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«La francophonie souffre d’un déficit d’image«
Entretien avec Monique Gagnon-Tremblay, ministre des Relations internationales du Québec

Par L'Economiste | Edition N°:2794 Le 09/06/2008 | Partager

La ministre des Relations internationales du Québec, Monique Gagnon-Tremblay, était de passage au Maroc récemment en prévision du XII Sommet de la francophonie qui se tiendra au Québec du 17 au 19 octobre 2008. Cette visite s’inscrit dans un périple qui, après l’Algérie et la Tunisie, conduira la ministre au Burkina Faso et au Sénégal. - L’Economiste: Quel bilan faites-vous de votre visite au Maghreb jusqu’à présent? - Monique Gagnon-Tremblay: Notre objectif est de préparer le sommet. Je suis au Maroc pour en parler avec les responsables et, en même temps, voir comment ceux-ci perçoivent notre nouvelle formule et entendre leurs suggestions. Jusqu’à présent, mes rencontres ont été fructueuses. Abdou Diouf, secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), m’a d’ailleurs déjà assuré son soutien à notre démarche. - Quelle est cette nouvelle formule que vous proposez?- C’est une idée que j’ai proposée à Laos lorsque les pouvoirs ont été transférés au Canada-Québec. L’ancienne formule prévoyait globalement une rencontre autour d’une table, où l’on échangeait sur des problématiques. Le problème avec ce format, c’est qu’il n’y avait pas d’inter-échanges, ce n’était pas vivant, ce n’était pas interactif. Nous avons changé la formule pour privilégier l’interaction et les réactions plus ponctuelles sur des problématiques particulières, en faisant appel à des experts du Nord et du Sud, puis à la tenue de tables rondes. Les suivis à faire et les résolutions à prendre deviendront ainsi plus faciles. Dans cette optique, il fut choisi cette année de discuter quatre enjeux majeurs (la démocratie et l’État de droit, la langue française, l’environnement et la gouvernance économique) au lieu d’un seul thème. - Vous avez déjà écrit que « la francophonie, telle qu’elle existe aujourd’hui, est une réalité complexe», que voulez-vous dire au juste?- Elle est une réalité complexe tout d’abord parce qu’elle est peu connue. La francophonie souffre d’un déficit d’image. Le sujet est peu abordé dans les journaux à moins qu’il ne soit question du sommet. Les actions et projets entrepris par les opérateurs de la francophonie sont également peu connus. Nous ne sommes par ailleurs pas très nombreux, environ 300 millions à travers le monde. Pour toutes ces raisons, faire vivre cette francophonie, la rendre vivante et la faire connaître via ses opérateurs, c’est un défi.- A la différence du Québec, la langue française au Maroc est une langue formelle et plutôt réservée à l’élite. Comment sera alors abordé cet enjeu lors des discussions au sommet?- Je pense qu’il ne faut pas voir l’enjeu de la langue française sous cet angle, c’est pour cela que je veux associer langue française avec solidarité et diversité. Bien sûr, autour de la table de l’OIF, certains pays n’ont évidemment pas la langue française comme langue officielle. Malgré tout, il est clair que dans ces pays, la langue française a un rôle à jouer, d’où la nécessité d’en faire la promotion. C’est un élément qui rassemble ces pays et c’est sous l’angle de la solidarité qu’ils se retrouveront. - Justement, vous avez dit lors de votre passage à Alger que l’OIF, dont le Maroc est membre, discute aussi des enjeux économiques. Dans quelle mesure peut-on lier développement économique et francophonie?- Prenons l’exemple de l’environnement. Le sommet sera l’occasion d’échanger des expertises, d’échanger des projets de recherches pour, par exemple, voir comment aborder les problèmes liés au réchauffement climatique dans chaque pays. Les pays que j’ai visités en Afrique du Nord souhaitent par exemple se tourner vers l’énergie solaire vu leur grand potentiel dans ce domaine. C’est là une expertise que le Québec détient, comme d’autres pays, et qu’il est possible d’échanger. C’est dans ce sens-là que la francophonie peut offrir une tribune aux enjeux de développement économique.- Le Québec accueille la plus importante communauté marocaine au Canada. Quels sont présentement les défis en matière d’intégration?- Ce qui est important de considérer au départ, c’est que le choix d’immigrer dans un autre pays implique un déracinement. D’où l’importance d’avoir une connaissance minimale de la culture. Au Québec, le gouvernement a tout récemment injecté près de 20 millions de dollars (environ 140 millions de DH) en mesure d’intégration et de francisation. Il faut aussi considérer qu’immigrer au Québec implique une sorte de contrat moral. Il faut accepter que certaines valeurs ou lois sont non négociables. Par exemple, l’égalité des femmes ou l’illégalité de la polygamie sont non négociables. Quand les personnes savent ce genre de choses avant d’arriver, si elles sont capables de respecter ce minimum, à ce moment-là nous allons tout faire pour soutenir l’intégration, spécialement l’intégration sur le marché du travail qui est sans conteste la composante la plus importante. Propos recueillis par François-Olivier Dorais

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