×
  • L'Editorial
  • régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

    Economie

    Accord de pêche: Stupéfaction au Maroc

    Par L'Economiste | Edition N°:2076 Le 01/08/2005 | Partager

    . Les armateurs marocains “surpris de la rapidité des négociations” . Les hauturiers applaudissent, les autres critiquentSurprenante, la rapidité avec laquelle l’accord de pêche a été signé. L’expression revient dans la bouche de plusieurs professionnels marocains de la pêche. En moins de quatre jours (à compter du 25 juillet), les négociations de Bruxelles entre le Maroc et l’Union européenne ont débouché sur un partenariat de quatre ans, certes de moindre envergure que le précédent. L’abattement est un sentiment général chez les armateurs marocains. Ils ne savent plus comment réagir à un accord qui leur fait peur. Les 119 bateaux européens de la pêche artisanale et celle de fond plus la flotte qui pêchera les petits pélagiques (60.000 tonnes par an) soulèvent des inquiétudes. Les professionnels marocains sont-ils aussi vulnérables? En tout cas, l’accord a eu l’effet d’une tornade dans tout le secteur, surtout dans celui de la pêche côtière. Celle-ci est la principale concernée puisqu’elle exploite les mêmes espèces que la flotte européenne sera amenée à pêcher. Mais la principale crainte des nationaux réside dans le fait que c’est la première fois qu’ils ne sont pas impliqués dans les négociations. Certains pensent que s’il s’agissait d’un accord plus important, le ministère aurait pris la précaution de les consulter.Aujourd’hui, les professionnels s’interrogent sur les “réelles motivations” à l’origine de l’accord. Surtout que financièrement parlant, le montant que l’Europe paiera en contrepartie “n’est pas fameux”, estime-t-on. L’accord stipule que le budget qui sera débloqué par l’UE pour les quatre années est de 144 millions d’euros, soit presque l’équivalent de ce qu’elle payait en une seule année sous l’ancien accord. Il est par ailleurs inscrit dans les termes du contrat que 14 millions d’euros annuels seront alloués “à la mise en application de la politique de pêche au Maroc, visant à garantir une viabilité du secteur à long terme”. La modernisation et la restructuration de la flotte marocaine figurent en première place. “Trop tard”, pensent les professionnels marocains. “Je mourrai bien modernisé”, ironise un armateur de la pêche côtière. Car il faut du temps aux Marocains avant de se mettre au diapason de leurs nouveaux concurrents européens. Ces derniers ont des bateaux équipés des plus récentes technologies de détection des bancs de poissons. Leurs outils de pêche sont aux normes exigées par le consommateur européen. Le poisson qu’ils pêcheront dans les eaux marocaines aura donc la priorité sur celui pêché par la flotte marocaine. D’autant plus que les débarquements des prises européennes se feront majoritairement dans des ports européens. Durant quatre ans, les armateurs marocains devront s’y faire. Sur le chapitre de la modernisation des outils et de la flotte, les armateurs locaux sont particulièrement sceptiques. Pour eux, la modernisation aurait dû démarrer avec la mise en place, il y a quelques années du Fonds de modernisation, doté de 200 millions de DH. Ce fonds a été gelé après une courte période d’utilisation. Aujourd’hui, même les chantiers navals qui se trouvent à Agadir sont au point mort. La société Cap Atlantic, qui construisait des bateaux sur commande, a mis la clé sous le paillasson au mois de juin dernier. Elle employait 45 personnes, selon Abdelfetah Zine, son propriétaire. Directeur de la Chambre des pêches maritimes d’Agadir, Zine s’érige contre un accord qui “portera le coup de grâce à la flotte côtière”. Hesaro est un autre chantier naval à Agadir qui a fait des licenciements en masse. De 168 employés, la société tourne aujourd’hui au ralenti avec une dizaine de personnes. “Il y a au moins une centaine de bateaux dont les propriétaires veulent quitter la flotte contre indemnités”, estime Zine. Les autres se disent “assez modernes” pour les potentialités de pêche que les eaux marocaines offrent aujourd’hui. “L’avènement de la flotte européenne diminuera encore plus le volume et la valeur du poisson frais exporté par les nationaux”, souligne Rachid Benkirane, président de l’Association des patrons de la pêche hauturière (APAPHAM). Toujours sur le chapitre des potentialités de pêche, la partie marocaine ne peut décréter, par exemple, un repos biologique, sans passer par Bruxelles. Techniquement, un accord avec l’UE a aussi ses répercussions sur toute la politique de pêche. Mais comme le malheur des uns fait le bonheur des autres, l’accord est “applaudi” par les professionnels de la pêche hauturière. En effet, d’un point de vue biologique, la flotte européenne augmentera l’effort de pêche sur les sparidés et le poisson blanc qui se nourrissent des œufs de poulpe. Ainsi, ce dernier appelé la mauvaise herbe de la mer, pousse quand d’autres espèces nobles sont massivement pêchées. Moins organisés que les hauturiers, les armateurs de la pêche côtière ne savent comment réagir à cet accord.Mostafa BENTAK

    • SUIVEZ-NOUS:

    1. CONTACT

      +212 522 95 36 00
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]
      [email protected]

      70, Bd Al Massira Khadra
      Casablanca, Maroc

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc