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Société

«Wahhabisme, connais pas!«
Entretien avec Omar Alkzabri, imam de la Mosquée Hassan II

Par L'Economiste | Edition N°:2693 Le 16/01/2008 | Partager

. S’attacher aux valeurs pour s’immuniser mentalement. Personne n’est mandataire de Dieu . Prudence face à l’inflation des fatwas «Le Mo’qriî Marocain», c’est le titre que porte le premier CD de Omar Alkzabri paru en Arabie Saoudite. Durant son séjour à Djeddah, l’imam actuel de la Mosquée Hassan II a pu imposer son style: djellaba marocaine et récit coranique selon la méthode Warch. Certains l’accusent d’avoir été imprégné par la doctrine wahhabite durant son voyage en Arabie. Dans cet entretien, l’imam de la Mosquée Hassan II revient sur son parcours, les valeurs marocaines et d’autres questions religieuses et politiques. - L’Economiste: Parlez-nous un peu de votre parcours?- Omar Alkazabri: C’est mon père qui m’a inculqué mes premiers cours de théologie. J’ai appris le coran sur des tablettes. Ce sont ces longues ardoises en bois utilisées dans les écoles coraniques. Il fallait par la suite m’initier aux techniques de la psalmodie auprès de grands maîtres. Je me suis beaucoup inspiré d’autres lecteurs du Livre saint (mo’qriî). Le fait d’avoir été imam à un âge précoce a renforcé mon sens de responsabilité. Ma nomination à l’imamat de la Mosquée Hassan II et l’obtention du prix Mohammed VI de psalmodie sont parmi mes plus beaux souvenirs. - Des idées contraires aux valeurs marocaines trouvent des échos auprès de certains concitoyens. Comment y faire face? - Le Maroc, comme dans d’autres pays musulmans, est envahi par des concepts obscurantistes et nuisibles tels que «mécréants», «apostasie»… Les parents doivent protéger leur progéniture de cette culture intégriste. L’Etat doit quant à lui ouvrir les minbars à des théologiens avertis. C’est d’ailleurs la politique qui est actuellement menée. - Votre séjour en Arabie saoudite a-t-il influencé votre formation? - Je ne suis pas parti en tant qu’étudiant mais plutôt en tant que professeur et imam. L’émigration a été l’unique alternative pour subvenir aux besoins de ma famille. Mon père venait juste de décéder. Ce voyage n’a pas impacté mes convictions surtout que je suis foncièrement attaché à mes traditions marocaines. A Djeddah, je portais la djellaba lors de la prière et je récitais le coran selon la tradition Warch. C’est la méthode adoptée au Maroc. - Certains affirment qu’il y a d’autres raisons derrière votre départ à l’étranger. Vos positions critiques sur la situation au Maroc vous ont valu des pressions. Est-ce vraiment le cas? - Chacun est libre de s’exprimer comme il l’entend. C’est en 1997 que je suis parti en Arabie saoudite. Et c’est ma défunte mère qui a insisté pour que je retourne au pays. Elle m’avait prédit un avenir radieux. - Confirmez-vous que le Wahhabisme n’a eu aucun impact sur votre formation théologique? - Je ne suis pas wahhabiste. Ma réprobation est totale envers ceux qui veulent imposer une tutelle sur nos convictions intimes. Ils se considèrent comme des mandataires de Dieu. Leurs accusations me reprochent aussi d’être un imam officiel. Il existe un consensus et des fondamentaux dans la nation. Je suis dégoûté par l’intégrisme et ses incarnations dont l’intolérance. Mon message est de protéger notre foi, notre rite malékite et nos valeurs et de nous unir autour du Souverain… Des visées haineuses ciblent l’intégrité territoriale de la nation. Et je suis même prêt à rejoindre les rangs de l’armée s’il le faut. - Les fatwas envahissent les chaînes satellitaires et les sites internet. Quel comportement faut-il adopter? - J’ai toujours appelé à la prudence face à l’inflation des fatwas infondées. Recourir aux sources du savoir renforce la foi. Nous avons nos propres théologiens et qui de plus se réfèrent au rite malékite. Une doctrine religieuse garante de notre unité. - Certains critiquent le manque de réactivité des Ouléma du Maroc…- Ce sont des allégations qui témoignent d’une paresse mentale. Ils doivent plutôt chercher leurs réponses auprès des théologiens. L’attentisme ne paye pas. Je ne prétends pas détenir le savoir. Mais il m’arrive souvent d’entendre des bêtises sur les chaînes satellitaires. Ce qui prouve qu’il existe bel et bien des charlatans de la théologie. - On les accuse également d’être des savants officiels et dociles…- C’est une erreur d’encenser toujours les théologiens «opposants». L’histoire est pleine d’exemples de savants en bons termes avec les gouvernants et qui ont servi loyalement leur pays. Je n’affirme pas qu’il ne puisse exister de débat autour de la question de légitimité. Mais il y a des règles à respecter dont une certaine déférence envers les tenants de la chose publique.Jihad RizkTraduction: Faiçal FAQUIHI

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