×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

«La Primature n’a pas les coudées franches«
Entretien avec Rachid Filali Meknassi, expert auprès du BIT

Par L'Economiste | Edition N°:2761 Le 22/04/2008 | Partager

Une semaine décisive pour le dialogue social. Prétexte idéal pour faire un diagnostic de la pertinence des négociations et de leur degré de maturité. Entretien avec Rachid Filali Meknassi, professeur à la faculté de droit de Rabat, expert auprès du Bureau international du travail (BIT) et SG de Transparency Maroc. - L’Economiste: En se replaçant dans une perspective historique, quel constat faites-vous du dialogue social qui est en cours?  - Rachid Filali Meknassi: On note à moyen terme une certaine institutionnalisation du dialogue social. Jusqu’aux dernières années, les relations professionnelles tripartites étaient soit informelles soit épisodiques. Trop souvent, le gouvernement se limitait à écouter les partenaires sociaux pour finir par prendre des décisions unilatérales. On refait donc l’apprentissage du dialogue social, tel qu’il avait dû s’annoncer  dans les années 50 et le début des années 60.  Son objet  reste néanmoins très focalisé sur les revendications salariales. Dans une conjoncture aussi rude, cela constitue un facteur de complication et d’aggravation des tensions autour de son déroulement. - Avons-nous un syndicalisme d’accompagnement ou de revendication? - Le syndicalisme marocain est historiquement revendicatif. Il est également politique. Ce n’est pas un secret que l’UGTM est proche de l’Istiqlal,  la FDT de l’USFP. Les mutations de la CDT et de l’UMT ont connu auparavant des fondements plus politiques que syndicaux. La présence des autres formations syndicales oblige à garder cette position revendicative et une autonomie relative. Le dialogue devrait être plus pérenne car ce n’est pas à la veille d’un 1er mai, dans des réunions avec des objectifs limités, qu’on peut engager des réformes qui, par leur nature, demandent une cohérence fiscale, économique… C’est un peu dommage. - A elle seule, une date ne suffit pas pour faire valoir des droits… - Le tripartisme invite à développer, de la part du gouvernement, une vision globale de sa politique sociale. Et à associer de façon permanente à sa conception les partenaires sociaux. Ainsi, leurs revendications ponctuelles vont s’adapter à des orientations connues et avalisées d’avance… Lorsque ce n’est pas le cas, les solutions tendent à s’improviser et leur impact ne peut être que limité. Du côté gouvernemental, la pluralité des centres de décision altère aussi l’efficacité du dialogue.  Ni la Primature ni le ministère de l’Emploi n’ont les coudées franches. - Quels sont les points faibles du droit social? - De l’avis général, l’ineffectivité du droit est le problème central. Le ministère de l’Emploi a fait ce constat en 2007, du moins sur certains volets novateurs: comités d’entreprise, d’hygiène, de sécurité, médecine du travail… Ce constat varie selon les secteurs et les régions. Lorsque la loi régit la durée de travail, les indemnisations… elle laisse très peu de marge aux négociations collectives. La législation place le niveau de la protection au-dessus de ce qui est réellement pratiqué. Dans ces conditions, les employeurs aspirent dans le meilleur des cas à assurer le respect formel de la loi sans être prêts à aller au-delà. Propos recueillis par Faiçal FAQUIHI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc