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    Affaires

    207 millions de DH détournés à la BP

    Par L'Economiste | Edition N°:2143 Le 02/11/2005 | Partager

    . Plusieurs personnes mises en examen dont l’ex-directeur régional de la BP Oujda. Un parlementaire est également suspecté . Deux clients si sérieux inventent le “détournement revolving”Comment peut-on pomper plus de 200 millions de DH à une banque sans être inquiété et passer en plus pour des clients exemplaires? C’est ce qui s’est passé à la Banque Populaire d’Oujda, où l’une des plus grosses affaires de détournement de fonds, jamais arrivées au Maroc, vient d’éclater au grand jour. Tout commence en 2001, lorsque l’Inspection générale (IG) du Crédit Populaire effectue une visite inopinée à l’agence de Layyoun Sidi Mellouk (près d’Oujda). L’examen des comptes d’Abdessalam Hssaini, client de cet établissement et homme d’affaires, ainsi que ceux d’un parlementaire de la région (voir encadré), dévoile de graves dysfonctionnements à l’origine de la dilapidation de milliards de centimes dont ont bénéficié de manière frauduleuse les deux suspects. Pour mettre sur pied leur stratagème, les deux “clients” de la banque ouvrent une dizaine de comptes à la BP, Wafabank ou encore au Crédit Agricole de Sidi Yahya Gharb. Les comptes sont ouverts à leur nom ou au nom de tierces personnes, de simples employés d’une société appartenant au parlementaire. Avec la complicité de Lakhdar Belakhdar Miloud, ex-directeur régional de la BP Oujda, et Abdelali Oumri, son chef des engagements, “les deux suspects ont réussi à mettre en place des lignes d’escomptes et de facilités de caisse d’une incroyable générosité”, confie une source proche du dossier. Celle-ci explique que Hssaini et le parlementaire usaient et abusaient des deux autorisations d’escompte et de crédit immédiat, respectivement à hauteur de 3 millions de DH pour l’un et de 2,5 millions pour l’autre. Les deux hommes procèdent alors à des remises massives d’effets à maturité de 90 jours et de chèques pris à l’escompte par la banque. Avant l’échéance des effets et la compensation des chèques, et pour parer aux retours d’impayés, ils provisionnent les comptes des émetteurs par le biais d’ordres de virement, nourris à leur tour par d’autres remises à l’escompte ou en puisant dans les facilités de caisse mises à leur disposition et pouvant atteindre 1,8 million de DH. Il s’agit d’un ingénieux système de détournement qui s’apparente à la cavalerie mais en plus sophistiqué. Les deux hommes disposaient également d’autorisations de dépassement des escomptes extensibles. Le circuit reliait les deux comptes ouverts à la BP Oujda, à d’autres comptes ouverts dans d’autres villes et établissements bancaires. “Le fait d’avoir plusieurs comptes dans différentes villes, leur permettait de bénéficier des délais d’escompte et de compensation pouvant aller jusqu’à 20 jours”, souligne la même source. En avril 2001, les enquêteurs de l’IG terminent leur travail et adressent un rapport à la direction centrale de la banque: ils concluent à une nouvelle forme d’escroquerie, “le détournement revolving”. Le circuit mis en place par les deux suspects et leurs complices au sein même de la banque leur ont permis de pomper 207 millions de DH, grâce à des chèques en bois, et des effets matérialisant des opérations commerciales fictives.Les deux hommes avaient en plus contracté d’importants crédits auprès de la BP Oujda. “Hssaini avait contracté des crédits à échéance fixe d’un montant global de 3,1 millions de DH. Le parlementaire en avait contracté trois d’un total de 1,1 million”, confie une source à la BP d’Oujda. Selon cette dernière, avant la visite de l’IG, les dossiers de crédit des deux suspects ne présentaient aucune anomalie. Après le passage de l’Inspection générale et la découverte du pot aux roses, les autorisations (escomptes, facilités de caisse…) accordées aux deux hommes furent bloquées et tout le circuit s’est effondré. Une plainte est alors introduite, la même année par la BP auprès du procureur du Roi près la Cour d’appel d’Oujda pour “détournements de fonds, escroquerie, abus de confiance, faux et usage de faux et complicité”. On ne sait pas pourquoi le dossier traîne jusqu’en février 2005, date à laquelle le procureur reçoit une dénonciation pour détournements de fonds et escroquerie. L’affaire est réactivée et Bachir Bouhaba, juge d’instruction près la Cour d’appel d’Oujda, est saisi. Bouhaba instruit actuellement le dossier. Le 7 juillet dernier, il avait décidé de mettre sous surveillance judiciaire 13 personnes dont l’ex-directeur régional, le chef du département des engagements et Abdessalam Hssaini.


    Suspect n°1

    Le nom du parlementaire n’a pas été révélé pour deux raisons: d’abord, parce qu’il ne fait pas partie des personnes mises sous surveillance judiciaire et que son nom ne figure pas sur le rapport de l’instruction mais seulement sur la plainte de la banque. La seconde raison tient à son statut même de parlementaire. L’Economiste a enquêté sur sa situation actuelle et il s’est avéré qu’aucune demande de levée de l’immunité n’a été introduite à son sujet. Le parlementaire n’en est pas moins le suspect numéro 1 dans cette affaire, même s’il est davantage protégé par le droit que ces «associés», et les employés de la banque.


    Les avertissements de Bank Al-Maghrib

    L’affaire des 207 millions de DH n’est manifestement pas un cas isolé. Une correspondance du wali de Bank Al-Maghrib (BAM) datée du 29 juillet 1999 et adressée au DG de la BP de l’époque, Fayçal Zemmama, évoquait déjà «de sérieuses insuffisances dans la gestion de certaines Banques Populaires régionales dont la situation suscite de graves inquiétudes». A cette époque, le Crédit Populaire a bien dépêché une investigation, mais pour une raison non élucidée, le dossier n’a pas reçu de suivi.Naoufal BELGHAZI

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