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    Culture

    «Les amants de Fès«
    20e épisode: La petite tante fait de nouvelles victimes

    Par L'Economiste | Edition N°:2353 Le 04/09/2006 | Partager

    Résumé: Soussane fait maintenant partie d’une grande famille de Fès. Tout le monde l’envie pour cela et pour sa beauté aussi. Celle-ci continue de faire des ravages au point de provoquer des candidatures au mariage inattendues, comme celle de si Driss Bouzoubâa. L’hadj Mekki est bien embarrassé vu la différence d’âge, mais ne veut pas non plus décevoir son vieil ami.La nuit était déjà tombée, et la plupart des invités étaient partis. Les gens n’aimaient pas s’attarder le soir, car les rues étaient peu sûres. Deux hommes attendaient impatiemment le maître de maison près de la petite porte de la cour. Ils souhaitaient lui dire au revoir. Ceux qui étaient déjà partis avaient demandé à Mamoun et à Jaâfar de transmettre leurs salutations et leurs remerciements. Ces derniers s’étaient bien occupés des invités et Boubker, le fils de Si Driss, leur avait d’ailleurs prêté main-forte. Après avoir rangé leurs instruments, les musiciens prirent congé de l’hadj et de ses enfants qui ne manquèrent pas de les féliciter pour leur admirable prestation.Si Abdelmalek prit congé lui aussi et promit de revenir à chaque fois que les circonstances le lui permettraient. Il remercia la famille Benabed pour son hospitalité et surtout Jaâfar qui s’était occupé de lui personnellement. Il se rendit auprès de Soussane avant de partir pour le saluer et lui dire qu’elle lui manquerait.Si Driss et sa petite famille furent retenus à dîner avec les proches. Mais en attendant que la table soit mise, Jaâfar et Boubker montèrent au premier, histoire de prendre leurs aises et de se détendre. Après avoir fermé la porte de la chambre derrière eux, ils se vautrèrent chacun sur un sofa en poussant un “ouf” de soulagement.- Je ne sens plus mes pieds, s’exclama Jaâfar. C’était une journée réussie grâce à Dieu mais fatigante. Quelle joie cependant. Soussane était si heureuse. Après un silence, il ne put s’empêcher une remarque:- Oh ce qu’elle était belle dans son caftan vert surpiqué d’or. Il lui allait si bien.- Au fait, dit Boubker, que devient son grand-père maternel?- Dieu seul sait ! Nous n’avons aucune nouvelle, sauf qu’il quitta le Maroc après la mort de sa fille.Durant un bon moment, le silence emplit la pièce. Jaâfar était un peu mélancolique. Il pensait à la Soussane qu’il avait tant aimée, à celle qu’il avait décidé de prendre pour femme et que le destin avait fini par lui reprendre. Il savait qu’elle était sa tante et lui son neveu. Son rêve s’écroula du jour au lendemain et cet amour lui était à jamais interdit.Ses pensées furent interrompues par la voix de Boubker.- Dis-moi, je sais que ce n’est pas le moment, mais j’ai envie de te parler de quelque chose.- Vas-y, je t’écoute.Hésitant, Boubker savait qu’il prenait un risque en abordant le sujet qui lui tenait à cœur. Il redoutait la réaction de son ami, surtout si la plaie n’était pas encore cicatrisée. Il prit son courage à deux mains et commença.- Que penserais-tu si...- Quoi donc, tu ne vas pas prendre des gants maintenant avec moi!- Non... Mais c’est délicat !- Allez, va droit au but, de quoi s’agit-il?- Eh bien que penserais-tu si je demandais la main de ta tante Soussane?A ces mots, Jaâfar le fusilla du regard. Son cœur battait fort. Boubker, inquiet, prit sa tête entre ses deux mains, resta assis et immobile quelques instants, puis se leva pour aller s’excuser.- Je suis désolé mais... si j’ai... je ne pensais pas que tu allais le prendre ainsi.Jaâfar regretta rapidement son comportement.- Non, tu n’as pas à t’excuser, c’est moi... Je suis fou! Je ne sais pas ce qui m’a pris. Je n’ai aucune raison de refuser.- Je ne voudrais rien qui puisse entacher notre amitié! Si tu n’es pas d’accord, je n’insisterais pas !- Non, ce n’est pas ça !Jaâfar se passa les doigts dans ses cheveux. Il reprit:- Ecoute, en ce qui me concerne, je te l’ai dit, je n’y vois aucun inconvénient. Bien au contraire, c’est un honneur pour moi.- Je suis très touché.- Mais reste l’avis de mon père. Quant à Soussane, je pense qu’elle ne refusera pas. Boubker était ravi car Jaâfar lui donna beaucoup d’espoir, allant jusqu’à lui promettre d’appuyer sa demande. Il fallait faire vite maintenant avant que quelque cousin ou proche ne présente sa demande en premier. Comme prétendant, Boubker remplissait largement les conditions. Famille, richesse, éducation. Le physique importait peu pour un homme pourvu qu’il ne fût pas carrément laid. . Excellent partiLes deux amis étaient encore debout quand Mamoun fit son apparition dans la chambre.-Alors, vous avez pris le large sans m’avertir, dit-il en s’affalant sur son lit. Vous aviez bien raison. Je suis venu me reposer, moi aussi. La journée a été fatigante.Boubker encore tout feu tout flamme prit congé de ses hôtes.- Que lui arrive-t-il, demanda Mamoun à son frère? Il est bien excité.- Oui, il vient de me parler de notre tante Soussane.- C’était ça ! Décidément, la beauté de notre tante a fait de nombreuses victimes, dit-il en riant. Je me demande qui sera le suivant. Il est vrai que notre tante ne laisse personne indifférent. Mais Boubker est un excellent parti .Jaâfar était secoué par autant d’évènements précipités.- La vie, il ne faudrait pas s’y fier, dit-il en soupirant. On croit être maître d’une situation, et puis hop, tout bascule, ça vous file entre les doigts, vous laissant impuissant. - Allons, l’interrompit Mamoun, tu ne dois plus y penser!Après un silence, il reprit.- Au fait, où sont passés l’hadj et Si Driss? Je leur souhaiterais bien du plaisir. Faire face à deux mariages en même temps, ce n’est pas évident!Le mariage musulman est un acte religieux et une alliance entre les familles, et ses critères doivent obéir à de nombreux impératifs. C’est un évènement d’ordre social, où le prestige est accru par les moments de réjouissances et par les moyens que l’on y engage. La ville ou le village sont témoins des préparatifs. Même les gens de modeste condition matérielle, s’endettent ou parfois se ruinent pour l’occasion. Les festivités du mariage diffèrent selon le milieu social, la ville, la campagne ou la région.Mamoun et Jaâfar bavardaient encore quand leur frère Saïd, qui s’était éclipsé durant la cérémonie, déboula en catastrophe.- Ah, s’exclama-t-il encore haletant, vous voilà enfin ! Je vous cherchais partout.- Qu’y a-t-il? demanda Jaâfar.- Vous connaissez la dernière? Eh bien j’ai une nouvelle pour vous qui vaut son pesant d’or!- Et laquelle, demanda Mamoun?- Oh pas si vite! D’abord il faudrait que vous me promettiez une chose!Ses deux grands frères se regardèrent dans les yeux, l’air interrogatif.- Alors, reprit Saïd, vous la voulez cette information oui ou non!- Et que veux-tu en échange, dit Mamoun gêné par le comportement de son jeune frère.- Rien de bien difficile, juste une promesse. Que l’un de vous deux m’accompagne au azib pour les prochaines vacances. Car vous savez comme moi que mon père n’apprécie guère que j’y mette les pieds seul. Et quand il est avec, nous on est coincé! Vous ne trouvez pas?- C’est promis, lui dit Mamoun en souriant. Alors raconte! Qu’y a-t-il de si important.- Hum, tenez-vous prêts ! Eh bien Sidkoum Driss a demandé la main de Soussane.- C’est tout? Oh ! Mais qu’y a-t-il de si extraordinaire à cela rétorqua Jaâfar? Son fils venait à peine de nous en parler et nous trouvions que c’était un excellent parti pour notre tante!- Vous trouviez quoi? Vous...Voulez dire que vous êtes d’accord pour donner notre jeune et belle tante à ce vieillard de Si Driss!- Que dis-tu? Répète un peu? Si Driss?- Oui je dis bien Si Driss, c’est lui qui voudrait épouser ma tante Soussane! Mardi, 21e épisode Un délicieux enlèvement

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