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Economie

Accord de pêcheLes Européens incités à vendre localement

Par L'Economiste | Edition N°:2077 Le 02/08/2005 | Partager

Mohamed Tarmidi est le secrétaire général du département de la Pêche et négociateur en chef de la délégation marocaine qui a signé à Bruxelles. Pour lui, les professionnels marocains doivent avoir une vision à long terme pour pouvoir tirer profit de l’accord. Ce dernier est considéré comme une opportunité à saisir, particulièrement pour la mise à niveau du secteur.A travers une délimitation des zones de pêche, les côtiers ne seront pas directement confrontés à la flotte européenne, insiste-t-il. Par ailleurs, les termes de l’actuel accord visent la promotion de la consommation locale. Un système d’incitation devra encourager les Européens à vendre leurs prises sur le marché intérieur.. L’Economiste: La rapidité avec laquelle l’accord de pêche a été signé a beaucoup surpris… - Mohamed Tarmidi: Lorsque nous nous sommes mis autour de la table des négociations, les grands préalables étaient déjà admis. Nous avons fait en sorte que les contacts, qui n’ont d’ailleurs jamais été interrompus, aplanissent un certain nombre de difficultés. La question, par exemple des céphalopodes et de la crevette, n’a pas été élucidée le 25 juillet (premier jour des négociations). Nous savions que la flotte européenne sera relativement limitée. La position marocaine était claire et elle a été aussi comprise par les Européens. Ces derniers ont prêté une oreille attentive à nos contraintes. La signature dès le premier round signifie que l’UE s’est engagée avec nous dans une nouvelle dynamique. . La plupart des professionnels se plaignent de n’avoir pas été consultés. - Tout d’abord, nous nous sommes engagés pour un petit accord. Lorsque nous parlons de 119 bateaux, il faut savoir qu’ils sont répartis sur plusieurs catégories de pêche. Ensuite, avant de partir pour Bruxelles, j’ai consulté personnellement les présidents des quatre Chambres maritimes et le président de la Fédération des Chambres. Nous avons envoyé des correspondances à ceux qui n’ont pas pu assister aux réunions. Nous avons eu des discussions téléphoniques avec les professionnels sur plusieurs détails. Economiquement parlant, il s’agit d’un petit accord, mais politiquement d’un grand accord qui devrait avoir des retombées prévisionnelles sur le secteur. Les bonnes relations que nous avons avec l’UE expliquaient, par ailleurs, mal le fait que nous n’ayons pas d’accord sur la pêche. . Pourquoi la flotte européenne pêchera de nombreuses espèces, sauf les céphalopodes et la crevette? - Nous avons des espèces qui sont très sensibles et d’autres en cours de reconstitution. Pour d’autres, nous imposons des quotas aux pêcheurs marocains. Il existe déjà un problème de répartition pour le poulpe, par exemple. Le quota de cet été est de 12.000 tonnes. Je vois donc mal comment la flotte européenne y sera insérée. La crevette représente aussi un stock en cours de reconstitution. Nous avons également pris des précautions pour que même les pêcheries concernées par l’accord ne soient pas lésées. La délimitation des zones de pêche est une solution judicieuse. Car lorsqu’un senneur marocain pêche à un mile de la côte, le pêcheur européen doit aller au-delà de 2 miles. Quand le palangrier pêche à moins de 2 miles, on a autorisé certains palangriers européens à effectuer des captures au-delà de 6 miles. Ce qui fait que les zones accessibles par la flotte marocaine ne seront pas touchées par celle européenne. . A votre avis, la peur des côtiers n’est pas fondée. Mais pourquoi sont-ils plusieurs à vouloir quitter ce secteur?- Cette problématique existait bien avant qu’il y ait accord. Des professionnels, sous le poids des charges, notamment le prix du carburant, veulent quitter la pêche contre indemnités. Il faut que l’on sache aujourd’hui que l’accord représente au contraire une opportunité pour les professionnels marocains. Il faut donc arrêter de ne voir que le court terme. Nous venons de donner au secteur les moyens de se mettre à niveau. Il est clairement dit dans l’accord qu’il y a un financement pour le programme de modernisation de la flotte côtière marocaine. Nous savons que celle-ci a toujours buté sur les moyens de financement de sa mise à niveau. La contrepartie financière du précédent accord n’a pas pu être mise en place. Car ce qui a été octroyé comme aide au secteur n’était pas suffisante. Aujourd’hui, il est stipulé qu’il y aura un financement de la recherche, de la mise à niveau de la flotte et d’acquisition des moyens de débarquements qui s’effectuent toujours manuellement. Il faut des grues et des pompes à débarquement pour que le poisson garde sa qualité. Et la moindre pompe à débarquement coûte 1 million de DH. . Comment l’accord influencera-t-il la consommation locale de poisson? - Au-delà des professionnels, cet accord aura un impact sur les consommateurs. Aujourd’hui, le Marocain consomme entre 10 et 12 kilos de poisson par an. Notre but est de passer à 16 kilos. Ce qui signifie que nous devons disposer de bons circuits de distribution et des marchés de gros. Pour ces volets, le présent accord prévoit des financements pour leur mise à niveau. Ainsi, le poisson sera plus accessible au Marocain. Il proviendra aussi de la flotte européenne. Nous avons pu imposer des débarquements au Maroc à raison de 25% pour le pélagique. Pour les senneurs, autorisés au nord de Kénitra, le pourcentage des débarquements augmente en fonction du temps, soit 25% la première année pour finir avec 50%. Pour le merlu noir ou le sabre, le pourcentage de débarquement est de 50% durant toute la durée de l’accord. Quand les Européens débarquent dans les ports marocains, ils peuvent tout aussi bien vendre leur poisson localement. A ce niveau, nous nous sommes ingéniés à mettre des moyens incitatifs pour la vente locale. Car pour chaque kilo pêché, le professionnel européen paie une redevance. Cette dernière est réduite dans le cas de vente locale ou d’approvisionnement des industries marocaines à terre.


Commission mixte

Pendant toute la durée de l’accord de pêche, l’accord prévoit que les deux parties s’engagent «à promouvoir une pêche responsable dans les zones de pêche marocaines»: elles coopéreront pour «suivre l’évolution de l’état des ressources». Une réunion scientifique annuelle conjointe sera instituée et devra se tenir alternativement à Rabat et Bruxelles. Sur la base des conclusions de cette réunion scientifique annuelle et à la lumière des meilleurs avis scientifiques disponibles, les deux parties se consulteront au sein de la Commission mixte (à créer) pour adopter, le cas échéant et de commun accord, des mesures visant la gestion durable des ressources halieutiques. Les réunions se tiendront au moins une fois par an.La Commission sera chargée de «superviser l’exécution, l’interprétation et le bon fonctionnement de l’application de l’accord». Elle devra «contribuer à définir et évaluer la mise en œuvre de la programmation annuelle et pluriannuelle de la politique de la pêche au Maroc». Elle «pourrait aussi servir de forum pour le règlement à l’amiable des litiges» et «réévaluer, le cas échéant, le niveau des possibilités de pêche et par conséquent celui de la contrepartie financière».Propos recueillis par Mostafa BENTAK

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