×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Affaires

    Comment l’Inde et la Chine ont séduit la high tech américaine

    Par L'Economiste | Edition N°:1911 Le 07/12/2004 | Partager

    Lynn Foster, directeur des Technologies émergentes au cabinet de propriété intellectuelle Greenberg Traurig en Californie, nous livre ses premières impressions. Il pense que le Maroc peut concurrencer l’Inde et la Chine sur la Sillicon Valley, à condition de repenser sa politique de promotion. - L’Economiste: Quelle impression retiendrez-vous de votre visite et quel est son objectif? - Lynn Foster: J’ai été agréablement surpris. Quel écart entre le sensationnalisme de la presse mondiale et la réalité sur le terrain! Le Maroc est un pays de paix, de tolérance et surtout d’ouverture. La chaleur et la sincérité de l’hospitalité nous ont, mes collègues et moi, tout de suite mis à l’aise. Elles ont balayé toute appréhension que nous avions avant notre arrivée. Mon objectif principal est d’évaluer le niveau de capacité de recherche au Maroc en termes de technologie bien évidemment. Je précise bien “la capacité” et non le volume. Nous sommes en quête de chercheurs enseignants dirigeant des équipes de doctorants et ayant des niveaux avancés dans les sciences fondamentales: physique, chimie et mathématiques. - Quel potentiel voyez-vous en termes de développement technologique?- Grâce à ce forum, nous avons pu rencontrer des équipes de recherche qui ont accompli un excellent travail avec très peu de moyens. Ce qui prouve que l’innovation va au-delà des moyens financiers. Je pense qu’il existe au Maroc, entre les écoles et instituts (NDLR: EMI, ENSIAS, INPT…), des équipes de chercheurs qui peuvent travailler en tandem avec des entreprises américaines et qui peuvent recevoir des financements américains de la recherche à travers celles-ci.- Mais pour l’instant, la Sillicon Valley se tourne plutôt vers l’Inde et la Chine…- Les entreprises américaines sont entièrement tournées vers ces pays, non pas que les capacités n’existent pas ailleurs -le Maroc en est la preuve- mais surtout parce qu’ils ont une politique de communication et de promotion intelligente de leurs capacités technologiques.- Comment le Maroc peut-il s’inspirer de la stratégie de ces pays?- Je pense que le modèle de communication et de promotion qu’ont utilisé la Chine et l’Inde ne constitue que la moitié de leur stratégie. L’autre moitié, souvent invisible, est l’implication des institutions financières de ces pays dans des fonds actionnaires de sociétés technologiques à la Sillicon Valley. Ce n’est qu’en siégeant aux conseils d’administration de celles-ci que certaines ont sérieusement considéré l’Inde ou la Chine. Tout dirigeant veut faire plaisir à ses actionnaires et ses administrateurs. Bien sûr, cette approche est un processus qui donne des fruits à long terme, sur dix, vingt ans. Une success-story en attire une autre.- Reste à résoudre le problème du financement…- Le financement de la recherche en lui-même n’est pas le problème. Le vrai problème est d’identifier le marché auquel va s’adresser cette recherche et le cahier des charges assigné aux chercheurs. Il faut inverser les rôles et partir des besoins réels du marché. Les chercheurs doivent par exemple focaliser leur énergie à travailler sur des algorithmes qui révolutionneront les prochains routeurs de Cisco. Une fois que les travaux aboutissent, Cisco ou un de ses concurrents, sera immédiatement présent avec un gros chèque pour le financement de ces travaux. C’est le business qui cherche l’idée et non l’idée à la recherche du business, comme on dit chez nous. Je reste malgré tout optimiste car l’homme est le même à travers le monde, il est toujours en quête d’innovation et d’amélioration. Les idées qui viennent à l’esprit d’un chercheur marocain ont leur place au niveau mondial au même titre qu’un autre chercheur, quelle que soit sa nationalité ou sa culture.- Lynn Foster est à la fois manager, consultant, conseiller, entrepreneur et intervenant dans les conférences et les universités sur les thèmes relatifs à la nanotechnologie. Il a occupé pendant des années le poste de federal grant manager (manager des subventions fédérales) au sein de l’armée américaine. Il a à son actif plus de 10 ans d’expérience dans le processus d’octroi des subventions fédérales.Lynn Foster travaille actuellement pour le compte du cabinet juridique Greenberg Traurig. Grâce à une équipe de plus de 1.280 avocats et professionnels, Greenberg Traurig fournit des solutions intégrées pour ses clients dans le monde entier. Le cabinet combine l’expérience légale, gouvernementale et d’affaires. Propos recueillis par Aziza EL AFFAS

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc