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    Politique

    «Les femmes, principal antidote contre l’obscurantisme«
    Entretien avec Nezha Skalli, membre du PPS

    Par L'Economiste | Edition N°:2294 Le 09/06/2006 | Partager

    La revendication de la parité n’est pas une lutte pour l’égalité des sexes. Ou presque. Le débat est avant tout politique. Nezha Skalli, parlementaire et militante de longue date, situe le problème à un niveau beaucoup plus important, celui de la lutte contre l’obscurantisme. Les femmes obtiendront-elles gain de cause dans leur combat?. L’Economiste: Pourquoi le lobbying féminin a choisi deux fronts: la parité et les quotas?- Nezha Skalli: La parité est un principe. Pour en revenir à l’histoire, la démocratie a été instaurée sans tenir compte du problème de l’égalité hommes/femmes. Pendant longtemps, aussi bien sur le plan légal que dans les faits, la représentation démocratique se limitait à une représentation exclusivement masculine. Les lois interdisaient même aux femmes de se présenter aux élections. Par la suite, l’opinion publique a compris qu’une démocratie qui ne permettait pas aux hommes et aux femmes d’être représentés de façon équitable n’était pas une véritable démocratie. D’où l’introduction des principes d’équité dans les systèmes électoraux. C’est un des principes fondateurs. On ne peut parler de démocratie participative sans souci de parité. Un quota est par contre un objectif chiffré. De nombreuses institutions démocratiques sont basées sur ce système. Le quota pour les femmes représente un minimum à atteindre au niveau parlementaire pour la représentativité féminine. . Plutôt que de parler de parité pourquoi ne pas rapporter le débat aux partis car c’est là que se situe le cœur du problème?- La démocratie c’est d’abord des valeurs. Il y a ensuite des techniques électorales pour essayer de mettre en place ces valeurs et les traduire. Les débats actuels montrent que l’humanité est constamment à la recherche de ce qui lui permet d’instaurer le système qui lui convient le mieux. Les résultats seront fonction de ce système. Peut-on imaginer qu’un système où les femmes ne sont pas du tout présentes est un système représentatif? L’inverse est valable.Les faits sont là. En l’absence de quotas, les femmes ne sont pas représentées au sein de l’hémicycle. Ce qui est grave pour le développement du pays.A tel point qu’un récent rapport du Pnud sur le développement humain a mis le doigt sur la principale cause du sous-développement dans le monde arabe. La sous-représentativité des femmes est citée comme cause première.. Comment les membres des partis politiques, en majorité masculins, perçoivent-ils ce lobbying féminin?- Il est normal que les partis soient majoritairement masculins car ils sont le reflet de la société, parfois même de façon détériorée. Pour en revenir aux causes, le mode de fonctionnement des partis y est pour beaucoup. Il exclut les femmes. Les réunions se tiennent le soir, à l’heure où les femmes rentrent à la maison pour s’occuper des enfants, de leur foyer...Pour que les choses changent, il faudrait un niveau de conscience supérieur à celui dont nous disposons au Maroc afin que les hommes inversent les rôles et permettent à leurs épouses de s’investir dans la vie politique. Il y a aussi d’autres raisons. Dans l’ensemble des bureaux politiques, les femmes sont minoritaires et sont considérées presque comme des intrus. Heureusement que les choses commencent à changer. Mais elles devraient changer plus vite.. Quelles sont les issues possibles de ce lobbying?- La crainte actuelle est de voir le Maroc reculer dans différents domaines: droits de l’homme, avancées démocratiques... Il ne faut pas se leurrer, certaines forces obscurantistes occupent le terrain. Les femmes constituent le principal antidote contre l’obscurantisme. Nous savons que les intégristes se renforcent, qu’ils seront plus nombreux au sein de l’hémicycle. Il faut lutter contre ceux qui ne veulent pas des femmes, quelle que soit la majorité parlementaire ou gouvernementale. . Les parlementaires ont tenu une réunion avec les associations féminines mercredi 7 juin. C’était positif?- Je dirais même excellent. Nous sommes tombés d’accord sur le fait que les femmes doivent disposer au moins du tiers des sièges. Je pense que l’attitude générale est favorable. C’est une question de droits humains et d’engagements du Maroc à l’échelon international.


    Et ailleurs?

    Détrompons-nous. La représentation politique féminine est insuffisante. Même dans les pays nordiques, pourtant les plus avancés en la matière. La représentation politique élective des femmes dépasse en moyenne les 30% dans cette région du globe. La Suède est le pays le plus performant avec plus de 40%. Au Canada, Suisse, Chine, Australie et Argentine, le taux avoisine les 20%. L’Italie, la France et le Portugal ont un pourcentage de représentativité compris entre 10 et 20%. Au Maroc, il est de l’ordre de 10%. C’est d’ailleurs pour le tripler que les femmes militent.Propos recueillis par Amale DAOUD

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