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Société

«La Fondation ne sera pas un trublion«
Entretien avec Zoulikha Nasri, conseillère de SM le Roi

Par L'Economiste | Edition N°:2397 Le 09/11/2006 | Partager

. La force de la Fondation est de fédérer plusieurs acteurs autour du projet. Aucun projet n’est pris en compte sans le déplacement sur place Non, la Fondation Mohammed V n’empiétera pas sur les plates-bandes de l’INDH. Si les objectifs convergent, la Fondation ciblera d’abord ses domaines de prédilection en s’appuyant sur ses partenaires pour ne pas faire de l’ombre aux associations et aux acteurs sociaux. Dans cet entretien, Zoulikha Nasri, conseillère du Souverain et qui s’occupe également de la Fondation Mohammed V pour la Solidarité, analyse les enjeux du travail en cours. Des précisions pour comprendre pourquoi en moins de 9 ans, cette Ong, tournée vers la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, a acquis une réputation de sérieux et une crédibilité sans faille qui lui confèrent une aura internationale. L’implication effective du Souverain y est pour quelque chose. Entretien!. L’Economiste: La 9e campagne de solidarité sera lancée demain vendredi. Qu’est-ce qui la distingue des autres éditions?- Zoulikha Nasri: Elle a la particularité de coïncider avec l’inauguration du Centre Mohammed VI des handicapés de Salé. Donc, le thème central sera le handicap. Depuis la création de la Fondation, le handicap a toujours été au centre de ses préoccupations par le soutien matériel, en équipement, en prothèses, etc. Mais, petit à petit, nous avons compris que le handicap ne se limitait pas uniquement à cela. Si nous voulons aller vers l’insertion, il faut opter d’abord pour la formation. Nous avons alors confectionné un plan national, destiné à créer 10 centres de formation professionnelle avec l’Office en charge de ce secteur. L’OFPTT est donc appelé à s’impliquer pour permettre à des jeunes handicapés de bénéficier d’une formation pour exercer une activité. La problématique des enfants handicapés n’ayant pas leur place dans l’école publique s’est également posée. Avec les ministères de l’Education nationale, de la Santé, le secrétariat d’Etat chargé des handicapés et des associations locales, nous avons établi un plan d’action. Il s’agira donc d’améliorer les 100 classes ouvertes aux handicapés et doubler ce nombre pour aller progressivement vers la satisfaction des besoins à travers tout le Maroc. D’ailleurs, la formation des formateurs va démarrer bientôt. . Avec ce centre ou d’autres, se pose le problème de pérennité. Comment gérez-vous le volet important du fonctionnement?- Tout dépend du partenaire à l’origine de la création du centre. Si les projets des associations qui viennent vers nous sont sérieux, nous les aidons avec une subvention pour qu’elles puissent continuer à travailler. Nous sommes en train de tourner progressivement vers le partenaire qui assume la responsabilité. On ne peut pas parler d’absence de pérennisation lorsque l’Etat est présent. Pour la formation, nous avons choisi l’OFPTT. Nous construisons, il équipe et gère. Donc la fonctionnalité est assurée et c’est budgétisé. Le Centre Mohammed VI est ambitieux dans ses objectifs et dans sa mission. Son Conseil d’administration comprend notamment des opérateurs économiques, des banques et des médecins. Nous avons fédéré autour du projet le maximum d’acteurs afin d’éviter des problèmes de financement. Pour les projets d’envergure, il est nécessaire de fédérer les acteurs en créant un collectif de soutien qui s’engage sur le budget. En plus, la plupart des projets de la Fondation ont des locaux commerciaux qui rapportent de l’argent. En tout cas, il n’y a pas eu un projet de la Fondation arrêté à cause des moyens.. Comment s’exercent le contrôle et le suivi des projets initiés par la Fondation ou en partenariat avec d’autres intervenants?- Nous avons deux démarches. La première porte sur les documents. On ne contrôle pas les bâtiments qui appartiennent à l’Etat. Le matériel et les équipements sont, par contre, contrôlables. Chaque année, le ministère de la Santé nous adresse la liste des équipements donnés par la Fondation, avec les observations en face. Lorsqu’un équipement tombe en panne comme le scanner de Rabat qui a fait son temps, nous nous engageons à le changer l’année prochaine. Pour le reste, les contrats de maintenance sont activés. Pour les terrains, ils sont donnés à la Fondation sous forme de mise à disposition. En cas de blocage, nous achetons. Donc la plupart du temps, le terrain est domanial et donc contrôlé par l’Etat. La deuxième démarche consiste à dépêcher des chefs de projets sur place lorsque nous recevons des documents des associations. D’autant que la fondation est organisée en pôles régionaux. Chaque pôle contrôle sa région. Dès qu’il y a un problème, la Fondation est avertie soit par lettre anonyme ou signée. Bref, l’information arrive toujours et nous faisons le reste.. Comment identifiez-vous les projets ici et là pour décider si oui ou non vous vous engagez pour l’un ou l’autre? - Les besoins sont importants et la Fondation a des contraintes. Nous ne pouvons nous inscrire lourdement dans une région et ne rien faire dans une autre. Nous avons aussi des centres d’intérêt comme les foyers de jeunes filles, les résidences d’étudiants, les hôpitaux qui manquent d’équipements, etc. Les demandes des associations sont filtrées. Aucun projet n’est pris en compte s’il n’y a pas de déplacement sur place pour constater et vérifier tout. L’expérience d’un chef de projet fait la différence entre un projet à appétit politique et un autre à vocation sociale. Lorsqu’un projet est porté par la population, il n’y a rien à craindre. Dans ce sens, les associations jouent un rôle décisif puisqu’elles ouvrent les portes de cette population. Dans un douar, s’il n’y a pas un enfant du pays pour les ouvrir, les portes restent fermées. . Ce sont des projets qui nécessitent beaucoup d’argent. Comment faites-vous?- Nous avons la collecte de l’année et les contributions des membres du conseil d’administration. Nous avions commencé par 80 millions de DH dont la moitié en espèces et le reste des dons en nature. Progressivement, nous sommes passés à une enveloppe variant entre 250 et 300 millions de DH d’investissement par an. Nous nous sommes inscrits dans la politique du millénaire des Nations unies, avec l’appel de Kofi Annan pour que le développement durable soit soutenu par les acteurs économiques. Le collège des opérateurs économiques, créé il y a trois ans, contribue à hauteur de 1 million de DH par an et par entreprise. Certains préfèrent d’autres formules. Ils choisissent un projet qui s’inscrit dans leur stratégie et le financent clés en main. D’autres cherchent un partenariat.. Et pour l’international?- On s’y est mis beaucoup plus tard. SM le Roi estimait que c’était une affaire maroco-marocaine. Ce sont les Marocains qui doivent prendre en charge les citoyens qui ont eu moins de chance qu’eux. Mais petit à petit, la Fondation a été sollicitée et a entrouvert les portes. Nous avons eu la Fondation des hôpitaux de Paris-hôpitaux de France de Mme Chirac, qui construit un centre pour les jeunes au CHU de Rabat. Une fondation italienne bâtit un foyer à Béni Mellal. L’Institut de France, via la Fondation Fourtou, a choisi des projets d’eau potable dans la région du Haouz. L’association espagnole MPDL opère dans le Nord, un groupement du Canada donne des bourses. Parfois, il y a des actions ponctuelles comme celles de la Banque africaine de développement qui a contribué au soulagement de la population d’El Hoceima et financé un foyer de jeunes filles dans la ville d’Imzouren. Elle a également aidé la région de Settat après les inondations pour les secours et reconstitué le cheptel en donnant des moutons aux éleveurs. En somme, nous ne faisons pas d’effort pour aller chercher le soutien à l’étranger. S’il vient et s’inscrit dans nos objectifs, nous l’acceptons. Sinon, ce n’est pas une priorité.. Est-ce que vous acceptez également des fonds?- Il y a des contributions en nature ou en espèces dédiées à un projet. Ce ne sont pas des fonds laissés à la Fondation. D’ailleurs, les donneurs demandent la liste des projets pour choisir lesquels financer. Pour les dons en nature, ils sont automatiquement distribués aux associations.. On ne vous a pas beaucoup vu dans l’INDH. Pourquoi?- L’INDH est une vision de SM le Roi qui s’appuie sur une démarche particulière visant à créer une synergie totale entre les acteurs privés, publics et les associatifs, avec un budget arrêté. Il n’y a pas de contre-nature entre l’INDH et la Fondation. Toutes les deux travaillent dans le même sens. La Fondation a voulu rester dans son domaine autonome, en s’appuyant sur ses partenaires pour ne pas faire de l’ombre aux associations et aux acteurs sociaux. Pourquoi voulez-vous que la Fondation vienne gêner les autres alors que ses moyens sont limités. Il ne faut pas qu’elle soit un trublion. Ceci étant, si demain on a besoin de la Fondation pour la réalisation d’un projet INDH, elle ne dira pas non si elle a les moyens de le faire.Des acteurs vont apparaître et des partenariats se faire. . La volonté initiale est là, mais demain une collaboration est-elle possible? - Il faut laisser les gens travailler. Je suis sûre qu’avec la dynamique créée, des acteurs vont se renforcer et devenir redoutables. Alors le partenariat sera le bienvenu.


Gestion des catastrophes

De votre intervention dans la gestion des catastrophes à Al Hoceima ou Tinghir, quels enseignements tirez-vous?Sincèrement, SM le Roi se refuse de voir les Marocains souffrir, surtout lorsqu’il s’agit de citoyens qui se retrouvent subitement dans la précarité. Je ne crois pas que la Fondation ou une autre institution suffisent. Il faut que nous ayons une vraie politique en matière de catastrophes. SM le Roi a insisté sur cela lors des inondations de Mohammédia où la catastrophe a été frôlée. C’est un domaine où l’Etat doit intervenir. J’ai vu que la Protection civile s’est consolidée en matériel et équipement. Je pense que l’effort doit continuer. La Fondation n’est qu’une Ong qui peut accompagner une action où l’élément humain manque surtout en matière d’accompagnement social. Au niveau des catastrophes, on ne peut pas s’inscrire dans une politique qui n’est pas la politique de l’Etat. A Tinghir ou Al Hoceima, nous avons soulagé les sinistrés, mais nous n’avons pas apporté la solution totale. Il faut que le mot catastrophe soit intégré dans la gestion du quotidien.


2,4 milliards de DH engagés

La Fondation emploie 19 personnes mises à sa disposition par des administrateurs. C’est la raison pour laquelle le budget de fonctionnement est limité à 2 millions de DH. Ce qui correspond aux frais de déplacement des chefs de projets, les assurances, etc., précise Azzedine Benmoussa, membre du Conseil d’administration en charge du pôle financier. Selon lui, le budget global de la Fondation consacré aux projets se situe entre 250 et 300 millions de DH, par an. Sur les 8 dernières années ( à fin décembre 2005), l’enveloppe a atteint 2,4 milliards de DH. Cette somme, avec les dons et les contributions des partenaires, sert à financer les projets. «Nous sommes arrivés à faire 50-50, autrement dit, sur les 2,4 milliards de DH, les dons des partenaires ont financé les projets à hauteur de 1,2 milliard de DH et la collecte de la campagne de solidarité organisée chaque année a financé le reste» dit-il. Selon lui, entre 120 et 200 millions de DH encaissés lors de la campagne de solidarité transite par la Fondation. Les 750.000 badges sont vendus à 10 DH à travers le Maroc et en Europe. Quant à la vente des 700.000 timbres-poste, elle rapporte à la Fondation 5 DH par timbre. Les SMS via Méditel et Maroc Telecom génèrent à peine 1,5 million de DH la première année de lancement. La Fondation espère plus cette année. «Pour l’essentiel, si nous enlevons les contributions des membres du Conseil d’administration et des membres du comité de soutien permanent des entreprises qui versent 1 million de DH chacun, nous aboutissons à une collecte nationale de 20 millions de DH par an», indique Benmoussa. La tranche intermédiaire, dont les contributions se situent entre 5.000 DH et 100.000 DH, verse entre 20 et 25 millions de DH. Propos recueillis par Mohamed CHAOUI

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