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    «Notre objectif est d'alphabétiser 500.000 personnes par an»

    Abdelhak Moutawakkil, directeur de la Lutte contre l'Analphabétisme

    Par L'Economiste | Edition N°:591 Le 09/09/1999 | Partager

    · Une année après l'adoption de la nouvelle stratégie de lutte contre l'analphabétisme, l'heure est au bilan

    - L'Economiste: Comment est venue l'idée d'organiser une journée pour l'alphabétisation?
    - M. Abdelhak Moutawakkil: Devant l'ampleur du problème de l'analphabétisme, l'Unesco a décidé en 1990 de consacrer le 8 septembre journée mondiale pour l'alphabétisation. Pour nous, c'est une journée très particulière, car elle vient une année après l'adoption de la nouvelle stratégie pour l'alphabétisation initiée par le gouvernement. C'est donc une occasion pour présenter le bilan de cette expérience et également le plan d'action et les perspectives d'avenir.

    - Parlez-nous de cette stratégie
    - C'est une stratégie en rupture avec celles adoptées précédemment. Elle part de l'évaluation de la situation qui a prévalu jusqu'à aujourd'hui. Celle-ci se caractérise surtout par un taux d'analphabétisme important. Aujourd'hui, 47% de la population est analphabète.
    Cette stratégie est également basée sur une évaluation des résultats des campagnes précédentes qui ont montré leur limite principalement au niveau du taux des déperditions qui a atteint 70%. C'est dire que ces programmes n'arrivaient plus ni quantitativement ni qualitativement à cerner la problématique.
    La nouvelle stratégie se fixe comme objectif de faire baisser le taux d'analphabètes à moins de 25% pour les années à venir. Elle vise également à adopter des programmes qui soient centrés sur les activités des bénéficiaires et qui a pour objectif leur insertion économique dans leur environnement.

    - Vous entendez par là que les programmes seront adaptés à chaque secteur d'activités?
    - Tout à fait. Nous avons ciblé trois grands champs pour opérer notre plan d'action. Le premier concerne l'entreprise dont la moitié des salariés sont analphabètes. Donc, il y a urgence à mettre en oeuvre des programmes d'alphabétisation avec les différents partenaires sociaux destinés à l'entreprise. Ces programmes doivent naturellement se rapporter au poste de travail.

    - La convention signée avec la CGEM s'inscrit dans ce sens. Quels sont les résultats de cette expérience?
    - Premièrement, les entreprises se font rembourser dans le cadre du système de contrats spéciaux de formation à hauteur de 80% sur la base de 2.000 DH par personne. Deuxième réalisation, nous avons entamé une action de sensibilisation des différents partenaires sociaux notamment les associations professionnelles, les syndicats et les représentants des salariés, afin qu'ils s'engagent dans ces programmes. Il s'agit là d'obtenir une action conjointe de tous les intervenants pour réussir ce projet à très court terme. Enfin, des chantiers importants ont été ouverts. Pour cette année, nous avons recensé plus de 1.500 salariés qui ont suivi des cours d'alphabétisation, c'est une première et on n'en est qu'au début.

    - Pour l'année prochaine, vous tablez sur quels chiffres?
    - L'année prochaine, des expériences importantes vont démarrer pour divers secteurs d'activité, notamment avec l'Amith (Association Marocaine de l'Industrie du Textile et de l'Habillement). Avec cette Association, nous nous fixons l'objectif d'atteindre 50.000 personnes sur 5 ans. Nous travaillons avec d'autres départements, notamment celui de l'Agriculture. Nous avons signé en mai dernier une convention qui s'étale sur les cinq prochaines années. L'idée est de développer à travers les centres techniques agricoles des opérations d'alphabétisation au profit des agriculteurs. A titre d'exemple pour l'exercice 1999/ 2000, ce Ministère accueillera plus de 20.000 personnes. Nous avons aussi entamé une expérience similaire avec le Ministère de la Jeunesse et des Sports pour une opération qui a bénéficié, pour l'exercice 1998/1999, à 20.000 personnes. De même avec le Ministère des Pêches Maritimes et autre départements.

    - Qu'en est-il de l'opération "100 mains" que vous avez lancée il y a un an en collaboration avec les ONG?
    - Beaucoup d'ONG développaient déjà leur programme d'alphabétisation, mais elle souffraient d'un manque d'appui technique et de professionnalisme. Nous avons ainsi mis à leur service un mécanisme de financement et de soutien qui vise un double objectif. D'abord professionnaliser le travail de ces associations et ensuite atteindre le chiffre de 500.000 personnes par an. Six mois après le lancement de cette opération, 45 conventions ont été signées avec plus de 70 ONG au profit de 72.000 bénéficiaires.

    - Quels sont vos objectifs à court et moyen termes?
    Notre objectif et d'atteindre rapidement 500.000 personnes alphabétisées par an et bâtir un système de formation permanent pour les adultes. C'est vital pour le développement et la concrétisation de notre opération.

    Propos recueillis par Abdelaziz MEFTAH

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