×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Affaires

«Les Marocains doivent se réconcilier avec leur médecine«
Farouk Iraqi, président de l'Association nationale des cliniques privées

Par L'Economiste | Edition N°:1693 Le 28/01/2004 | Partager

. Erreurs médicales: «Il faut apaiser le débat». Communication: Encore des efforts à faire- L'Economiste: Les deux décès survenus dans deux cliniques privées à Casablanca ont provoqué beaucoup de remous. Quelles conclusions faut-il en tirer ? - Dr. Farouk Iraqi : Nous sommes totalement traumatisés par la manière dont les choses ont été interprétées à la suite des malheureux décès des deux enseignants. Nous avons, depuis pas mal de temps, milité au sein d'associations et de syndicats de médecins, pour que le citoyen marocain retrouve tous ses droits vis-à-vis du corps médical. C'est pourquoi nous encourageons toute initiative qui vise à éclairer et à rendre transparentes toutes nos relations. Mais cela suppose aussi qu'il y ait un climat serein pour aborder ce genre de dialogue, de relation. Il ne faut pas que des choses qui sont tout à fait malheureuses mais habituelles, dans un domaine aussi sensible que celui-là, soient transformées par la faute de la précipitation en des sujets très douloureux à la fois, et surtout, pour la famille des patients parce que c'est elle qui est dans la souffrance totale et c'est cette famille qui a besoin d'être assistée et à qui l'on doit amener un peu de sérénité en lui expliquant que c'est la vie et qu'elle est faite de maladies, de complications et parfois de mort. On peut mourir dans son lit, dans son sommeil, comme on peut mourir dans un centre hospitalier aussi bien équipé et aussi sérieux soit-il. Et cela n'arrive pas qu'au Maroc, mais dans le monde entier. - Est-ce à dire que l'on doit tout accepter avec fatalisme et se taire?- C'est dans ces situations-là que des questions légitimes peuvent être posées par les familles et les proches. C'est tout à fait normal et nous sommes là pour répondre à ces questions, pour expliquer un peu le pourquoi des choses. Mais nous sommes là aussi pour calmer, pour assurer le reste de la population marocaine et pour lui faire comprendre qu'elle doit avoir confiance en sa médecine qui est au niveau international. Les médecins marocains sont appréciés et travaillent partout dans le monde. Et il n'y a pas de raison que chez eux ils ne le soient pas. Nous avons le sentiment d'être quelque part incompris. Parce que les choses se passent de manière politique ou pour d'autres raisons, ou seulement à cause de l'incompréhension. - Selon vous, comment les familles doivent réagir dans des situations pareilles ? - Dans toute situation de ce genre, il y a des procédures, il y a une loi de la pratique médicale et il y a un code de déontologie. L'Ordre des médecins est là pour ces questions. Il y a aussi la justice qui est là pour juger. Nous demandons simplement que chaque fois que des questions se posent, que quelqu'un décide d'aller en justice, et c'est son droit, nous le soutenons et l'approuvons. Les personnes étrangères au système peuvent l'aider, mais à condition de le faire dans la sérénité. - Que voulez-vous dire par «personnes étrangères» ? - Peu importe de qui il s'agit. Mais les derniers événements ont montré qu'il y a eu effectivement de la récupération pour des raisons que nous ignorons totalement. Peut-être des raisons politiques.- Pourquoi refuse-t-on, dans certaines cliniques, de communiquer? Et par conséquent d'éclairer l'opinion publique.- Il faut savoir que nous sommes régis par des textes et des lois très spéciales. Nous n'avons pas le droit de parler à la presse. Cela fait partie de nos interdictions écrites de par le corps de la loi. Nous n'avons pas le droit de divulguer des renseignements, nous n'avons pas le droit de dire ou de déclarer certaines choses par voie publique. Le conseil national de l'Ordre des médecins est le seul habilité, en dehors du tissu associatif, à protéger, défendre, sanctionner tout dérapage, toute erreur ou toute faute médicale. Notre rôle en tant qu'association est d'essayer de comprendre, non pour défendre l'indéfendable, cela n'entre pas dans notre culture, mais pour arriver à établir la vérité, la réalité des choses. Il faut aussi noter que si des médecins refusent de parler, c'est uniquement parce qu'ils sont tenus au secret professionnel. D'autre part, certains ne savent pas communiquer. Et lorsque leurs propos sont dénaturés, ce n'est pas pour arranger les choses. Aujourd'hui, nous essayons, nous demandons à réinstaurer non seulement un climat de confiance entre patients et médecins mais également entre corps médical et médias. Les manifestations devant les cliniques ont fait beaucoup de tort aux médecins et à l'ensemble du corps médical et maintenant le mal est fait. Il y a une procédure et il y a une justice qui a été saisie des dossiers. Il fallait la laisser établir la véracité des choses. - Est-ce que des erreurs médicales se produisent fréquemment au Maroc?- Même en travaillant dans des conditions très difficiles, il y a très peu d'erreurs médicales dans notre pays, comparativement avec d'autres, même avec ceux développés. La profession médicale au Maroc est la seule qui a été la moins aidée, la moins soutenue, la moins protégée, fiscalement parlant. Les cliniques privées connaissent de très graves difficultés financières et nombreuses sont celles qui ont déjà fermé.Propos recueillis par Jamal Eddine HERRADI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc