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    Economie

    Assises nationales du tourisme
    Financement, ça traîne toujours

    Par L'Economiste | Edition N°:1913 Le 09/12/2004 | Partager

    . Le Trésor promet des changements. Mais les produits adéquats se font attendre. Crédit à 15 ans, capital-risque, titrisation...Quand vision politique se conjugue avec vision économique, tous les obstacles sont surmontables. La “Vision 2010” en est une illustration. Les décideurs politiques ont vite compris que cette vision peut donner naissance à un véritable projet de société. C’est pourquoi les avancées du plan Azur sont aujourd’hui appréciables, voire inespérées. En 3 ans, 3.500 ha ont été mis à disposition des investisseurs potentiels. La fiscalité a été harmonisée, le budget Promotion de la destination Maroc multiplié par 3,5 fois à 350 millions de DH. En outre, le verrou aérien a fini par sauter avec la mise en place de 62 rotations hebdomadaires supplémentaires. Le résultat ne se fait pas attendre: pour la première fois, le Maroc résiste mieux que ses concurrents à la crise du tourisme mondial. A fin octobre, il enregistre 9,7 millions de nuitées, soit une hausse de 17% par rapport à l’année dernière. Mais pour autant, le challenge n’est pas gagné tant que le problème du financement n’est pas résolu. Paradoxalement, les responsables de ce volet n’ont pas fait preuve de la même détermination. La question a été soulevée par le Comité stratégique du tourisme en présence du Premier ministre, Driss Jettou, en décembre 2003. Depuis, un groupe de travail, constitué de représentants des ministères des Finances, du Tourisme, de la Fédération nationale du tourisme et du Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), était censé formuler une série de propositions. Objectif: faciliter la mobilisation des financements en fonds propres (en capital) et par endettement pour pouvoir produire environ 20.000 lits nouveaux par an à partir de 2005. Une année vient de s’écouler sans qu’aucune décision concrète n’ait été entérinée. . Des mesures pour débloquer la situationToutefois, la direction du Trésor annonce, pour début 2005, une série de mesures visant à débloquer la situation. Dans le secteur des assurances, la possibilité sera donnée aux compagnies de prendre des participations dans des projets touristiques, après autorisation du ministère des Finances. La procédure sera revue et corrigée dans le sens d’une plus grande souplesse. Le financement de l’immobilier touristique par les réserves techniques est également envisageable à condition que la compagnie identifie et gère le risque encouru. Auprès de la direction des Assurances et de la prévoyance sociale (DAPS), l’on rappelle d’ailleurs que les règles prudentielles appliquées aux sociétés d’assurance ne tiennent pas compte de la nature du secteur d’investissement mais seulement des critères de rentabilité/sécurité des actifs. Par ailleurs, la direction du Trésor annonce, pour début 2005, l’adoption du texte de loi régissant le capital risque. Pour rappel, les opérateurs s’attendaient à ce que le projet soit discuté au sein du Parlement avec la loi de Finances. Malgré quelques défaillances du texte (notamment par rapport à la définition de la PME), ce cadre légal est censé stimuler la création d’entreprises touristiques... Pour rectifier le tir, l’on parle déjà d’amender le texte, avant même son approbation. Quant au crédit bancaire, les banques se disent prêtes à proposer des formules de longues maturités (15 ans minimum) à un taux fixe variant autour de 7%, selon leur coût des ressources respectif. Pour les responsables à la direction du Trésor, le refinancement ne devrait pas poser de problème, compte tenu de la disponibilité des ressources.Reste la titrisation des créances hypothécaires qui est une technique de recyclage des crédits. Dans le pipe, un amendement du texte de loi sera soumis sous peu au secrétariat général du gouvernement (SGG). La nouvelle version couvrira une large panoplie des besoins, particulièrement le tourisme. “Les banques auront la possibilité de vendre les risques, notamment pour être en conformité avec les règles de Bâle II”, explique un banquier. En outre, une banque ne disposant pas de ressources suffisantes, pour s’engager seule dans un projet, n’est plus obligée de constituer un consortium. Elle pourra financer le projet et sortir immédiatement sur le marché pour céder la créance.. Une activité très capitalistiqueA en croire les responsables de la direction du Trésor, 2005 marquera le coup d’envoi de tous ces instruments de financement. Dans tous les cas, le temps est compté. Les travaux d’aménagement dans les 5 stations avancent à grands pas, les premières livraisons des lots sont programmées dans 12 à 18 mois. Les investisseurs hôteliers devront alors prendre le relais. Mais en l’absence de produits de financements adéquats à leur proposer, il sera difficile de les intéresser. “Et pour cause, l’hôtellerie est une industrie capitalistique, à rentabilité différée. Autrement dit, l’investisseur doit apporter des fonds propres conséquents et être en mesure de renoncer au gain durant les cinq premières années environ”, précise Amyn Alami, administrateur fondateur de CFG et l’un des acteurs décisif de la Vision 2010.La première étape de ce processus consiste à organiser la rencontre entre l’investisseur potentiel et le gestionnaire hôtelier. Pour rappel, les grandes enseignes de renommée internationale ne sont pas, pour la plupart, propriétaires des murs. Leur mission a trait à l’équipement informatique de l’établissement, la gestion des ressources humaines et la stratégie marketing. “Il faut d’abord organiser la rencontre entre les deux parties. Ensuite, pour que celle-ci débouche sur l’acte d’investir, il faut démontrer l’intérêt du produit en dépit du niveau capitalistique et de la faiblesse de la rentabilité du projet”, explique Alami. La nouvelle démarche marketing mise au point par le ministère du Tourisme, notamment auprès des tour-opérateurs, va dans ce sens. Reste enfin à activer la dynamique financière. “Il faut structurer au plus vite un dispositif financier performant pour construire dans les délais les nouvelles capacités... sans perdre de vue la nécessité de créer une économie hôtelière pérenne et rentable”. Une chose est sûre. Pour convaincre investisseurs et gestionnaires hôteliers, les circuits de financement doivent être restructurés de manière à mobiliser 10 milliards de DH entre 2004 et 2007. Il y a du retard à rattraper, mais ce n’est pas irréalisable.


    Quel business model choisir?

    Deux voies sont possibles pour financer l’extension de la capacité hôtelière: l’endettement bancaire et la levée de fonds propres. Pour favoriser l’endettement bancaire, il faut offrir des prêts à long terme (sur 15 ans au minimum) moyennant un taux de 7% environ. Pour exemple, l’Espagne a financé son industrie grâce à des prêts sur 20 ans à 5% l’an. L’idée de lancer un “crédit Azur” sur 15 ans à un taux annuel de 7% est actuellement en gestation. L’effet d’annonce serait favorable auprès des investisseurs, à condition que le taux d’intérêt soit fixe. Reste ensuite à régler le problème du refinancement des banques. “Il n’est pas question de revenir vers le système du crédit réglementé”, préviennent d’une même voie les banquiers et les représentants du ministère des Finances. Les banques concocteront leur produit librement et factureront un taux selon le coût de leurs ressources.Quant à la levée des fonds propres, elle peut se faire à travers la Bourse qui est le lieu de rencontre entre investisseur n’ayant pas suffisamment de fonds et l’épargnant ou l’investisseur institutionnel. Les gisements sont là. Les compagnies d’assurances sont en première ligne, mais elles placent leurs réserves techniques (50 milliards de DH environ) dans des valeurs mobilières et bons du Trésor (70%) et plus accessoirement dans l’immobilier. Idem pour les OPCVM (80 milliards de DH) qui optent avant tout pour les bons du Trésor (90%) contre 10% pour les actions cotées! Tout le travail des prochains mois consistera donc à réorganiser le circuit financier de manière à ce qu’il finance les besoins de l’économie en général et du tourisme en particulier et non plus ceux du Trésor uniquement.Mouna KABLY

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