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Economie

Compétitivité territoriale
40% du PIB sur 1% du territoire

Par L'Economiste | Edition N°:1667 Le 22/12/2003 | Partager

. L’axe Tanger-Safi, premier pôle de développement. Les provinces arides et montagneuses laissées-pour-compte. L’agriculture, l’activité principale par défaut dans plusieurs régionsL’analyse de la compétitivité territoriale confirme l’existence de gros déséquilibres entre régions. Et les chiffres sont encore plus alarmants qu’on ne l’aurait imaginé. Cela devrait donner à réfléchir aux initiateurs de la politique de régionalisation.Premier constat: la production nationale est concentrée autour des grands pôles économiques. Sans surprise, le Grand Casablanca réalise le meilleur score, que ce soit en termes de PIB par habitant ou de PIB par km2. De plus, près de 40% de la richesse nationale sont concentrés sur 1% du territoire, y compris les aires rurales. Plus grave, 77% du territoire contribue pour 10% à la valeur ajoutée nationale seulement. Enfin, les activités restent fortement concentrées sur le littoral, de Tétouan à Agadir. Plus précisément, c’est l’axe Tanger-Safi qui abrite l’essentiel des implantations littorales et constitue donc le premier pôle de développement du pays. L’étude réalisée par le cabinet Ingérop, mandataire de la direction de l’Aménagement du Territoire, s’est appuyée sur au moins trois critères. Sur la base de la compétitivité globale (ou PIB régional), elle décline un premier groupe de provinces leaders autour des principaux pôles de développement. Ce groupe, constitué du Grand Casablanca, Rabat, Tanger, Fès, Marrakech, Meknès et Agadir et de leurs régions respectives, produit 48% du PIB sur une superficie de 2% du territoire et compte 9 millions d’habitants, dont 90% d’urbains. Le deuxième groupe génère 24% du PIB sur une superficie de 7% du territoire et compte près de 7 millions d’habitants dont près de 50% d’urbains. Il est constitué de pôles urbains relais comme Tétouan, Kénitra, Oujda, El Jadida, Safi, Khouribga et Settat. Le troisième groupe, 7 millions d’habitants dont 30% d’urbains, produit 17% du PIB sur 14% du territoire. D’après les experts, c’est le seul groupe hétérogène puisqu’il comporte des pôles urbains dynamiques tels que Nador et des villes en crise comme Jerada. Enfin, le quatrième groupe, de Laâyoune à Smara, est dominé par des provinces arides ou montagneuses, à faible potentiel de développement économique.. ParadoxesPour affiner l’analyse, l’approche des performances globales a été complétée par deux autres critères, la spécialisation régionale et les productivités par secteur.Deux paradoxes ressortent du classement, selon la spécialisation agricole et le niveau de productivité. Pour Casablanca, l’on trouve des productivités et des densités spatiales de production élevée mais avec une faible spécialisation. Idem pour Tanger, Rabat ou Fès. «En fait, ce paradoxe n’est qu’apparent car il s’agit de grandes agglomérations urbaines, offrant un marché attractif pour les activités maraîchères périurbaines fortement rémunérées», expliquent les auteurs du rapport. A l’opposé, la position de Taounate, Azilal ou Zagora traduit un fort retard de développement avec des densités très faibles. «Ces régions, sans avantages agricoles, n’ont pas pu développer des activités alternatives dans l’industrie ou les services», est-il précisé. Quant à l’attractivité rurale dégagée par des provinces comme Al Hoceïma, Chefchaouen ou Taounate, elle s’explique surtout par l’importance des «cultures clandestines» dans la région, en particulier le cannabis.A partir de ces trois critères, le rapport déduit que l’agriculture marocaine est, en grande partie, destructurée et sous-optimale. «Il n’y a pas d’adéquation entre les avantages et les dotations d’un côté, et la spécialisation de l’autre», constatent les experts. Dans de nombreuses régions et faute d’alternative, l’agriculture se maintient comme activité principale, sans être en mesure d’insuffler de la croissance.En revanche, pour l’industrie, l’analyse régionale révèle une adéquation entre spécialisation et performances. Ainsi, tous les grands pôles urbains, à l’exception de Rabat et Marrakech, dégagent une forte spécialisation et une productivité élevée. La capitale présente une productivité acceptable mais ne dégage pas une vocation industrielle prioritaire, car les services prédominent. La situation de la ville ocre est plus critique car ses performances de productivité sont faibles alors que l’emploi industriel y est relativement important. Parmi les centres les plus performants, Casablanca bien sûr, mais aussi El Jadida et Safi, qui bénéficient toutes deux de la présence de l’industrie des phosphates. Tan Tan figure également dans ce groupe, grâce aux industries de la pêche et en dépit de la modestie des volumes traités. A noter que ce groupe présente des avantages compétitifs à l’échelle internationale.Parmi les paradoxes relevés par l’étude, le cas de Jerada, qui présente de fortes productivités mais une spécialisation limitée. Et pour cause, cette province tire son activité industrielle des activités minières qui sont destinées à disparaître à court terme.


Les points saillants

Des constantes se dégagent de la compétitivité territoriale, quels que soient les critères retenus: • Le rôle économique dominant de Casablanca. Des provinces-relais comme Tanger, Fès, Meknès, Marrakech et Agadir offrent des pôles économiques nationaux.• Le statut du «Grand Rabat» reste plutôt ambigu. Ce pôle de développement talonne souvent Casablanca. Il peut être considéré comme une extension du premier pôle de développement du pays.• La région nord-orientale reste confrontée à des contraintes de zone périphérique, frontalière et de restructuration industrielle et minière.• Les provinces sahariennes sont faiblement peuplées mais bénéficient parfois de ressources (pêche, phosphates…) et de transferts importants.• El Jadida et Safi sont marqués par la filière phosphatière et tirent des avantages internationaux conséquents.• Importance des pôles relais tels que Tétouan, Berkane et Kénitra.• Des territoires «interstitiels» abritent des centres urbains de taille moyenne et restent marqués par une forte ruralité.Mouna KABLY

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