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Culture

«Les amants de Fès«
3e épisode: «Un grand projet pour Mamoun»

Par L'Economiste | Edition N°:2336 Le 08/08/2006 | Partager

L'haj Abed se marie à Sophie Duvet en dépit de l’opposition du père de celle-ci. Mekki, le fils de l’haj, apprend la nouvelle. Il regrette le geste de son père, mais promet néanmoins de le cacher à sa mère lalla Khnata. A la mort de l’haj, Mekki hérite d’une immense fortune, mais aussi d’une lourde responsabilité. Il devient le nouveau chef d’une grande famille. L’aîné de ses enfants, Mamoun, est porté sur le commerce. Jaâfar, le second, sur les études.-------------------------------------------Après s’être levé du lit, l’hadj savait qu’il n’allait pas pouvoir se rendre à la mosquée ce matin-là car il était fatigué. Il accomplit la prière du matin dans sa chambre, égrena son chapelet, puis s’assoupit. Il fut réveillé par un rayon de soleil filtrant à travers les vitres teintées de la fenêtre et s’assit sur le bord de son lit, pensif, réalisant que ses enfants avaient grandi et qu’il fallait songer à les marier. A leur âge, lui était déjà père. Avec sa femme, ils allaient proposer à l’aîné, Mamoun, de se marier avec la fille de l’un de leurs amis et riche négociant, Si Driss Bouzoubaâ. Ils lui en parleraient dès aujourd’hui.Il était bientôt six heures du matin, lalla Mériem sortit de sa chambre pour aller réveiller ses fils, chose qu’elle faisait presque chaque jour. C’était une femme matinale. Arrivée devant la porte, elle frappa doucement et chuchota. - Mamoun, Jaâfar, Saïd, levez-vous, il est l’heure. - Oui mère, répondit la voix de Mamoun qui était déjà réveillé.Jaâfar et Saïd s’étaient rendormi sans répondre. Ils n’avaient cours ni le jeudi après-midi, ni le vendredi. Lalla Mériem entra ensuite dans la chambre de lalla Khnata, sa tante et belle-mère, pour lui dire bonjour, car elle savait que cette dernière ne voulait en aucun cas rater la prière de l’aurore. Elle jeta un coup d’œil sur sa fille Noufissa qui avait l’habitude de dormir dès l’âge de quatre ans auprès de sa grand-mère. Elle lui réajusta la couverture qui menaçait de tomber sur le sol. Elle descendit ensuite les marches de l’escalier qui menaient au rez-de-chaussée et longea les galeries pour se rendre dans la cuisine.- Bonjour lalla, dit dada Yasmine en s’arrêtant de travailler pour embrasser la main de sa maîtresse.- Bonjour dada, comment te sens-tu aujourd’hui? Et ces maux d’estomac, ont-ils disparu?- Je vais mieux Dieu merci, depuis que j’ai avalé un peu de cumin hier soir au coucher.- Au fait, tu nous feras porter le petit-déjeuner au menzeh. Pour le repas de midi, tu nous prépareras comme d’habitude du couscous aux légumes. Et n’oublie pas d’en faire suffisamment pour envoyer quelques plats à la mosquée.. Atmosphère de fêteTous les vendredis, jour de fête pour les Musulmans, la maison Benabed envoyait de la nourriture pour les pauvres qui se rendaient à la mosquée. Le stockage annuel des provisions alimentaires se faisait dans le cellier. Les femmes de la famille se réunissaient avec les domestiques et les aides qui prêtaient main-forte bénévolement pour préparer et nettoyer les aliments, tout cela dans une atmosphère de fête. En même temps qu’on mettait la main à la pâte, on chantait, on s’informait. On préparait les céréales, les légumes secs, les épices, les conserves et la viande salée et séchée. L’huile d’olive, le sucre, le thé, le miel et les bougies étaient également rangés dans cette pièce dont les clés, si précieuses, étaient gardées par la maîtresse de maison ou confiées à la vieille dada de confiance qui ne se séparait jamais de ce trousseau cliquetant à son passage.Quand lalla Mériem regagna sa chambre, l’hadj était debout finissant de se vêtir. Il ressemblait comme deux gouttes d’eau à feu son père, l’hadj Abed qui était d’une descendance arabo-andalouse. Le teint clair, les cheveux blonds parsemés de blanc, les yeux bleus, la barbe lisse et grisonnante. Il mesurait près d’un mètre quatre-vingt, c’était un homme élégant qui avait toujours mis un point d’honneur à soigner son apparence extérieure et sa tenue vestimentaire. Dans la rue, les gens ne pouvaient s’empêcher de lui jeter un regard admiratif et respectueux à la fois. Il était courtois et généreux. Le mariage de l’hadj Mekki et lala Mériem avait été arrangé par leurs parents respectifs dès leur plus tendre enfance. Petite et grassouillette, l’épouse avait la peau fine et blanche, les cheveux et les yeux marrons. C’était une femme méticuleuse et soignée, attentive aux moindres désirs de son époux sur lequel elle avait beaucoup d’influence. L’hadj entra dans le menzeh, où le petit-déjeuner était servi, suivi de sa femme qui s’installa près de la table sur un coussin en contre-bas du sofa, devant la panoplie réservée à la cérémonie du thé. Elle commença à préparer délicatement la délicieuse boisson qui doit être savourée bien chaude. Mamoun pénétra dans la pièce et, avant de s’attabler, baisa respectueusement les mains de ses parents.- Brrr, quel froid! dit-il.- Oui, les lialis sont déjà là mon fils, répondit sa mère tout en lui offrant un verre de thé fumant.- Où sont tes frères, demanda l’hadj ?- Ils ne vont pas tarder à venir.Pendant un long moment, on entendait dans la pièce le sifflement de la bouilloire restée sur le brasero, entrecoupé du bruit émis lorsque l’on sirote le thé chaud. L’hadj rompit le silence en priant son fils de le devancer au magasin. Ainsi, il réceptionnerait la nouvelle marchandise. Leur fournisseur n’était autre que Si Driss Bouzoubaâ - Il viendra en personne. Fais-le patienter avant mon arrivée. Tu sais qu’il ne tient pas cinq minutes en place!- Oui je sais, répondit Mamoun en souriant. Cela fait longtemps qu’il ne nous a pas rendu visite !- Effectivement, il vient de rentrer d’un long voyage.A la mort de son père, l’hadj Mekki décida de ne plus travailler avec les commissionnaires des maisons de commerce étrangères. Il ferma son bureau de Tanger et fit affaire avec des intermédiaires marocains. L’un d’eux n’était autre que Si Driss, son ami.Le petit-déjeuner touchait à sa fin, quand lalla Mériem, malicieuse, fit un clin d’œil à son mari pour lui dire d’aborder «le» sujet. Ils allaient demander à Mamoun s’il était disposé à épouser Assia.Après quelques secondes d’hésitation, l’hadj dit d’un air solennel:- Hum, dis-moi Mamoun, il va falloir maintenant penser à te marier! Eh... j’ai songé à la fille de Si Driss! Qu’en penses-tu ?-------------------------------------------
. Mercredi, 4e épisode: Petit-déjeuner familial au menzeh

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