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Culture

«Nous avons les artistes que nous méritons«
Entretien avec Hassan El Fad

Par L'Economiste | Edition N°:2379 Le 10/10/2006 | Partager

. L’humoriste présente Docteur Ghlala les 13 et 14 octobre au Megarama-Casablanca. Une fresque de quatre sketchsOne-man-show, émissions télévisées, spots publicitaires… l’humoriste Hassan El Fad rafle les honneurs. C’est sur scène qu’il déverse son côté comique. Dans sa vie privée, il est plutôt sérieux et raffole de l’histoire du Maroc. El Fad se démarque des autres humoristes par sa comédie de situation. Le Docteur Ghlala est une fresque de quatre sketchs: Gardien de voitures, Le Docteur Escargot, Il était une fois Tarik Bnou Ziad, Haja Zohra au CE1. El Fad n’est pas un moralisateur. Son but est juste d’offrir un moment de plaisir aux téléspectateurs. . L’Economiste: Docteur Ghlala a connu un réel succès à Meknès. Vous vous attendez au même triomphe à Casablanca?- Hassan El Fad: Je ne sais pas. C’est un spectacle plus au moins fassi puisqu’il est né à Fès. En tout cas, il a eu un succès lors de sa première et unique sortie publique au cinéma Rialto. Le public casablancais était très réceptif.. D’où vient l’idée de Docteur Ghlala?- J’étais convié à une réunion de l’association de bienfaisance «Ayni» qui a créé, m’a-t-on dit, le premier centre pédo-ophtalmologique en Afrique. Il s’occupe des chirurgies ophtalmologiques des enfants. Quelqu’un a fait une présentation avec des slides et j’ai trouvé que la forme était intéressante. Un personnage qui explique et donne un exposé scientifique à partir de l’image. J’ai trouvé d’abord le réceptacle pour héberger un certain nombre de gags qui se veulent scientifiques. C’est le décalage entre l’image et le commentaire qui génère de l’humour. Docteur Ghlala, est le sketch titre du spectacle. L’autre sketch, Tarik Bnou Ziad, est une parodie des péplums arabes, avec une petite proposition de réflexion sur une partie de l’histoire du Maroc. J’ai toujours aimé ce personnage. C’est l’un des grands héros du Maroc. C’est une personnalité très forte qui constitue un dénominateur commun pour le référentiel culturel et socioculturel marocain. . Nous ne vous voyons pas beaucoup sur le petit écran?- Pourquoi faire? Il faut présenter des émissions correctes, décentes et bien faites à travers lesquelles il faut respecter le téléspectateur. Je ne vois aucune raison de passer à la télé, puisque je ne dispose pas de ces critères pour le moment. Passer à la télé avec les moyens existants et la conjoncture actuelle relève beaucoup plus de l’aventure. La télévision est une industrie. Un travail à la chaîne s’impose même si on est dans la phase semi-professionnalisme au Maroc. Quand je monte sur scène, j’écris moi-même mon spectacle. Quand je vais à la télé, je travaille à la chaîne. Donc, je suis obligé de travailler avec d’autres écrivains et scénaristes comme il est d’usage dans toutes les télévisions du monde. . Justement, comment jugez la production ramadanesque de cette année?- Essayer de faire rire en prime time un public très éclectique et hétérogène est une opération très périlleuse et délicate sur le plan intellectuel, technique et même en termes de production. Il faut s’armer de beaucoup de courage pour tenter de faire rire les Marocains pendant le mois de Ramadan. . Pour les critiques, les productions proposées sont plutôt simplettes…- Je partagerai la responsabilité entre artistes, responsables audiovisuels, critiques et surtout le public. L’on ne se gêne pas de faire porter le chapeau à l’artiste, mais on oublie toujours la responsabilité du public. C’est lui qui a accouché de cet artiste. Nous avons les artistes que nous méritons. Comme disait Kandinsky (Ndlr: artiste-peintre) «l’œuvre est l’enfant de son temps». C’est la société qui fait que l’art est sublimé ou le contraire. L’art ressemble et reflète sa société. . Que doit faire le public?- Le public critique mais ne fait rien pour changer les choses. Est-ce que vous avez vu quelqu’un envoyer une lettre à un artiste ou à un responsable? Pas seulement pour dénigrer mais pour dire on aime ou on n’aime pas. Personne n’exprime quoi que ce soit. On critique et on regarde. Que fait l’association des consommateurs? Qui interpelle qui? Le citoyen ne s’organise pas pour revendiquer ces droits de manière civilisée et citoyenne. Qui est ce téléspectateur marocain? Est-ce qu’il y a une seule étude sociologique ou anthropologique sur ce supposé téléspectateur? Tout le monde parle d’une impression, surtout les journalistes et les critiques. Ils font de l’impressionnisme au lieu de la critique profonde et scientifique. . Etes-vous un moralisateur?- Non. Je n’aime pas les moralisateurs. Mon message à travers mon humour est de faire rire tout simplement. Pour le reste, je compte sur l’intelligence des uns et des autres pour trouver le droit chemin. Je ne suis pas là pour dire du bien ou du mal, puisque moi-même je ne fais pas la part des choses dans ce domaine. Alors, je ne suis ni armé, ni formé, ni apte à moraliser sur quoi que ce soit. Je vends de l’humour, c’est tout ce que je peux vendre. Je trouve que c’est une noble tâche, celle de faire rire les gens. Il faut les aimer pour les faire rire. Le rire n’est pas un outil, mais un but. Il est lui-même message. . D’où tenez-vous votre inspiration?- De ces mêmes marocains qui me ressemblent. Un humoriste français a trouvé que nous sommes des usurpateurs qui volons à la société ces états et la lui revendons. C’est une façon de simplifier le travail de l’artiste qui est celui de s’inspirer de sa propre société, de son propre élément socioculturel et d’en faire un travail artistique. Un travail spontané et irréfléchi. Un scannage continu et inconscient qui rejaillit un jour sous forme de gag, sketch ou spectacle.. Pourquoi un tel intérêt pour la publicité, est-ce pour le gain?- La publicité est un spectacle et nous sommes des gens de spectacle. Il se trouve que ces publicités viennent pour vénérer et sublimer un produit ou une marque. Tout comme une pièce de théâtre qui vient sublimer un concept social, une idée ou idéologie ou autres. Sauf que dans la publicité, les enjeux financiers sont plus intéressants! Je joue mon rôle dans un cadre de spectacle. C’est vrai que j’offre à mon partenaire l’exploitation de mon image. Ce qui est légitime et valorisant dans les deux sens. La pub doit valoriser l’artiste et le produit. Je me sens valorisé par la marque que je représente. Sans oublier le respect du public-client.. Si on devait vous comparer à un humoriste français, lequel choisiriez-vous? - Je n’ai pas fait beaucoup de films et je suis plus présent dans la scène et sur la télé. C’est difficile de se comparer à qui que ce soit. C’est vrai que j’adore beaucoup d’humoristes français. Mes idoles sont notamment Raymond Devos, Guy Bedos… et toute la nouvelle génération. En passant par l’humour maghrébin, juif-français ou juif-maghrébin. Chaque humoriste français, s’il arrive à se starifier c’est qu’il a du talent. Par exemple Gad El Maleh, qui est un gars de chez nous. . Vous aimez le saxophone, à quand un concert musical?- Je suis devenu un saxophonique d’un dimanche, avec mes amis. Je ne pense pas redevenir le musicien que j’étais dans le temps. J’ai un peu perdu la main, mais le saxo comme la bicyclette… ça ne s’oublie pas…. Vos projets?- Je concocte un-one-man-show et une série pour la télé.Propos recueillis par Fatim-Zahra Tohry

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