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    Culture

    «Les amants de Fès«
    21e épisode: Un délicieux enlèvement

    Par L'Economiste | Edition N°:2354 Le 05/09/2006 | Partager

    Résumé : Les projets de mariage pour Soussane reprennent de plus belles avec pour nouveaux prétendants Si Driss Bouzoubâa, l’ami de la famille Benabed, et son fils Boubker. Jaâfer et Mamoun, qui veulent assurer un bon parti à leur petite tante, viennent d’apprendre la nouvelle.- Attends un peu, s’exclama Jaâfar médusé. Que veux-tu insinuer par là et d’où tiens-tu ces informations?- Je vous dis et je vous répète ce que je viens d’entendre. Tout à l’heure, je me trouvais, par hasard, tout près de la loggia, quand j’ai surpris la conversation de notre père avec Si Driss qui demandait la main de Soussane pour lui, et non pour son fils comme vous le croyez! Ils ne s’étaient pas aperçus de ma présence, tout à fait fortuite dans les parages. Alors vous comprenez maintenant, pourquoi j’ai jugé bon vous avertir aussitôt!- Oh mon Dieu, s’exclama Jaâfar! Il ne manquait plus que ça! Il lui peine de reprendre son souffle.- Et que lui a répondu l’hadj? Il a dû sûrement refuser!- Sa réponse n’était pas catégorique et j’ai peur qu’il ne soit influencé par ce vieux renard!- Je dois en parler à Boubker tout de suite, dit Jaâfar.- A mon avis non, répondit Mamoun. Attendons! Il faut réfléchir posément à tout cela. Toi Saïd, tu ne souffleras mot de cela à personne. C’est bien compris.- D’accord, mais n’oubliez pas votre promesse!Sur le chemin du retour à la maison, Boubker et Si Driss ne pensaient pas, un seul instant, qu’ils allaient rivaliser pour Soussane. Boubker croyait que la partie était gagnée. Le lendemain, il alla rendre visite à son oncle Sid el Ghali pour lui demander d’interférer auprès de son père. Il était pressé car il ne voulait pas être devancé par d’autres prétendants. Ce qu’il ne savait pas, c’était que son propre père en était un et pas des moindres.Quand Si el Ghali alla trouver Si Driss, il fut surpris par sa réponse.- Mais je crois que cette jeune fille est déjà fiancée lança-t-il!Il voulait enlever tout espoir à son fils. - Es-tu sûr de ce que tu avances, reprit Si el Ghali? Est-ce que nous parlons de la même personne?- Oui, dit-il très gêné, c’est l’hadj Mekki qui me l’a dit.- Boubker sera vraiment déçu. Il était tellement content à l’idée que nous allions tous ensemble demander la main de cette petite!Comme pour se justifier Si Driss ajouta:- Hum, mais je ne savais pas que mon fils voulait se marier. Les jeunes filles de bonne famille, ce n’est pas ce qui manque. Il m’avait toujours laissé entendre qu’il voulait d’abord finir ses études.- Ah, l’amour, s’exclama Si el Ghali, ça ne se commande pas!Si Driss se sentait mal à l’aise. Il ajouta:- S’il le souhaitait, je pourrais lui demander la main de lalla Noufissa, la fille de l’hadj Mekki qui ne refusera pas, j’en suis sûr. - Je lui transmettrais, mais c’était la sœur qu’il voulait.Quand Boubker apprit que Soussane était déjà promise, il fut étonné que son ami Jaâfar ne lui a rien dit à ce propos. Pourquoi lui avait-il caché la vérité? Voulait-il simplement se débarrasser de lui en lui donnant de faux espoirs. Il décida de lui en parler dès le lendemain.- Ecoute-moi bien Boubker, je te jure, qu’au moment où nous en avions discuté, je n’étais au courant de rien. Je ne t’ai rien caché. Alors ne doute pas de mes paroles s’il te plaît!Boubker interrogea son ami sur l’identité du prétendant. Très embarrassé, Jaâfar lui répondit.- Je n’ai pas de confirmation pour le moment, mais... il semblerait que...- Que quoi?- Que ce soit ton père !- M...m... Mon père, dit Boubker frappé de stupeur?Il ne voulait pas y croire. Il reprit:- Mais il est tombé sur la tête! - Calme-toi, à quoi bon te lamenter, dit Jaâfar. Depuis que je l’ai appris, j’ai décidé de faire quelque chose. Je suis en train de chercher une solution. La force ne résoudra rien ! Essayons de trouver une ruse pour faire revenir nos parents sur leur décision.- Quelle poisse, quelle infortune! Il a fallu que mon père mette son grain de sel! Et l’hadj qu’en pense-t-il, dis moi?- Mon père, je ne sais pas, mais n’attendons pas qu’ils nous mettent devant le fait accompli. Prenons les devants et réagissons!- Réagissons?- Oui, réagissons! Veux-tu épouser ma tante, oui ou non?- Enfin, quelle question!- Alors voilà, j’ai un plan, mais il n’est pas tout à fait au point. Je ne voudrais pas qu’il y ait la moindre fausse manœuvre quant à son exécution.- Je ne comprends pas, à quoi penses-tu?- Je pense à un enlèvement.- Un enlèvement, mais de qui?Un silence. Boubker avait compris.- Oui, de Soussane, tu as saisi?- Oh, mais ton plan est diabolique! Attends, attends, comment comptes-tu t’y prendre?- Comment, comptons-nous, nous y prendre? Je te préviendrai en temps voulu. Mais je te mets en garde, rien ne doit filtrer. Cela ne sera pas facile. A partir d’aujourd’hui, tu fais croire à ton père que Soussane ne t’intéresse plus. Ceci pour le mettre en confiance.- D’accord, et... as-tu pensé aux conséquences?- Nous assumerons tous. Je dois mettre aussi mon frère Mamoun dans le coup et bien sûr la principale intéressée, ma tante. Je dois savoir si elle est prête à jouer le jeu. Je ne veux rien tenter sans son accord.- Bien sûr! Si elle ne veut pas de moi à quoi bon!- Sois tranquille, dit Jaâfar en lui tapant sur l’épaule! Quelle jeune fille ne voudrait pas de toi? Ils se serrèrent la main, scellant de nouveau leur complicité. Les semaines passaient et Jaâfar fignolait encore son plan. Le jour «J» de l’enlèvement serait décidé en commun accord par le petit groupe, auquel s’adjoindrait la tante lalla Neftaha. Cette dernière allait être d’une grande utilité. Elle était toujours partante pour la noble cause.. Plein de maliceL’hadj Mekki, réticent au départ, finit par adhérer à la position de sa femme lalla Mériem quant au mariage de Soussane avec Si Driss. Elle souhaitait plus que jamais la marier et la caser, et le plus tôt serait le mieux. L’âge du prétendant ne la dérangeait nullement, bien au contraire. Elle trouvait que Si Driss avait les moyens de la gâter. C’était un homme mûr avec de l’expérience. Soussane vivrait sereine et oublierait tous les mauvais souvenirs, disait-elle.Son mari l’écoutait parler avec un sourire las. Il pensait qu’elle ne prendrait sûrement pas son parti, si un jour il s’avisait de faire comme Si Driss. Elle lui tiendrait un tout autre langage.Jaâfar mit au courant Soussane des tractations en cours et de son plan d’enlèvement. Elle éclata de rire quand elle sût ce qui allait lui arriver. Cette fois-ci, elle allait participer à son propre kidnapping. En somme, le monde à l’envers! L’idée l’avait emballée. Entre Si Driss et son fils, le choix était facile. Elle sourit en rougissant, les yeux pleins de malice.- Hum, dit Jaâfar, contente maintenant? Je sais ce qu’il me reste à faire. Ecoute-moi bien, si mes parents te demandaient ton avis à propos de Si Driss, dis que leur choix sera le tien. Mais surtout ne parle à personne de notre conversation. Je t’informerais par la suite du scénario choisi. Nous ne mettrons notre plan à exécution que si mon père s’entête à camper sur sa position.Soussane, tremblait d’excitation à l’idée de se faire enlever. A l’instar des situations qu’elle avait vécues ces derniers temps, celle-ci était bien cocasse. Elle avait toujours eu une confiance aveugle en Jaâfar et ne l’avait jamais regretté.Un mois s’était écoulé et la ténacité de Si Driss avait payé. L’hadj accepta finalement de lui donner Soussane, mais à la condition de lui acheter une maison où elle logerait seule, afin de lui éviter tout problème pouvant surgir d’une cohabitation conflictuelle entre épouses.La fatiha de Soussane n’était pas encore récitée, mais tous les aspects d’ordre matériel concernant son bien-être étaient réglés. Il fut convenu d’une dot fort estimable que devrait lui remettre son fiancé et qui serait mentionnée sur l’acte de mariage.Ce dernier serait rédigé par deux adouls. Il stipulerait le cas échéant des conditions imposées par la mariée comme, par exemple, l’obligation du mari de la répudier s’il prend une troisième épouse ou le versement d’une somme importante d’argent après le divorce. La femme musulmane ne perd pas son nom de jeune fille et dispose de ses biens après le mariage. L’époux a des obligations morales et matérielles envers sa famille dont il doit assurer seul les dépenses.En complicité avec Mamoun, Boubker, lalla Neftaha et Soussane, Jaâfar prépara donc l’enlèvement avec beaucoup de minutie sans omettre aucun détail. La rançon serait tout simplement le désistement de Si Driss au profit de son fils.L’hadj Mekki devrait donner en mariage Soussane à Boubker, sinon il ne reverrait jamais plus sa petite sœur. Mercredi, 22e épisode Affrontement familial

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