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Affaires

«L'indépendance des administrateurs, un leurre«
Yann Le Fur, spécialiste du gouvernement d’entreprise

Par L'Economiste | Edition N°:2139 Le 27/10/2005 | Partager

. Le respect d’éthique vaut plus que n’importe quelle règle- L’Economiste: Quatre ans après Enron, avez-vous le sentiment que toutes les leçons ont été tirées de ce qui a été qualifié de «séisme» dans le capitalisme?- Yann Le Fur: Si l’on en croit les affaires qui surgissent encore aujourd’hui en Bourse, des sociétés qui reconnaissent avoir manipulé leurs comptes, je ne pense pas qu’on ait tiré tous les enseignements. Ou alors si cela a été fait, on n’est pas allé jusqu’au bout de manière à éviter de «nouveaux Enron». Preuve en est que nous avons eu Parmalat quelque temps après. Je le crains, mais je pense qu’on aura malheureusement toujours des «Enron» à l’avenir.- Comment expliquez-vous à vos étudiants le décalage entre la réalité entachée de scandales et le schéma parfait décrit dans les manuels?- Au-delà de la doctrine, j’insiste surtout sur l’éthique des affaires, une notion qui prime à mon avis sur les questions de forme. La présence de tel ou tel autre organe dans la structure d’une société ne signifie pas forcément qu’elle a un bon système de gouvernance. Le manquement à une règle éthique dans les transactions avec ses fournisseurs est bien plus grave qu’avoir le «bon» nombre d’administrateurs indépendants. Le plus important, c’est de faire consciencieusement son travail et créer de la valeur. C’est ce que j’essaie d’inculquer aux étudiants, qu’il y a des moyens honnêtes pour créer de la valeur.- Quelle appréciation faites-vous du fonctionnement des conseils d’administration? Beaucoup de spécialistes les assimilent aux chambres d’enregistrement.- C’est vrai. Il existe un réel problème de formation et d’implication des administrateurs. Un conseil d’administration n’est pas un club. Certes, ça fait chic d’être administrateur d’un grand groupe mais il faut du travail en profondeur derrière. Les choses commencent à se structurer en France, notamment par le travail de l’Institut français des administrateurs. Mais pour l’instant, je dois vous avouer qu’on n’a pas atteint le niveau d’efficacité souhaité. Pour autant, ce n’est pas non plus en multipliant des règles d’indépendance du conseil d’administration que l’on va régler le problème de son fonctionnement. Il faut plus de formation, une vraie rémunération et imposer strictement le cumul des mandats. Le travail d’administrateur prend au minimum une à deux journées par mois. Il est impossible de siéger dans dix conseils tout en ayant des responsabilités dans sa propre entreprise. - Croyez-vous à l’indépendance des administrateurs sachant qu’ils sont désignés pour partie, par le président et rémunérés par lui?- Je vais dire quelque chose d’horrible qui risque de faire sursauter plus d’un. Je ne suis pas du tout convaincu par le concept d’indépendance des administrateurs. C’est un leurre. Je pense sincèrement que tout dépend de la société. Dans le cas d’un actionnaire familial dont l’essentiel du patrimoine est investi dans une entreprise, je trouve normal qu’il ait un contrôle fort sur le conseil d’administration. Il est clair qu’il y a une motivation forte à la création de la valeur lorsque vous êtes Jean-Claude Decaux à la tête de JC Decaux. La question se pose plus à mon avis pour les sociétés qui ont un capital éclaté, et pour lesquelles peut se poser le problème de conflits d’intérêt entre le management et les actionnaires.«Yann Le Fur est banquier d’affaires chez Mediobanca et spécialiste du gouvernement d’entreprise et des fusions-acquisitions. Il était dans l’équipe qui avait participé à l’opération de fusion entre le Lyonnais et le Crédit Agricole. Depuis dix ans (lui-même en a trente-deux), Yann Le Fur enseigne la finance d’entreprise à HEC Paris. A l’invitation de l’ESCA, il était au Maroc pour présenter la nouvelle édition du «Vernimmen»«Propos recueillis par Abashi SHAMAMBA

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