×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Société

«On vaincra le cancer dans 20 à 25 ans«

Par L'Economiste | Edition N°:2624 Le 04/10/2007 | Partager

D’origine tunisienne, Mondher Mahjoubi occupe le poste-clé de directeur médical pour l’oncologie chez Roche. Il nous livre quelques explications sur le mécanisme d’action de l’Avastin et les espoirs qu’il suscite auprès des malades. . L’Economiste: Comment agit Avastin sur le cancer du poumon?- Mondher Mahjoubi: Une tumeur cancéreuse est composée de cellules qui, comme toutes les cellules, ont besoin de nutriments, d’oxygène… pour pouvoir croître. La cellule cancéreuse a la capacité de développer des produits capables de l’aider à créer de nouveaux vaisseaux qui vont chercher le sang et les nutriments tout autour d’elle. Un de ces produits, identifié depuis une trentaine d’années, est le VGEF (Vascular Endothelial Growth Factor). Ce dernier, secrété par les cellules cancéreuses, est responsable de la création de ces nouveaux vaisseaux. Ce processus s’appelle l’angiogenèse. Avastin est un produit spécifiquement ciblé pour neutraliser le développement de nouveaux vaisseaux et bloquer le développement des vaisseaux existants. Les cellules cancéreuses se trouvent alors privées de leur source d’énergie et meurent. Le concept est révolutionnaire. Au lieu de tuer directement la cellule, on la tue indirectement en lui coupant les vivres. Avastin a été testé à des stades précoces de la maladie avec des résultats probants permettant de prolonger la vie des malades de 33%. De même, il a été évalué sur d’autres tumeurs: cancer du sein, cancer du rein, cancer de la prostate, cancer du poumon… pour voir s’il est efficace sur toutes les tumeurs et à tous les stades.. Justement, y a-t-il des versions adaptées en fonction du type de cancer à traiter?- Non, le produit est le même, ce qui change c’est la chimiothérapie en fonction du type de cancer (sein, poumon, colon, rein …) et les doses d’Avastin, généralement entre 5 et 15 mg par kg toutes les 2 ou 3 semaines. Le mode d’administration est intraveineux. . Est-ce que tous les malades répondent positivement au traitement combiné: chimiothérapie et Avastin?- Il serait faux de prétendre que cela marche pour 100% des cas. Mais l’addition d’Avastin à une chimiothérapie double le taux de réponse. Dans le cancer du sein par exemple, il y a deux fois plus de réponse. Il y a aujourd’hui un besoin d’utiliser plus qu’un moyen de thérapie. La chimiothérapie, l’angiogenéthérapie, l’immunothérapie sont toutes des approches différentes. Ceux qui ne répondent pas à une méthode pourront répondre à l’autre.. Quelles sont les perspectives de Roche en matière de recherche et développement?- Nous avons trois volets de recherche. Primo: évaluer ce médicament à des stades moins avancés du cancer pour en augmenter l’efficacité. Secundo: développer de nouvelles molécules qui sont déjà évaluées sur l’homme en phases 1 et 2 et sur des animaux en pré-clinique. Tertio: continuer à affiner la sélection des malades et des cancers qui doivent bénéficier de ces soins. . Quelle est l’étape cruciale dans le processus de recherche?- C’est l’évaluation chez l’homme, car on a beau testé sur les souris, ce ne sont pas des humains. La cancérologie est probablement le domaine où l’on trouve le plus de décalage entre la souris et l’homme. . Pensez-vous qu’un jour on viendra à bout du cancer?- Le cancer est une maladie très complexe, il n’y a malheureusement pas de remède miracle. Aujourd’hui, on comprend mieux le cancer grâce aux progrès de la biologie et de la génétique. Ces progrès se cumulent les uns après les autres. Cela fait 25 ans que je suis dans le domaine, j’avais beaucoup d’enthousiasme au début, puis j’ai eu des déceptions. Néanmoins, avec ces nouvelles thérapies, l’enthousiasme revient. Et je pense qu’un jour on vaincra le cancer, ce sera peut-être dans 20 ou 25 ans, mais pas demain.


Parcours

Diplômé de l’Université de Tunis, Mondher Mahjoubi a poursuivi sa spécialisation en Oncologie à l’Institut Gustave Roussy (France), puis à l’Institut Salah Azaiez (Tunisie). Après avoir dirigé l’unité d’oncologie à Aventis France, Mondher Mahjoubi occupera le poste de responsable global du marketing et des affaires médicales auprès d’Aventis USA. Mahjoubi a rejoint Roche après un passage à Mayne Pharma Ltd (Londres) où il a occupé le poste de responsable global du marketing et des affaires médicales. Mondher Mahjoubi a cumulé une expérience de travail sur trois continents (Afrique, Europe et Amérique du Nord). D’ailleurs, il parle couramment l’arabe, le français et l’anglais. Propos recueillis par Aziza EL AFFAS

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc