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    Economie

    2M, TVM mais aussi les radios et la publicité : La politique audiovisuelle en préparation

    Par L'Economiste | Edition N°:226 Le 18/04/1996 | Partager

    L'idée trottait depuis longtemps dans la tête de Moulay Driss Alaoui M'Daghri: une politique d'ensemble pour l'audiovisuel. La crise de 2M précipite le mouvement.


    La chaîne privée passe dans le giron public: les documents sont signés cette semaine entre le président de la SOREAD, M. Fouad Filali, et le gouvernement, en fait les ministres des Finances et de la Communication. Mais la mini-révolution devra aussi toucher RTM, les radios et la publicité, annonce le ministre de la communication, Moulay Driss Alaoui M'Daghri.
    Pour 2M, les actionnaires actuels de la SOREAD (ONA: 54%, BMCE et TF1: 8% chacun; Vidéotron, CIMR et BCM: environ 5% chacun, Al Amane et Sopar: 3% chacune) procèdent à une "opération accordéon" sur le capital social de 495 millions de DH: ils absorbent les pertes (estimation au 1er janvier 1996: 450 millions) par une diminution de capital. Puis l'Etat entre par une augmentation réservée, en deux tranches, pour un total de 100 millions. "La première tranche publique (50 millions) est trouvée" dans "un budget de subvention à l'audiovisuel non encore utilisé", précise le Ministre. La seconde sera portée "certainement par l'ONPT", en attendant la ligne budgétaire correspondante. Au total, SOREAD-publique sera contrôlée à hauteur des deux tiers par l'Etat, le reste par le groupe des actionnaires privés déjà présents et où l'ONA apportera 38 millions supplémentaires. "Plus tard, la chaîne sera reprivatisée, dès que les circonstances le permettront", ajoute M. Alaoui M'Daghri. Les chiffres ne correspondent pas toujours bien, entre l'ONA et le Ministère, "question de mise au point technique de la convention", explique-t-on de part et d'autre.
    "L'Etat sauvera 2M", explique le ministre qui balaie d'un revers de main les soupçons de mainmise: "Ne soyez pas naïfs, si 2M a développé un ton moderne, c'est que l'Etat le voulait bien, je ne vois pas pourquoi cette volonté changerait du jour au lendemain". Mais on n'est qu'à demi-rassuré: ce n'est pas à ce niveau que le jeu se joue, mais plutôt de savoir quels courants dans l'Etat auront le plus d'influence auprès de chacune des chaînes et si les luttes de courants ne vont pas aboutir à paralyser 2M comme elles paralysent RTM.

    Pas naïf non plus, le ministre fait le portrait du futur patron sur qui tout se jouera: énergique, dynamique, rompu aux méthodes de la gestion privée... puisque l'effet immédiat de la prise de contrôle de l'Etat sera le changement de l'équipe managériale. Mais il n'y a pas de nom sous le portrait pour l'instant.
    Le ministre n'accepte pas la mise en cause de l'Etat dans la situation de 2M: frais d'établissement trop élevés, dépenses pas toujours liées à l'activité, maladresses sur le repositionnement... Il n'accepte pas non plus les études de Sunergia sur le piratage: "il faudrait une véritable enquête". De part et d'autre, un fort bémol est mis sur les reproches mutuels: l'essentiel est de sauver la chaîne.
    La politique que veut lancer Moulay Alaoui M'Daghri a donc été hâtée par la crise de 2M, mais il souhaite aussi introduire des formes de gestion plus rationnelles à la RTM. "La RTM n'a que 4 millions de DH en tout pour acheter des films, plus 7 pour les productions locales", souligne-t-il, mais il n'ajoute pas que les ressources sont en réalité dévorées par les frais de fonctionnement, à l'image de ce qui se passe dans les établissements publics lorsque les influences bureaucratiques ne sont pas nettes. Il se propose là aussi de changer les équipes, mais là encore, il n'y a pas de nom qui se dégage avec certitude.

    Doublement de la redevance

    Pour les deux chaînes, il faudra trouver de l'argent. Ce sera la redevance qui va doubler: actuellement de 5 à 20DH, elle passera dans une échelle allant de 10 à 20DH, toujours à payer avec les factures d'électricité. Mais le recouvrement auprès de l'ONE et des régies sera plus méticuleux. En effet, les arriérés sont de 390 millions de DH, pour moitié chez l'ONE et le reste chez les régies. L'ONE versera ses arriérés d'ici le début de l'année prochaine. Avec les régies "les discussions sont en cours".
    Toujours pour la télévision, les programmes marocains sur satellites incluront des offres des deux chaînes, tandis qu'un "bouquet" pourra être composé avec des chaînes étrangères, en particulier A.R.T.
    Les dossiers de la radio sont aussi ouverts et le premier d'entre eux sera celui de Médi 1, via l'aide qu'elle reçoit par les livraisons électriques gratuites.
    Pour les régies publicitaires, le dossier est ouvert, les deux négociateurs ne présentent pas le problème de la même façon. Pour l'ONA, Régie 3 est liée à 2M et devrait donc partir avec elle. Pour le ministre de la Communication, c'est le SAP qui devra être reformulé.
    Enfin, deux textes seront présentés au Parlement: une loi sur la publicité, nerf de la guerre, et une autre sur l'audiovisuel, bien que pour elle, l'essentiel de la partie soit déjà joué avec la reprise de 2M par l'Etat.

    Nadia SALAH

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