatre ou cinq autres patrons de cette envergure.Naturellement, Azoulay a, à son tour, été sollicité pour le dialogue palestino-israélien, qui s’est tenu pendant trois jours pleins dans les coulisses de Davos. Tout ceci était très discret, mais il y a un signe qui ne trompe pas: les confrères journalistes, dès qu’ils apercevaient le mot «Morocco» sur mon badge, n’avaient qu’une question à la bouche: «Where is Conseiller Azoulay». Et les voilà en train de me raconter des fariboles sur leur supposée intimité avec le conseiller, pour que je leur fournisse des coordonnées. 


L’Egypte sur les radars

Le Premier ministre le dit; le fils de Moubarak (qui vaut mieux que sa réputation de «fils de») le dit; les nombreux patrons égyptiens présents à Davos le disent encore et toujours: «Remettez l’Egypte sur les radars».Pour des oreilles marocaines, cela sonne assez mal, mais après tout nous l’avons bien cherché, nous ne sommes nulle part, ni en organisation, ni en nombre. L’Egypte prend ce qui aurait dû être notre place, après tout ce qui s’est dit des réformes économiques, politiques du Maroc depuis dix ans. L’Egypte en profite; à Davos, elle n’a pas de concurrence car les EAU et l’Arabie saoudite jouent dans une autre catégorie. Le Caire a envoyé du beau monde et du monde nombreux, y compris le fils du président, héritier putatif du pays, qui continue à porter le nom de République. Gamal Moubarak, 32 ans, formation occidentale, politesse orientale, est un homme important et puissant, en tant que fils et en tant que numéro 1 du parti. Mais ce sera sans doute une erreur de s’en tenir là. L’homme vaut plus que cela: il a les idées claires sur ce qu’il faut faire, ne se fait pas faute de dire qu’une nouvelle génération est au pouvoir (même si ce n’est pas encore tout à fait vrai partout). Ce qu’ils disent, lui et le Premier ministre Mahmoud Nazif, c’est que les idées nassériennes sur la gestion de la chose publique sont maintenant hors circuit. Nazif n’est pas non plus le premier venu en matière de réussite de réformes: il y a quelques années, en tant que chargé des télécoms, il s’était battu «contre presque tout le monde» pour rendre libres les connections Internet, raconte un businessman.En un an, explique le Premier ministre, les impôts et les droits de douane ont été considérablement abaissés, y compris un impôt sur le capital, qui a été pourtant la bannière populiste du système, même si finalement beaucoup de redevables y échappent. Hormis cet impôt sur le capital, les taux égyptiens sont maintenant inférieurs à ceux du Maroc. Il faudra y prêter attention, d’autant plus que nous avons un accord de libre-échange... «oh, c’est vrai!?» s’exclame un des grands patrons égyptiens: le Maroc n’était peut-être pas assez sur les radars pour qu’il l’ait remarqué. En tout cas, après le grand coup frappé par Le Caire à Davos, l’Egypte, elle, y est sur tous les radars.

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