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    Economie

    Assises nationales du tourisme
    La formation continue tourne au fiasco

    Par L'Economiste | Edition N°:1912 Le 08/12/2004 | Partager

    . Peu d’engouement pour les programmes sectoriels. Le contenu est trop théorique, critiquent les professionnels. Seules 40 entreprises sur 600 potentielles ont adhéréLa formation continue dans le secteur hôtelier ne semble pas attirer grand monde. Parmi les 100 entreprises ciblées par le programme sectoriel (www.leconomiste.com) préparé par la Fédération nationale de l’industrie hôtelière (FNIH), seule une quarantaine (dont la moitié d’hôtels) ont répondu à l’appel. Quel contraste alors que la formation est un des maillons faibles du métier. L’élévation du niveau des ressources humaines était un des axes majeurs pour reconquérir les touristes à travers la qualité de service. Les données les plus crédibles estiment à 50% le taux d’analphabétisme parmi les employés dans l’hôtellerie. A ce niveau, impossible de tirer le service vers le haut. Le contraste est saisissant. Il faut cependant souligner que quelques opérateurs n’ont pas attendu le Giac hôtellerie pour démarrer des campagnes d’alphabétisation dans leurs entreprises. Il reste qu’ils ne constituent qu’une minorité et le problème reste donc entier. . 150 personnes 24 mois après le démarragePrès de vingt-quatre mois après la mise en place de l’instrument d’accompagnement, seules 150 personnes suivent ou ont suivi des modules spécifiques dans divers thèmes comme l’hygiène, la sécurité et l’accueil. Trop maigre, malgré des campagnes de sensibilisation menées tambour battant pendant une année.Ce manque d’engouement peut s’expliquer par “la situation difficile qu’a traversée le secteur”, justifient les professionnels. L’argument ne tient pas debout car jamais les hôtels n’ont été remplis que ces deux dernières années. La conjoncture dément cette explication: les arrivées tout comme les nuitées enregistrent une croissance de plus de deux chiffres. Certes, on peut objecter que les situations économiques individuelles des établissements sont différentes. Pourtant, le mécanisme de remboursement -jusqu’à 90% des frais de formation à travers les contrats spéciaux de formation (CSF) de l’OFPPT- était censé inciter les entreprises. Il n’en est rien. Et pour cause, “la culture formation est inexistante dans l’hôtellerie”, observe le DG d’un hôtel à Casablanca. Le secteur hôtelier est en effet composé de deux compartiments: d’un côté, les enseignes internationales et quelques chaînes locales, avec des standards et des structures, et de l’autre, des PME qui ne possèdent pas de culture formation. Le Giac chargé d’organiser les actions de formation pour ses membres, peine à recruter des entreprises, même parmi les membres de la Fédération hôtelière, concède Abdessamad Masmoudi, président du Giac hôtellerie et de la commission de la formation professionnelle à la Fédération. Seule une quarantaine, parmi les 600 établissements hôteliers que compte le secteur, font actuellement partie du Giac hôtellerie. Autre motif avancé: le manque de formateurs suffisamment qualifiés. “On nous propose souvent des formations très théoriques, or notre métier est essentiellement basé sur la pratique”, justifie Masmoudi. Une pierre lancée dans le jardin de l’Office de formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT) à qui les instituts d’hôtellerie ont été transférés.Pour former correctement dans ce secteur, il faut cumuler au moins 15 à 20 ans d’expérience de l’avis des professionnels qui déplorent le déficit de centres de formation. “Ceux qui existent font surtout de la théorie”, ajoutent-ils. La pratique exige de lourds investissements que seuls les établissements de l’OFPPT peuvent supporter. Le développement de la formation alternée et par apprentissage pourrait être une solution. D’ailleurs, ces formations sont une pépinière pour les entreprises hôtelières, estiment les professionnels. Même si le problème de l’encadrement des stagiaires se pose avec acuité. Ces derniers étant souvent abandonnés à leur sort par manque de temps ou d’organisation. Un autre opérateur impute le manque d’enthousiasme pour le programme de formation contusionné aux lourdeurs administratives. Selon lui, les procédures sont assez compliquées pour la PME. Chaque entreprise participante au programme doit remplir une jungle de formulaires et de contrats en plus de sa participation financière. Pour dynamiser le processus et amener les entreprises à s’impliquer davantage, il faut juste simplifier la paperasse administrative, explique-t-il. Le scandale de fraude sur les CSF n’est certainement pas étranger à ce resserrement des procédures de remboursement. Sans compter le climat de méfiance et de manque de communication qui règne entre les professionnels et les établissements de formation de l’OFPPT. Mailing, affiches, rencontres, focus-groupes… rien n’est donc épargné pour attirer le maximum de professionnels. Aujourd’hui, la Fédération hôtelière compte appeler les cabinets conseil au renfort. Ces derniers auront la tâche d’établir les contacts avec leurs clients potentiels. Une fois qu’ils auront décroché des marchés, ils inviteront leurs clients à prendre contact avec le Giac hôtellerie.


    Les budgets ne sont pas consommés

    Sur les 3,3 millions de dirhams consacrés à la première année de formation sectorielle, 60% seulement ont été consommés malgré le débordement sur le programme initial, affirment les responsables du Giac hôtellerie. Au départ, le plan de formation continue prévoyait 22 actions retenues pour 2003/2004. Près de 2.750 salariés, dont 2.400 agents qualifiés et 350 cadres devaient en bénéficier dans un premier temps. Validé par les professionnels et agréé par le Comité central des contrats spéciaux de formation (CSF), le programme de la FNIH s’étale sur trois ans à partir de 2003. Pour en profiter, l’entreprise doit être membre du Giac et s’acquitter des frais d’adhésion pendant une année au moins.. Ce que fournira la formation initialeL'industrie touristique est appelée à enregistrer un développement sans précédent, conformément à la “vision 2010”. Pour satisfaire les besoins croissants, les experts estiment qu’il faut quasiment tripler la capacité d’accueil des établissements de formation. Objectif: produire 6.000 lauréats par an à l’horizon 2004, 8.000 en 2005-2007 et 10.000 chaque année à partir de 2007 jusqu’en 2010. Pour ce faire, un programme baptisé Plan de développement intégré (PDI), a été élaboré par les partenaires concernés: le ministère du Tourisme, l’OFPPT, la FNIH et les Finances. Celui-ci prévoit un ensemble d’actions pour l’extension du dispositif de formation existant dans un premier temps. Ce qui se traduira par une optimisation de la capacité des établissements (de 30% environ), l’extension de ceux qui disposent de terrains de construction et la création de 8 nouvelles unités qui relèveront de l’OFPPT. L’objectif est de disposer d’une capacité additionnelle de plus de 3.500 places pédagogiques. Le recrutement de 500 formateurs supplémentaires est indispensable pour accompagner ce renforcement des capacités.Aziza EL AFFAS

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