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    Culture

    200 fautes dans un livre scolaire
    Deux des auteurs se fâchent

    Par L'Economiste | Edition N°:1676 Le 05/01/2004 | Partager

    . Nous avons reçu de deux des cinq auteurs du livre scolaire, «Le Chemin des lettres», le courrier suivant. Bien que ce courrier n'ait pas été transmis comme le prévoit la loi, nous le mettons à la disposition de nos lecteurs: tant de langage fleuri ne doit pas rester confidentiel, même si nous regrettons vivement que si peu de fond accompagne cette forme exubérante.Les articles du 15 décembre 2003 de L'Economiste et Assabah, associés dans une vulgaire cabale contre Le Chemin des lettres, veulent évidemment une réponse. Notre objectif n'est pas de nous engouffrer dans la boucle vengeresse, et indigne, d'insultes émises par d'obscurs manipulateurs sous la plume de gazetiers barbouilleurs. C'est une spéculation que nous ne nous abaisserons même pas à couler, elle se dénonce d'elle-même. Nous nous défendrons, certes, mais nous le ferons auprès des instances compétentes pour diffamation, usurpation de titre et incitation au trouble par manipulation d'un organe de communication.Nous savions que le faux engouement pour la réforme occasionnerait divers abus. Dans le même temps, nous pensions que l'entreprise de libération des manuels favoriserait l'ouverture d'un dialogue sérieux, parfois accentué en polémique, mais indispensable pour une exacte formulation des besoins des élèves en matière de pratique des langues et de structuration de la pensée. Le débat est en train de subir des dérives imprévues! Nous estimons qu'il est de notre devoir de rassurer les parents et d'éclairer le public, de l'aider à se protéger contre le jeu insidieux par lequel des corporations, mues par un bas instinct de sécurité grégaire, et financière, se permettent, sous couvert d'exigences intellectuelles, l'instauration d'une espèce de morale à sens unique.Malgré notre indignation, nous nous devons de reconnaître que ces articles auront permis, de façon indirecte, de poser les vraies questions, celles liées aux enjeux véritables des uns et des autres: - Une question d'ordre déontologique. Les exigences du métier de journaliste auraient imposé que les auteurs des articles vérifient la justesse de l'information, le «200 fautes» en manchette, totalement injustifié, a des relents de titre à sensation, coutumier des journalistes en mal de scoops. Les caractérisations injurieuses à propos des parcours universitaires et professionnels des auteurs du manuel prouvent l'absence d'informations vérifiables et d'arguments solides.- Une question d'ordre méthodologique: il s'agirait d'une enquête. Quel en est l'objet? Quelle en est la méthode? Pourquoi les autres manuels n'ont-ils pas fait l'objet d'une lecture similaire? Si la prétendue enquête n'a porté que sur un manuel, il aurait fallu justifier le choix de ce manuel et présenter des résultats autrement plus probants, en ce qu'ils se fondent non pas seulement sur un rapport fantôme mais sur une véritable analyse. Et quand bien même ce rapport existerait, de quel droit est-il mis au-dessus de la décision d'une commission ministérielle, dont l'impartialité et la dignité sont d'ailleurs également mises en cause.Ces deux interrogations en induisent une autre dont aucune des propositions n'honore les journaux en question. Sont-ils acteurs dans cette entreprise de manipulation? Ont-ils quelque intérêt dans une stratégie d'occupation de l'espace de l'édition des manuels scolaires? Ou sont-ils eux-mêmes des victimes aveugles, prêtes à faire feu de tout bois?Dans un cas comme dans l'autre, ils n'ont pas le droit d'oublier les rudiments du métier d'enquêteur! Dans un cas comme dans l'autre, ils mettent en péril la crédibilité de leurs journaux.Deux autres questions s'imposent. Une question à la fois pédagogique et politique. Qui définit le français à enseigner au Maroc? Ou, en d'autres termes, quel français enseigner au Maroc? Est-ce ce «Français Langue Etrangère moyen» contrôlé par des instances n'ayant aucun intérêt à voir les élèves et les enseignants marocains se dégager de la gangue d'un niveau seuil abrutissant, et dont les auteurs des articles et leur fameux linguiste gardent l'empreinte? Ou le français des textes d'auteurs, des grammaires traditionnelles et de la langue standard à l'usage, seul susceptible de contribuer à respecter les principes d'ouverture à d'autres formes de pensée et de valeurs prônés par la Charte.Et une question d'ordre académique: le journaliste a l'air de fonder ses arguments fallacieux sur deux autorités dont on est en droit de douter. Nous ne connaissons ni les motivations ni les titres du Grevisse de Settat, plus averti que tous les autres enseignants marocains, y compris ceux qui ont expressément demandé à leurs délégations d'utiliser Le Chemin des lettres. Quant à la linguiste, elle aurait mieux fait de contrôler la qualité grammaticale et stylistique des articles du journal, qui s'arroge le droit de lui attribuer le titre d'expert. Si l'expertise consiste à cliquer sur un correcteur orthographique, ou à régurgiter des notions rudimentaires que nous apprenons à nos étudiants à dépasser (interférence=apprentissage tardif du français…), alors tous les propriétaires des cybercafés devraient travailler pour L'Economiste, et à moindre coût. Qu'on ne nous réponde pas par la trop galvaudée et mal comprise liberté d'expression quand «liberté» veut dire «dénigrement» et que l'expression laisse à désirer. Jusqu'à quand la recherche dans notre pays sera-t-elle mêlée au dogmatisme impénitent des demi-savoirs? Jusqu'à quand la culture répressive dont nous avons souffert permettra-t-elle à la médiocrité d'être prolongée en système de pensée? Au lieu de semer le trouble en mettant en doute les travaux tout à fait honorables de la commission, nous aurions souhaité que soit proposée une véritable enquête sur les mécanismes de réception chez les inspecteurs et les enseignants et qu'un débat soit engagé sur les modes d'application de la réforme. Le temps n'est plus à la chasse aux sorcières!! Que des erreurs de frappe aient pu se glisser dans les documents incriminés ne justifient aucunement un tel tollé, d'autant qu'il prend les allures d'un discours propagandiste qui contrarie même la justesse des énoncés cités, et nous n'entrerons pas ici dans le jeu des justifications techniques et linguistiques. Nous le ferons lorsque la réflexion se situera à un autre niveau de crédibilité scientifique, lorsque la contestation ne sera plus le fait d'un intégrisme intellectuel, c'est-à-dire d'une résistance apeurée au changement, lorsque les productions seront mises à l'épreuve d'un traitement scientifique et non soumises à des jugements diffamatoires. Professeurs S. El Harmassiet A. Bel Lakhdar

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