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    «Porter le bon message là où il faut«

    Par L'Economiste | Edition N°:2294 Le 09/06/2006 | Partager

    La Ligue de lutte contre les maladies sexuellement transmissibles veut impliquer les imams et prédicateurs dans leur action. C’est le meilleur moyen pour toucher le plus de personnes et les sensibiliser, explique le président de l’association, le Pr. Abdelhak Sekkat. Les premiers imams et mourchidates formés serviront de relais pour une diffusion plus large des outils et méthodes de sensibilisation auprès de leurs pairs et, partant, d’un large éventail de la population. C’est la méthode, dite en cascade largement appliquée et qui a porté ses fruits avec d’autres intervenants. - L’Economiste: Dans quelle mesure pensez-vous que la mobilisation des imams peut être efficace dans la lutte contre le sida ? - Pr Abdelhak Sekkat: Je tiens tout d’abord à préciser que la ligue de lutte contre les maladies sexuellement transmissibles (MST), créée en 1990, avait en réalité l’ambition depuis fort longtemps, avant même l’avènement du sida, de rentrer en contact avec les oulémas. Nous pensons en effet que c’est la meilleure façon pour porter auprès des Marocains, le message d’un meilleur comportement sur le plan sexuel pour éviter les infections sexuellement transmissibles (IST). Quand le sida est arrivé, nous étions obligés de brûler un peu les étapes. Nous avons demandé alors expressément au ministère des Affaires islamiques, et même à feu Hassan II, l’autorisation de pouvoir rentrer en contact avec les oulémas. C’était vers les années 94-95 déjà. Et ce n’est qu’aujourd’hui que cela devient effectif. . Comment comptez-vous vous y prendre concrètement ? - Nous avons mené une première expérience avec les militaires. Pendant cinq ans nous avons formé les médecins en «cascade». C’est-à-dire que les médecins formés vont former les officiers. Et ceux-ci vont à leur tour initier les sous-officiers, qui inculqueront ensuite leurs connaissances aux soldats. Ces derniers vont sensibiliser de manière continue leurs camarades. C’est exactement la même stratégie que nous voulons appliquer avec les oulémas. Stratégie que nous appliquons d’ailleurs déjà avec d’autres acteurs. C’est ce que nous pratiquons en formant ce que nous appelons des éducateurs pairs. Nous en avons formé énormément avec les associations et le ministère de la Santé publique grâce à l’appui du Fonds mondial. Maintenant nous cherchons à utiliser cette même formation en cascade avec les oulémas. Nous les sensibilisons ou si vous voulez nous mettons à niveau leurs connaissances en matière d’IST, de sexualité, de sexologie. A leur tour, ils vont porter le message et former leurs pairs, d’autres mourchidines en cascade jusqu’à arriver aux imams qui vont avoir alors les armes nécessaires pour pouvoir affronter et faire face à ces problèmes qui ne sont pas encore inquiétants. Mais nous préférons prendre les devants pour endiguer l’avancée et des IST et du sida. Nous avons aussi mis sur pied un guide simple pour le mettre à leur disposition pour les aider à savoir comment mener leur tâche de sensibilisation, de porter le bon message là où il faut et comme il faut.. Les mourchidates seront-elles, elles aussi, mises à contribution ? - Bien évidement. Et nous comptons énormément sur leur apport pour vulgariser les informations auprès des femmes, population fortement exposée. Le rôle de ces actrices religieuses dans l’opération de lutte contre la pandémie est indéniable. . Vous avez mené une enquête pour juger des connaissances des imams sur la question. Quels en sont les principaux résultats ? - Effectivement, un questionnaire a été adressé à 350 imams et mourchidates. Les résultats de cette enquête sont très édifiants. Ils indiquent qu’il y a beaucoup à faire en matière de sensibilisation des imams et mourchidates. . Avez-vous rencontré des réticences étant donné que tous les sujets à connotation sexuelle relèvent encore du domaine du tabou? - C’est vrai. Mais moins qu’il y a quelques années. Il y a une trentaine d’années, il y avait une réticence absolue. Dès qu’il était question de sexe et de sexualité ou de prostituées, les imams étaient complètement fermés. Maintenant ils sont plus ouverts, je dirai même très ouverts. Et rares sont ceux qui refusent de rentrer en contact avec nous ou de s’impliquer. Ils sont vraiment très peu nombreux. L’enquête relève un faible pourcentage, 2%, de ceux qui ne veulent rien savoir. Aujourd’hui, nous avons affaire à une nouvelle génération d’imams, jeunes et ouverts. Tous ceux que nous allons former sont jeunes. A peine la trentaine ou moins que ce soit chez les femmes ou les hommes.. Combien comptez-vous en former au total ? - Dans un premier temps, nous ciblons 300 imams et mourchidates dans différentes régions du pays. A eux incombera ensuite la responsabilité de former les autres. Mais, nous allons rester en contact permanent avec eux pour assurer le relais. La formation doit être continue et pérenne.Propos recueillis par Khadija EL HASSANI

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