×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Economie

«Le Maroc communique très mal«
Entretien avec José Michel Zaldo, ancien patron des patrons espagnols

Par L'Economiste | Edition N°:1983 Le 22/03/2005 | Partager

. Pendant 30 ans, le Polisario seul à communiquer en Espagne. Des avantages grâce à la proximité géographique et culturelleJosé Michel Zaldo, ancien patron des patrons et président d’un comité d’entrepreneurs hispano-marocain, était en visite au Maroc la semaine dernière. Dans un entretien avec L’Economiste, il donne sa vision sur les relations bilatérales entre les deux pays et estime que le Maroc se doit d’urgence occuper le terrain à l’international.- L’Economiste: Vous êtes à Rabat pour le 6e séminaire hispano-marocain des journalistes. A quoi sert ce type de rencontre?- José Miguel Zaldo: Côté espagnol, il y a une totale méconnaissance du Maroc. C’est là que réside le volet positif de l’organisation d’une telle initiative. Nous avons besoin de multiplier ce type de rencontre pour mieux nous connaître. - Le Maroc et l’Espagne sont sortis de la période de gel dans les relations bilatérales. Quels sont les obstacles que pose le politique?- C’est vrai uniquement pour le politique. Au niveau du commerce, les échanges ont continué. En fait, il s’agit d’une relation où l’amour et l’incompréhension jouent un rôle décisif. Quand on aime, on arrive à comprendre tout, à discuter de tout… et cela en toute confiance. Lorsqu’il s’agit d’incompréhension, la méfiance s’installe. Le divorce n’est pas loin.- On reproche aux hommes politiques marocains de ne pas se rendre assez souvent à Madrid pour expliquer les positions de leur pays.- C’est effectivement un problème. Le Maroc communique très mal. Je suis un professeur de communication et je dis à mes élèves que la communication, bonne ou mauvaise, doit se faire. Les autorités marocaines, à travers l’ambassadeur à Madrid, ont promis d’inverser la tendance. - Justement dans le dossier du Sahara marocain, l’Espagne s’est impliquée aux côtés du Polisario pendant que le chef de son gouvernement parle de solution politique.- La vision de la majorité des Espagnols a été faite à travers le Polisario. Il était le seul à communiquer et tous les jours. Pendant 30 ans, le Maroc a été absent. Nous sommes arrivés à une identification stupide que le Polisario représentait le peuple sahraoui. Alors que ceux de Tindouf ne sont pas plus sahraouis que les habitants de Laâyoune ou Dakhla. C’est clair. Mais ils ont réussi à inculquer cela dans la tête de la population. Un jour, j’ai dit à l’un d’entre eux qu’il ne représentait pas le peuple sahraoui mais peut-être un parti politique qui s’appelle le Polisario. C’est pour cela qu’il faut occuper le terrain.- Vous êtes président du comité d’entrepreneurs hispano-marocain. Que faut-il pour attirer les investisseurs espagnols au Maroc?- Nous manquons de promotion, de communication et de suivi. - Sur le plan économique, quels sont les intérêts stratégiques espagnols au Maroc? - Dans les relations entre les deux pays, le plus important reste la proximité géographique. Personne ne peut changer cette donne. La proximité culturelle a également son importance. Beaucoup d’Espagnols ne connaissent pas le Maroc. Mais les autres se sentent plus proches de vous que de la Pologne ou l’Allemagne. Il faudrait multiplier les possibilités culturelles. Ces deux atouts donnent des avantages importants. Le Maroc a des coûts plus bas que l’Espagne, particulièrement celui du travail. C’est important d’autant que le pays a besoin d’investissements qui génèrent des emplois. Viendra le temps où nous parlerons d’augmentation de salaires. Aujourd’hui, la priorité réside dans la création d’emplois. - Le gouvernement espagnol a lancé début février une opération de régularisation des immigrés clandestins. Qu’en pensez-vous? - Effectivement, il a proposé de régulariser ceux qui présentent un casier judiciaire vierge et un contrat de travail. Cependant, il s’agit d’une procédure trop bureaucratique. Je vous donne un exemple: l’Etat demande aux entreprises de fournir la liste des besoins en main-d’oeuvre une année avant pour qu’il puisse délivrer les visas nécessaires. Cela est impossible. Les entreprises ne peuvent le faire à l’avance. Elles commencent à travailler, les commandes arrivent et les besoins de recruter suivent.- Au cours du séminaire, vous avez affirmé qu’il n’y avait pas de corruption au Maroc. Vous avez surpris plus d’un. - Pour corriger les mauvaises idées, je dis le contraire. La vérité est que les affaires sont possibles sans donner des pots de vin. J’ai monté plusieurs entreprises au Maroc, avec zéro corruption.Propos recueillis par Mohamed CHAOUI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc