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Economie

«Le médecin est formé pour soigner et non pas pour gérer«
Entretien avec Yasmina Baddou, ministre de la Santé

Par L'Economiste | Edition N°:2753 Le 10/04/2008 | Partager

. Temps plein aménagé: Il faut revoir les textes. Médicament: Bientôt la bioéquivalence- L’Economiste: Vous avez été confrontés à une longue grève du personnel infirmier. Est-ce que le risque est contenu?- Yasmina Baddou: Après une série de réunions avec les représentants des lauréats et étudiants des Instituts de formation des cadres de Santé, le ministère de tutelle vient de solutionner la problématique du recrutement des infirmiers diplômés d’Etat. Un concours sera organisé pour le recrutement de 795 lauréats au niveau des 4 centres hospitaliers, et de 1.243 autres pour le ministère de la Santé. Une solution concertée a été adoptée pour les lauréats des promotions 2008 et 2009. - Votre conception du management de la Santé n’est pas passée inaperçue...- Je pense que le médecin est formé pour soigner et non pas pour gérer, à moins d’avoir suivi une formation spécifique. L’expérience internationale nous a montré que la gestion du système de santé ne dépend pas uniquement de moyens financiers, mais surtout d’une méthodologie et d’une approche managériale. Aujourd’hui, nous avons un outil qui devrait permettre de former des gestionnaires.C’est pour cela que nous comptons revoir le système de formation au niveau de l’Institut national de l’administration sanitaire en apportant des mesures de renforcement. Certains lauréats de cet institut sont actuellement des responsables d’hôpitaux publics. Néanmoins, ils doivent s’inscrire dans la logique de l’actualisation des connaissances et de la réforme des systèmes de gestion. - Alors que les blocs opératoires souffrent de sous-effectif, des chirurgiens du public travaillent dans le privé. Est-ce que vous ne trouvez pas qu’il faut mettre de l’ordre?- Je rappelle que seuls les professeurs agrégés ont le droit d’exercer le Temps plein aménagé (TPA). En France, on le fait intra-muros, au Maroc dans le privé. Des médecins l’utilisent abusivement. Celui qui n’est pas professeur agrégé n’a pas le droit de le faire. Il faut revoir le texte pour que le TPA soit exercé dans un cadre réglementaire et respecté. Là aussi, ce sera l’un de mes principaux chantiers. Les directeurs d’hôpitaux ont des instructions pour lutter contre l’absentéisme. En parallèle, nous comptons mettre en place une contractualisation avec les hôpitaux publics dans le but d’optimiser les plateaux techniques et leurs ressources humaines. Il est temps que notre politique en matière de santé intègre le secteur privé qui doit, en contrepartie, participer à la moralisation du secteur. - Les urgences vont mal. Que faire pour mieux les organiser?- Certes, les services des urgences représentent la vitrine du système de santé, et l’état actuel de ces services y est pour beaucoup dans l’appréciation négative qu’ont les citoyens des hôpitaux publics. Une commission dédiée à ce thème a élaboré un plan de restructuration et d’amélioration de ces services importants par le renforcement des ressources humaines, des plateaux techniques et une formation adéquate. - Que comptez-vous faire en matière de politique du médicament?- Une bonne politique doit encourager les génériques, la baisse des prix et permettre la disponibilité. Il faut mettre en place des mesures dans ce sens. J’ai rencontré des industriels et des pharmaciens qui veulent améliorer la manière dont les prix des médicaments sont fixés. Le texte date de 1960. D’ailleurs, il faut cesser de mettre en doute la qualité des médicaments marocains. Le Maroc exporte des médicaments vers l’Europe, en Espagne particulièrement. L’idée selon laquelle le générique serait un sous-médicament, est fausse. Nous allons exiger le bioéquivalence pour la mise sur le marché des médicaments.


Livrés 2 ans après la commande

Le budget consacré aux médicaments atteint 750 millions de DH cette année. «La distribution des médicaments dans les hôpitaux connaît plusieurs dysfonctionnements. Le retard vient en tête. Les hôpitaux sont livrés deux ans après la commande. C’est pour cela qu’on ne trouve ni seringue ni médicament dans les hôpitaux», souligne Yasmina Baddou. Pour elle, il est urgent de décentraliser en créant des vraies pharmacies au sein des hôpitaux, avec une traçabilité. Les 130 hôpitaux que compte le pays, seront pourvus de pharmacies modernes d’ici la fin de l’année. Et, en pratique, la liste des médicaments gratuits sera affichée dans les hôpitaux. Propos recueillis par Mohamed CHAOUI

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