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    2009, année noire pour les pays pauvres

    Par L'Economiste | Edition N°:3240 Le 25/03/2010 | Partager

    . Victimes d’une crise qu’ils n’ont pas causée. Plus de 100 millions de personnes dans l’extrême précaritéChômage, croissance en berne, déficits publics abyssaux… La crise frappe l’Europe, certes, mais elle risque d’avoir des conséquences bien plus dramatiques pour les pays pauvres. Ils mettront de nombreuses années à se reconstruire. On estime que plus de 100 millions de personnes sont tombées dans l’extrême pauvreté dans le monde. Un rapport du Parlement européen demande une augmentation de l’aide au développement. «Pour le monde développé, la crise sera synonyme de petit accroc transitoire, tant en intensité qu’en durée. En revanche, pour bon nombre de pays en développement, elle menace d’anéantir toute une décennie de lutte contre la pauvreté et l’exclusion». Le constat dressé par le rapport de l’Espagnol Enrique Guerrero Salom (Socialistes et démocrates) fait froid dans le dos. Il pointe une réalité qu’on oublie souvent, trop préoccupés par le ralentissement économique des pays déjà riches. Lorsque la crise financière a frappé le monde, certains ont cru que les pays pauvres, peu intégrés dans le système financier mondial, ne seraient pas touchés. Mais la crise s’est étendue à l’économie et au social. Et les pays en voie de développement en sont devenus les premières victimes. Les chiffres sont éloquents. La croissance des pays en développement a été divisée par quatre entre 2007 (7,9 %) et 2009 (2,1%). Le prix des matières premières, source de revenus importants pour ces pays, a chuté de 20%. Les flux de capitaux sont passés de 1.000 à 600 milliards de dollars, l’aide au développement a diminué de 22 milliards de dollars. Les pays pauvres se trouvent ainsi dans une situation intenable. Leur dette publique a augmenté de 2% alors que les prêts des institutions financières mondiales s’adressent en premier lieu aux économies développées. Seul 1,6% des prêts du Fonds monétaire international ont ainsi été alloués à des Etats africains. Dans le même temps, les besoins en financement devraient s’élever à 315 milliards de dollars en 2010 - 11 milliards manqueront notamment pour des dépenses essentielles comme l’éducation, la santé, les infrastructures et la protection sociale. Les conséquences sont directes et dramatiques pour les populations. On considère que 100 millions de nouvelles personnes ont rejoint le milliard d’êtres humains en situation d’extrême pauvreté. En Afrique subsaharienne, ce sont entre 30 et 50.000 enfants supplémentaires qui sont décédés des suites de la crise. Dans ce contexte, l’Union européenne a un rôle à jouer : elle est à l’origine de 60% de l’aide au développement dans le monde. Le rapport d’Enrique Guerrero Salom, qui devrait être présenté en session plénière mercredi et voté hier jeudi, appelle à une réponse forte et rapide du monde développé, qui devra être suivi par une action sur le long terme. Les députés européens demandent ainsi aux Etats membres de l’Union européenne d’augmenter les montants qu’ils consacrent à l’aide au développement. Ils se sont en effet engagés à y consacrer 0,56% de leur revenu national brut en 2010 et 0,7% en 2015. En attendant, ils n’en sont qu’à 0,4%. Dans le contexte de la crise, il est en effet difficile de débloquer des budgets supplémentaires. C’est pour cela que les députés européens proposent la mise en place d’une «taxe Tobin» sur les transactions financières, dont les revenus seraient dédiés à l’aide au développement. De même, ils estiment que 25% des recettes tirées de la mise en vente des quotas d’émissions de CO2 devraient aller à la lutte contre le changement climatique dans les pays en développement. Synthèse L’Economiste

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