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    Economie

    ²Agro-industrie : De nouveaux marchés pour les exportations marocaines

    Par L'Economiste | Edition N°:157 Le 08/12/1994 | Partager

    Des changements radicaux sont actuellement relevés au niveau du comportement des opérateurs marocains vis-à-vis des marchés extérieurs. Toutefois, certaines branches du secteur agro-industriel restant bloquées, notamment par l'inadéquation des structures et l'absence de stratégie cohérente. L'AMI dresse le bilan.

    "AUJOURD'HUI, et pour la première fois, les opérateurs marocains sont véritablement à l'écoute des consommateurs des marchés étrangers", soulignent d'emblée les dirigeants de l'Agribusiness Marketing Investissement (AMI). L'entrée en vigueur des accords du GATT, ajoutent-ils, va permettre des changements dans la diversification des produits, mais aussi dans les technologies employées dans les chaînes de production et d'expédition.

    De plus, outre l'Europe, de nouveaux marchés s'ouvrent actuellement aux exportations marocaines. "Il s'agit de marchés valables au-delà des périodes européennes qui permettront de prolonger la présence du Maroc à l'étranger". C'est le cas, notamment de l'Europe de l'Est, de l'Amérique du Nord, mais aussi du Moyen-Orient.

    Un changement qualifié "d'assez radical" s'est donc opéré dans le comportement des décideurs des sociétés marocaines. Durant l'été 1994, un grand nombre de missions ont été organisées à destination du Canada, des Etats-Unis, ainsi que de la Scandinavie et de la Russie. "Pour la première fois, les décideurs sont allés prospecter, mais surtout comprendre les goûts des consommateurs".

    Toutefois, "la question qui se pose est celle de savoir comment ils useront de toutes les informations pour réinvestir et renouveler l'industrie". Avec une production de près de 38 milliards de DH, réalisée par plus de 1.500 entreprises spécialisées dans le traitement des produits végétaux et halieutiques, et une valeur ajoutée de 12,5 milliards, le secteur agro-industriel contribue pour un tiers aux résultats des industries de transformation. En outre, ce secteur pèse 5,7 milliards de DH en chiffre d'affaires pour près de 20% des exportations industrielles et emploie environ 100.000 personnes. Toutefois, en dépit de ces performances, les potentialités sont loin d'être exploitées à leur optimum. Insuffisance des équipements, faible capacité, inadaptation aux normes de qualité exigées sur les marchés étrangers, tels sont les quelques goulots d'étranglement du secteur relevés par les responsables de l'AMI.

    De plus, soulignent-ils, "suite aux accords du GATT, des associations de professionnels se sont mobilisées dans le but de dialoguer avec leurs homologues étrangers". L'exemple le plus frappant est celui de l'Ampexfleurs qui a entamé des négociations avec les producteurs, les importateurs et les distributeurs français "pour aboutir à un accord spécial qui permettrait l'importation de fleurs, exonérée de droits de douane, à l'instar des années précédentes. Le même niveau de droit d'entrée a été maintenu". Parallèlement à ces négociations, les producteurs de fleurs se sont penchés sur l'étude d'autres moyens de rehausser le niveau de compétitivité sur le marché extérieur, notamment concernant la question du transport. En effet, par leur croissance explosive, les exportations de fleurs coupées ont montré les limites de l'organisation du fret aérien et du transport par camions. Pour ce dernier, de nouvelles méthodes de transport sous atmosphère contrôlée sont en cours de réalisation.

    De leur côté, les producteurs de fruits et légumes frais restent confrontés aujourd'hui à d'importants obstacles. En effet, les experts de la Banque Mondiale(1) estiment que l'amélioration de la compétitivité, notamment sur le marché de l'Union Européenne, principal débouché du Maroc, passe par la résolution de plusieurs problèmes. Il s'agit notamment:

    -du manque de diversification de la production et de la structure commerciale,

    -de l'inadéquation des pratiques culturales,

    -de l'insuffisance de l'application des techniques modernes de gestion des risques.

    Dans un autre volet, il est souligné la concentration sur l'UE, et particulièrement la France, des exportations marocaines. Mais, outre la diversification géographique, les experts recommandent une adaptation des produits exportés au goût des consommateurs étrangers et l'amélioration de la qualité des variétés. Toutefois, cela suppose une réponse à plusieurs questions situées en aval, allant de l'accès à la terre à l'assouplissement des conditions de financement. Pour les analystes de l'AMI, les entreprises orientées sur les marchés extérieurs doivent mettre en place les moyens pour mieux gérer les risques, en particulier le renforcement des stratégies et des techniques commerciales.

    Pour l'année 1995, l'AMI mettra l'accent sur l'élargissement des gammes de produits admissibles sur le territoire américain. Des séries de tests sous atmosphère contrôlée seront effectuées concernant particulièrement la tomate verte et le melon.

    Meriem OUDGHIRI

    (1) Cf L'Economiste du 26 mai 1994.

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