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    Politique

    45 ans après Brejnev, Poutine au Maroc

    Par L'Economiste | Edition N°:2355 Le 06/09/2006 | Partager

    . Des échanges commerciaux faibles mais en pleine croissance. Pétrole contre orangesAPRÈS un périple en Grèce, et en Afrique du Sud, Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie s’arrête au Maroc pour deux jours,ces 6 et 7 septembre. Cette visite est la première du genre dans le Royaume depuis celle de Léonid Brejnev en 1961, président du Soviet Suprême de l’ex- URSS. Le Maroc se trouvait alors dans ce qui était considéré comme la zone d’intérêt de «l’Occident». Quelques années, plus tard se dessineront les premiers jalons de coopération suite à la visite de Feu Hassan II en octobre 1966 qui a connu la signature d’accords bilatéraux dans les domaines économiques, culturels et scientifiques.Les ambitions russes pour ce circuit sont clairement affichées. Moscou désire ardemment restaurer un certain prestige diplomatique et se donner une stature de puissance diplomatique mondiale. A l’ambassade de la Fédération à Rabat, on parle clairement de «l’héritage de l’URSS, de reprise de flambeau et de reconquête de terrain» particulièrement en Afrique. Si la visite de Poutine en Afrique du Sud revêt un caractère commercial avec un staff d’hommes d’affaires important, les Russes étant très intéressés par les mines sud-africaines, le voyage au Maroc est plus promotionnel puisqu’une importante délégation de journalistes accompagne le chef d’Etat slave. Des accords seront toutefois signés notamment pour la promotion des investissements et du tourisme. L’émergence d’une classe moyenne russe, dont les principales destinations de vacances sont la Turquie et l’Egypte, intéresse vivement les opérateurs marocains. Et pour cause les recettes générées par les touristes russes au Maroc se sont élevées en 2005 à 34,5 millions de DH pour un montant global caracolant à 41 milliards de DH. Une hausse de 7,4% par rapport à 2004. D’ailleurs le groupe financier moscovite Metropol avait annoncé au début de l’année son intention de s’implanter à Marrakech avec la création du complexe touristique Marrakech-Tamesloht, pour un investissement de 150 millions d’euros (16,5 milliards de DH) (cf.www.leconomiste.com). Les pistes de coopération dans le nucléaire et l’armement pourraient aussi être explorées. La Russie fournisseur mondial d’armement avait jusqu’ici pour client privilégié l’Algérie qui a signé des contrats de livraison d’avions de chasse et d’entraînement pour plus de 3,5 milliards de dollars (l’équivalent de 31,5 milliards de DH) La visite de Poutine va-t-elle donner un nouveau coup d’accélérateur aux échanges commerciaux qui restent faibles? La part de la Russie dans les échanges extérieurs n’excédant pas les 4% et la coopération entre les deux pays dépasse à peine le stade des bonnes intentions. Une embellie, toutefois, a été constatée suite à la visite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en 2002. L’objectif était le renforcement des relations économiques entre les deux pays, notamment dans les télécoms, la pêche ou la télédétection spatiale. En atteste la hausse significative des échanges commerciaux qui reste cependant largement en faveur des Russes avec un déficit d’environ 11 milliards de DH. Le Maroc aura ainsi importé l’équivalent de 12,9 milliards de DH en 2005 contre à peine 1,2 milliard de DH à l’export. L’huile de pétrole brut représente de loin le premier poste d’importations marocaines, soit plus de 58%, suivi du fer et acier en blooms et ébauches pour 12% avec 90.000 tonnes de laminés en 2005 et déjà 140.000 tonnes pour le premier semestre 2006. Le soufre, les engrais naturels et chimiques, les tôles et feuillards en fer et acier complètent pratiquement le reste. Pour sa part, le Maroc exporte essentiellement des agrumes pour plus de 90%. Le marché russe a d’ailleurs concentré 30 à 35% des exportations d’oranges pour 2005/2006, sauvant ainsi une campagne qui aurait pu être plus morose pour les agrumiculteurs marocains.Amine BOUSHABA

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