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    Economie

    Accord de pêche1,44 milliard de DH sur 4 ans

    Par L'Economiste | Edition N°:2077 Le 02/08/2005 | Partager

    . Marchandage sur l'ouverture du marché européen . Plus d'artisans-pêcheurs que de pêcheries industrielles . Des «relocalisations« qu'il ne faut pas nommer «délocalisations«Quatre jours de négociations, dont une nuit blanche: négociateurs marocains et européens ont fait vite pour l'accord de pêche liant le Maroc et l’Union européenne jusqu’en 2009. Contrairement à l’ancien, le nouvel accord se caractérise par la modestie de son volet “extraction des ressources” et l’accent mis sur le partenariat et l’intégration dans le secteur de la pêche. Sur le montant de 36 millions d’euros par an accordés au Maroc (360 millions de DH), 14 millions d’euros devraient contribuer à moderniser et restructurer la flotte de pêche marocaine, à renforcer la recherche halieutique ainsi que la modernisation du secteur de la commercialisation des produits de la pêche. Mustapha Mechahouri, le ministre du Commerce extérieur, qui a signé l’accord avec le commissaire européen à la Pêche, Joe Borg, a salué cet accord qui “s’avère tout à fait compatible avec l’état des ressources halieutiques marocaines”. Il s’agit, selon lui, d’un accord “équilibré et qui va dans l’intérêt des deux parties”. Le commissaire européen a qualifié le nouvel accord de “raisonnable et très positif en ce qui concerne le développement d’une pêche responsable”. Néanmoins, des protestations apparaissent au Maroc (cf. L’Economiste du 1er août; www.leconomiste.com). Pour Alfonso Cesar Deben, le négociateur en chef européen, les négociations ont été intenses et émaillées parfois de certains doutes, “mais c’est normal dans la mesure où les deux parties avaient affaire à un accord de nouvelle génération”. Selon lui, “ce fut une négociation technique, lourde et longue mais il y avait la volonté des deux parties d’avancer assez rapidement et d’aboutir à un accord mutuellement bénéfique”. Du côté européen, assure-t-il, ce sont les flottes artisanales andalouses, canariennes et portugaises qui seront les bénéficiaires prioritaires. Il l’a expliqué à L’Economiste en soulignant que “depuis le début des travaux, les autorités marocaines ont montré une sensibilité totale, responsable, logique et cohérente par rapport aux pêcheurs artisanaux européens”. Logique “parce qu’elles ont compris aussi que la contrepartie qu’offre l’Union européenne en ouvrant totalement son marché aux produits de la pêche marocaine ne peut pas se faire si en même temps des petits pêcheurs artisanaux européens n’ont pas la possibilité d’opérer dans les eaux marocaines”. Le responsable européen ajoute que les autorités marocaines “ont fait beaucoup pour que ces petits pêcheurs européens puissent revenir opérer dans les eaux marocaines”. Sur les 119 bateaux européens autorisés à opérer dans les eaux marocaines, 97 concernent des pêcheries artisanales. Rappelons que de leur côté, neuf autres pays (France, Allemagne, Grèce, Irlande, Italie, Lituanie, Lettonie, Pays-Bas et Pologne) enverront également des vaisseaux de pêche plus importants dans les eaux marocaines. Selon Deben, on ne devrait pas assister à une concurrence entre les industries de transformation marocaines et européennes. Les Européens “cherchent plutôt des produits plus sophistiqués, de qualité supérieure qui nécessitent une main-d’œuvre d’une certaine technicité et qu’elles ne peuvent pas trouver dans les pays tiers”. Il estime que les entrepreneurs européens devraient donc profiter de cette complémentarité pour investir au Maroc et créer des emplois. Comme il aime le répéter, “il ne s’agit pas là du tout de délocalisation des activités de l’Europe vers le Maroc”, mais bien de ce qu’il appelle “de la relocalisation”. A ses yeux, il s’agit “de renvoyer une partie de la production industrielle vers le pays qui est propriétaire des ressources halieutiques”. Un concept logique, dit-il, et qui entre dans le cadre de la politique d’aide au développement que veut promouvoir l’Union européenne. Pour ce qui est de l’embarquement de marins marocains à bord des bateaux européens, une question qui a également fait l’objet de négociations serrées, les deux parties sont arrivées à un compromis acceptable. Le Maroc qui réclamait pour certains bateaux la présence d’une douzaine de marins s’est par la suite contenté d’une fourchette allant de 2 à 8 marins par bateau selon le type.


    La pomme de discorde du débarquement

    Comme dans les autres accords, le débarquement des prises dans les ports marocains a constitué un élément fondamental. Une solution a été trouvée, disent les négociateurs. L’objectif des deux parties, a indiqué Cesar Deben, n’était pas de faire du débarquement pour du débarquement”. Selon lui, il ne s’agit pas “de forcer mais d’encourager ce type d’activité” en essayant par ce biais “de créer un cadre qui puisse inciter non seulement au débarquement mais aussi à la vente et à l’association entre le secteur de la flotte européenne et la filière transformation/conserveries du Maroc”. Une intégration horizontale qui puisse créer de la valeur ajoutée et de nouveaux emplois, dynamiser la structure de la flotte marocaine et créer des relations économiques entre opérateurs européens et marocains.


    La facture détaillée

    L'UE devra payer au titre de la «contrepartie financière«: 144,4 millions d'euros pour la période 2006-2009, à raison de 36,1 millions d'euros/an (360 millions de DH), versés au plus tard le 30 juin 2006, pour la première année et au plus tard, le 1er mars pour les années suivantes. C'est la Trésorerie générale qui encaissera le chèque, et non un département spécifique.S’y ajoutent environ 3 millions d’euros (sur 4 ans également) pour des actions d’accompagnement des opérateurs du secteur de la pêche (conseil aux entreprises et aux associations, accès au crédit pour les PME, etc.) et d’adaptation du cadre institutionnel et réglementaire, en partenariat avec des institutions et administrations des Etats membres de l’UE. Le montant des redevances des armateurs européens versées directement au Maroc est de 3,4 millons d’euros/an. Des 144.400.000 euros de contrepartie financière, 13,5 millions d’euros/an sont destinés au “développement et à la mise en œuvre de la politique sectorielle de la pêche au Maroc en vue de l’instauration d’une pêche durable et responsable dans ses eaux territoriales”. L’affectation et la gestion par le Maroc de cette contribution est “fondée sur l’identification par les deux parties, d’un commun accord”, des objectifs à réaliser et de la programmation annuelle et pluriannuelle y afférente. L’accord prévoit que sur ce montant, au moins 4.750 euros/an seront affectés par le Maroc à la modernisation et à la mise à niveau de la flotte côtière. 1,25 million/an sera alloué au programme de retrait des filets maillants dérivants, le reste devant être affecté par Rabat aux autres composantes de sa politique des pêches, notamment la recherche scientifique, la restructuration de la pêche artisanale, la mise à niveau des circuits de commercialisation et la promotion de la consommation interne, la mécanisation des moyens de débarquement et de manutention et la formation.De notre correspondant permanant à Bruxelles, Aziz BEN MARZOUQ

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