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Affaires

Assises des associations professionnellesA quand un traitement de choc?

Par L'Economiste | Edition N°:1946 Le 27/01/2005 | Partager

.Quelques exemples de réussite, mais quid du reste?. Une réforme législative inadaptéeLes deuxièmes assises des Associations professionnelles (AP) s’ouvrent aujourd’hui jeudi sur un bilan moyen en terme de réalisations. Législation inadéquate, manque de transparence, problèmes d’organisation, de représentativité… la situation des quelque 500 associations professionnelles recensées par la CGEM (20.000 entreprises adhérentes) n’est pas près de changer. Bien sûr, il faut distinguer dans ce lot les associations “championnes” comme la FNBTP, l’Amith, la Fisa et autres Afem, qui ont réussi à prendre leur envol grâce à une vision sectorielle claire. Du reste, depuis les premières assises de 2003, où des solutions ont été proposées, très peu d’avancées ont été réalisées. A commencer par le centre d’appui, le CAAP (centre d’aide aux associations professionnelles), qui est resté à l’état de projet. Ce qui a été fait, “c’est la définition de ses missions”, indique la CGEM, proposée pour l’abriter. Le CAAP devrait prendre le relais du PAAP (programme européen d’appui aux associations), qui se termine en juin 2005. En attendant sa création, le programme européen sera donc renouvelé. Au grand bonheur des associations. L’Amith fait connaître ses besoins pour la mise en place de prestations rémunérées porteuses de valeur ajoutée pour les adhérents et la certification ISO de l’association et de ses prestations. Saloua Belkziz, présidente de l’Afem, affirme que son association aura besoin du PAAP pour le prochain comité mondial des femmes entrepreneurs (qui aura lieu à Fès du 27 au 30 avril), la création d’autres délégations régionales, le financement de voyages d’études et surtout l’initiation d’un projet d’incubateur pour femmes désirant créer leurs entreprises. La deuxième phase du PAAP sera dotée comme la première de 5 millions d’euros (soit près de 55 millions de DH). “Mais elle sera axée sur une nouvelle génération de plans d’action, plus orientée vers les secteurs”, fait savoir Omar Akroud, directeur du programme. On estime que les associations ont dépassé le stade de tâtonnement (les besoins de base). Le diagnostic du PAAP s’applique peut-être sur les grandes associations, mais quid du reste (dont les associations de personnes)? Mis à part quelques exemples de réussite, une grande partie des AP plongent dans le désordre. Elles ressemblent à des clubs et servent d’outils de relations publiques à leur président. La plupart sont encore dans une logique “syndicale” plutôt que celle de l’encadrement des membres. Pourtant, si cet aspect n’est pas à négliger, c’est en assurant les prestations aux membres et la veille du secteur qu’elles peuvent gagner en attractivité. Par ailleurs, à de rares exceptions, leur fonctionnement est tout sauf démocratique. Les présidents s’accrochent à des “mandats à vie” et assimilent la moindre concurrence au complot.. Course au pouvoirL’absence d’un cadre légal adéquat y est pour beaucoup. Les associations professionnelles sont régies par l’ancien dahir de 1958, amendé en 2000, malgré leur particularité économique. Il n’est donc pas étrange de déceler chez certaines AP les mêmes crises de représentativité et d’organisation qu’on relève généralement dans le monde associatif et politique. Rien de plus éloquent à ce niveau que l’exemple de la Fédération nationale de l’immobilier (FNI). Créé il y a à peine cinq ans, cette association est en pleine crise sur le leadership. Les intérêts divergents de ses membres sont à l’origine d’un mouvement de scission. Depuis 2003, les associations professionnelles pensent, sans y parvenir, à faire adopter un complément de la loi définissant les règles de contrôle et de surveillance. L’absence d’un plan comptable des associations est un autre handicap. Ce texte sommeille au secrétariat général du gouvernement. La présence à ces assises du Premier ministre, un “connaisseur de la maison” puisqu’il a été président de la Fédération des industries du cuir, est peut-être une aubaine. Enfin, la seule bonne nouvelle est cette vague d’actions de formation. A noter à ce niveau qu’un cycle de management associatif, financé par le PAAP, a démarré en juillet 2004. Et c’est là un des grands enjeux de la modernisation. Une gestion plus saine passe par une mise à niveau des ressources humaines. “Ce qui fait la force d’une association, ce n’est pas le poids économique du secteur mais l’initiative personnelle”, explique Abdelkader Masnaoui, associé fondateur du cabinet Masnaoui-Mazars, qui avait réalisé une étude sur le tissu associatif professionnel en 2003.L’étude a présenté un plan de développement à moyen terme pour encadrer l’émergence d’associations, crédibles, viables et utiles. Le plan repose sur trois axes: réforme du cadre législatif, communication et formation et développement financier et fiscal.Une association utile, c’est celle qui sert d’abord l’adhérent, connaît très bien son secteur, sait ce qu’il veut et vers où il se dirige. Etre à l’écoute de son environnement, ce n’est pas tout. Il faut que l’association devienne une force de proposition pour anticiper les menaces. Car si l’association ne pense pas à se mettre à niveau, elle le fera, forcée, sous le coup de la pression économique mondiale. Les textiliens subissent maintenant les conséquences du démantèlement des quotas. Avant eux, les professionnels du tourisme, sentant le danger d’un marasme généralisé, étaient acculés à concevoir un business-plan. Naturellement, cela exige des relais institutionnels solides. Le lobbying a été ainsi déterminant dans la conclusion d’un contrat-programme entre l’Etat et la Fédération du tourisme, qui avait sensibilisé les centres de décision par les “cercles concentriques”: de la Fédération à la plus haute hiérarchie de l’Etat. Il y a cependant un autre type d’associations qui se disent confrontées à des blocages institutionnels, émanant de l’Etat lui-même. C’est l’exemple de l’Association des minotiers. “Notre taux encadrement demeure insuffisant en raison de la libéralisation non achevée du secteur”, affirme Abdellatif Izzem, patron de l’association. Reste que ces blocages ne déterminent pas à eux seuls la qualité du service. Et justement, la question des cotisations et celle du nombre d’adhérents demeurent tabous parce qu’elles renseignent sur le degré d’utilité d’une association. “Les adhérents ne paient pas leurs dus car ils ne reçoivent pas de contreparties. Le non-paiement des cotisations est une conséquence de la médiocrité d’un service. Il n’en est pas l’origine”, estime Abdelkader Masnaoui. Ce n’est pas pour rien que les entreprises adhèrent en masse aux chambres de commerce étrangères, qui disposent d’une longueur d’avance en matière de services et de communication.Bien évidemment, les associations essaient de minimiser l’ampleur du problème. Pour la FNBTP, le taux de recouvrement oscille entre 50 et 60%. Pour une fédération qui revendique le plus grand nombre d’adhérents (soit 1.300 entreprises) et qui est à l’origine d’un contrat-programme, ce taux est considéré comme une performance. “Même la Trésorerie générale n’arrive pas à zéro recouvrement”, ironise Bouchaïb Benhamida, président de la Fédération. Pourtant, il y en a qui font mieux comme l’Afem qui revendique 80% de recouvrement. Ou encore l’Amith qui arrive au même taux. Toutefois, pour jouer pleinement son rôle de catalyseur et initiateur de projets, l’Amith a compris depuis longtemps qu’elle ne peut compter sur les cotisations pour avoir les ressources humaines et matérielles permettant d’assurer le développement des prestations. C’est là un des objectifs du plan d’action présenté dans le cadre du PAAP.La Fédération de la PME, dont le nombre d’adhérents est “en modification continue” (elle a fort à faire vu la masse impressionnante de PME à attirer), revendique un taux de 85%! Hammad Kessal, secrétaire général de la Fédération, annonce un programme ambitieux de recrutement pour 2005: entre 600 et 800 entreprises. Nadia LAMLILI


L’effet «PAAP»Le problème central des associations professionnelles au Maroc est la professionnalisation de leurs structure et fonctionnement. C’était l’objectif central assigné au programme d’accompagnement financé par l’Union, le fameux PAAP (programme d’assistance aux associations professionnelles). L’idée est de les accompagner dans un contexte de libéralisation économique et désengagement de l’Etat et “d’en faire de vrais interlocuteurs des pouvoirs publics et le troisième acteur de l’économie”, complète Dominique Séran, conseiller UE chargé de la gestion du PAAP. Le consultant est détaché auprès de la CGEM par Bruxelles. A ce jour, une quarantaine d’associations (dont plusieurs fédérations) ont bénéficié du soutien financier du programme de l’Union européenne. Les engagements globaux s’élèvent à 49 millions de dirhams. L’“effet PAAP” le plus visible par le commun des mortels est la multiplication des revues et des supports d’information ainsi que l’embauche des permanents par les associations. C’est un minimum dans le processus de leur structuration. Comme pour les chambres de commerce, le déficit d’attractivité est le dénominateur commun du milieu de l’associatif professionnel. L’alibi du manque de financements cache en réalité l’inefficacité de ces structures. Cela tient moins au problème financier qu’au développement des services aux membres, seul moyen d’assurer le financement (via les cotisations) en emportant l’adhésion des entreprises.Dans son esprit, le programme d’assistance initié par l’Union européenne devait jouer le rôle de pépinière en accompagnant les associations pour qu’elles deviennent autonomes sur le plan gestion et financier. Quatre ans après son lancement, on ne peut dire que cet objectif a été vraiment atteint à 100%. Pour les grandes associations connues type FNBTP, Amith, Fenelec (et les grosses fédérations), le problème ne se pose pas. En revanche, pour les moyennes et petites structures, la question de leur viabilité reste entière.A. S.

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